samedi , 18 septembre 2021

Grande Interview- Lansana Kouyaté, président du PEDN: « Tout ce qui se passe en Libye sera éclairci plus tard »

Économiste, Diplomate et Politique guinéen, SEM Lansana Kouyaté n’a pas hésité à accorder une heure d’interview à Ouaga.info, interview au cours de laquelle l’ex-Premier ministre commente l’actualité ivoirienne et internationale, marquée par des crises politiques et financières.

Très à l’aise sur les sujets abordés, Lansana Kouyaté propose souvent des solutions aux équations inextricables. Lisez !

Excellence, Monsieur le Président du PEDN, voilà un peu plus de trois mois que l’on ne vous entend pas. Qu’est ce qui explique votre silence ? Une certaine panne ou une stratégie ?

Non, c’est loin d’être une panne. Le PEDN n’est pas en panne. Son moteur marche bien. Ses quatre roues motrices fonctionnent à merveille. Simplement, j’avais des occupations à l’extérieur qui m’ont amené à faire beaucoup de consultations. Je rencontrais régulièrement les différents bureaux PEDN d’Europe, notamment le bureau de France avec qui j’ai tenu une importante réunion ; ce sont des activités qui concourent au renforcement du parti.

Et depuis l’extérieur, vous aviez donc un œil sur le parti en Guinée ?

Bien sûr, et régulièrement. Nous avons un bureau exécutif qui se réunit chaque semaine et ce rythme ne s’est jamais arrêté. Je voudrais profiter de votre micro pour les en remercier ; car ce n’est pas du tout facile. En dépit des contraintes de temps et de calendrier, ils ont toujours tenu sans interruption ces réunions hebdomadaires. Le parti a pris des orientations que je me propose de renforcer une fois arrivé à Conakry.

Vous n’avez pas été aperçu à la remise du Prix Félix Houphouët Boigny à Paris. Peut-on en savoir les raisons ?

Oui, on peut bien le penser, lorsque l’on procédait à cette remise de prix, je me trouvais à ce moment en Asie. Je dois rappeler que dans le passé, j’ai eu le bonheur, dans mes précédentes fonctions de sous-secrétaire général des Nations unies, de prendre part à ces remises de prix.

La Côte d’Ivoire amorce une dynamique de réconciliation. Mais une partie des Ivoiriens, en l’occurrence des membres du FPI, exigent la libération du Président Laurent Gbagbo et, bien plus, son implication dans le processus de réconciliation pour lui donner ses chances de succès. La libération de Gbagbo doit-elle, selon vous, être une condition sine qua non pour l’avènement de la paix ?

Il est absolument illusoire de penser qu’une réconciliation, après des années de guerre, soit facile. Ni le Premier ministre Charles Konan Banny, ni le Premier ministre Guillaume Soro, ni même le Président de la République M. Alassane Ouattara, personne ne peut penser que ce soit une réconciliation facile après des années de guerre et notamment après ce qui s’est passé comme couronnement d’élections qui ont été contestées et qui ont abouti à l’usage de la force pour pouvoir faire appliquer les résultats. Je crois que le Premier ministre Banny, avec lequel j’échange souvent, le sait très bien. Il a l’étoffe, l’expérience et le courage de ses opinions. Il a une claire vision de ce qu’il va faire. Il faut donc le soutenir pour que la réconciliation soit possible. Mais la réconciliation, c’est avec tous les acteurs. Seulement, pour cette réconciliation-ci, il ne faudrait pas qu’il y ait des conditions préalables. Celles-ci constituent parfois le bouchon de la réconciliation. Il faut aller à la réconciliation parce que c’est nécessaire. Et la Justice est aussi nécessaire. Parce qu’un pays qui se réconcilie alors que la Justice malmenée dans le passé, le sera dans le futur, c’est un pays qui risque de tomber encore dans le chaos. Mais un pays qui fera marcher la Justice sans en appeler à la sensibilité des hommes, à leur volonté de vivre ensemble une réconciliation authentique n’est pas une justice qui mènera le pays à bon port. C’est une exigence de marcher sur les deux pieds.

Le Procureur de la CPI est autorisé à séjourner en Côte d’Ivoire pour enquêter sur les violences post-électorales. Est-ce qu’au regard de ce qui se dessine, on ne court pas le risque de voir s’appliquer le Justice du vainqueur sur le vaincu ?

Il faut faire confiance à la Justice internationale. Je voudrais rappeler qu’à la création de la CPI, les tout premiers pays qui l’ont ratifié, ce sont les pays africains. Les africains très rapidement ont signé tandis que d’autres pays occidentaux ont beaucoup trainé les pieds avant de signer. Il y en a qui ont dit à l’époque que les Africains étaient naïfs. Ah non ! Ce n’est pas de la naïveté. C’est peut-être la manière de dire que nous voulons changer et que nous voulons changer avec la communauté internationale. La CPI a eu le quitus du gouvernement ivoirien pour venir enquêter. Ce qui est sûr l’enquête ne sera pas facile. Aucune enquête n’est facile à plus forte raison celle qui a trait à une crise qui a opposé deux fragments assez importants de la société ivoirienne. Il y a eu de grands jugements dans l’histoire. Après la 2è guerre mondiale, les juges ont été très sérieux à Nuremberg. Ce ne fut pas le diktat des vainqueurs sur les vaincus, car entre les vainqueurs mêmes, il y avait des contradictions. C’est la justice qui était la référence première. Je crois que si cela est fait, il n’y aura pas de justice du vainqueur sur les vaincus en Côte d’Ivoire. Et d’ailleurs, le ton est donné, parce que ce qu’on entend de la CPI, c’est qu’il y a eu des exactions de part et d’autre. Et le gouvernement ne demande qu’à situer les responsabilités de part et d’autre.

Excellence, un autre point de controverse, c’est la période des enquêtes. D’aucuns aimeraient qu’on ne les limite pas à la crise post-électorale, mais qu’on les étende à l’éclatement de la rébellion, parce que la Côte d’Ivoire vit des convulsions depuis 2002. Qu’en dites-vous ?

Pensez-vous que ce soit vraiment en 2002 que les problèmes ont commencé ? On peut aller allègrement au-delà. Pourquoi on ne partirait pas depuis les années 60, parce qu’il y a toujours eu dans nos pays, malgré la paix relative qu’il y avait dans ce pays, des contradictions que d’aucuns n’hésiteraient pas à définir comme étant des convulsions comme vous le dites. Si on essaie de fouiner dans le détritus du passé, on risque d’aller trop loin et on prendra trop de temps. Mais cela fera encore plus de dégâts. Il faut donc mettre des bornes. Le temps est le même et il s’écoule. Le temps est inodore, le temps est incolore. Le temps est le temps. Il faut savoir repérer les périodes les plus chaudes, les périodes qui ont brisé le tissu social entre les fils du pays. Il ne dépend que de la CPI et des autorités ivoiriennes de déterminer la période des enquêtes, mais il faut la déterminer avec beaucoup de sagesse.

Le Président conseille à ses opposants de ne pas faire la même erreur que le RDR en 2000, en prévoyant de boycotter les législatives. Etes-vous d’avis avec le Chef de l’Etat ivoirien sur la question ?

Absolument. Le boycott n’est pas la solution et il faut participer aux échéances futures. Le Président de la République donne là un meilleur exemple. Le RDR l’a profondément regretté parce qu’il était déjà, à l’époque, un grand parti, mais qui, ayant boycotté, est resté en marge. Non, le FPI devrait participer aux législatives, parce que leur leader a obtenu quand même 47% des suffrages, c’est un score nettement appréciable. Le FPI ne peut pas se payer le luxe d’être absent d’une échéance électorale aussi importante, surtout si toutes les conditions sont réunies : conditions de transparence, de sécurité et d’apaisement.

Sur le dossier libyen, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Et chacun y va de son opinion au sujet de la pertinence d’une option militaire à instaurer une gouvernance démocratique. Est-ce que la question du pétrole n’y est pas pour quelque chose ? Pourriez-vous nous donner la clef de lecture de cette crise ?

Il y a des phénomènes qui se passent dans l’histoire, dont les vraies causes ne sont connues que par l’histoire elle-même, c’est-à-dire longtemps après. A l’heure actuelle, essayer de trouver toutes les causes contingentes qui ont amené cette situation en Libye, serait ardu. Même recherchées au microscope, certaines causes ne seront connues qu’avec le temps. Etait-ce une révolution spontanée ? Préparée, aidée de façon altruiste ? De façon désintéressée ?
Au total, il faut déplorer les milliers de citoyens libyens qui ont perdu leur vie. Puisse le peuple libyen se porter mieux. Mais le temps fera ses effets. Il y a des choses qui étaient méconnues, il y a 30 ans, et qui sortent aujourd’hui en surface. Je ne veux pas dire qu’il faut mettre aux calendes grecques une actualité aussi prégnante et qui continue à se dérouler. Je parle de ce sujet avec autant de peine parce que tout le monde a connu les relations que j’ai eues avec le Guide de la Révolution libyenne, relations basées sur la franchise sur la sincérité et sur l’africanité. Je crois qu’il ne faut pas se presser de tirer les leçons sur les raisons qui ont amené ces combats. Il y a du tout. Et ce tout sera éclairci plus tard.

Avec l’épisode des options militaires, comme mode de règlement des contentieux en Afrique. On pourrait se demander à qui le tour, n’est-ce pas ?

Ah ! J’espère que ça ne se déroulera pas comme ça. J’espère que les pays du Nord comme ceux d’Afrique comprendront que si on obtient une résolution aux Nations Unies, cette résolution doit être porteuse de morale et de moralité. Vous savez les résolutions des Nations unies sont élastiques. On peut mettre une phrase anodine que personne n’interprète tout de suite mais, plus tard, on peut dire beaucoup de choses au nom de ce membre de phrase. Quand on dit qu’il faut protéger les populations civiles et qu’on n’en décrit pas les voies et les moyens, alors c’est la porte ouverte à des excès. C’est la raison pour laquelle les pays qui participent au Conseil de Sécurité doivent savoir qu’aussi importante soit la résolution, ce qui est plus important encore, c’est ce qui est écrit entre les lignes. Il faut qu’ils comprennent que quand la résolution doit être prise et qu’elle doit être appliquée alors il faut bien que ces pays s’entendent auparavant sur le contenu, le disséquer, le diagnostiquer, en faire la radioscopie avant son application : Parce que souvent les résolutions sont adoptées sous des pressions énormes au Conseil de Sécurité ; on ne peut pas le savoir si on n’y est pas. C’est ce qui fait qu’il y a des diplomates qui cèdent et après il y a le regret qui s’abat sur le tout le monde.

Me Bourgi parle de Mallettes d’argent transférées de quelque Présidents africains vers l’Elysée. Mythe ou réalité, sommes-nous tenté de vous demander, vous qui êtes un diplomate chevronné et averti ?

Ecoutez ! Il m’est difficile de commenter cette affaire parce que, aujourd’hui, la vie politique de tous ces grands pays est émaillée de scandales. Observez un peu l’actualité. Ce sont des mises en accusation, des tentatives de corruption. La vérité est que les valeurs qui fondent l’humanité sont entrain de foutre le camp. Est-ce que c’est maintenant que ça se passe ? Je ne commente pas ce que Monsieur Bourgi a dit, mais c’est un Monsieur qui était connu. Il y a eu des Messieurs comme lui qui se sont toujours présentés entre le Septentrion et les pays du Sud. On a toujours dit et j’ai toujours pensé que les corrompus et les corrupteurs sont tous corrompus.

L’Union africaine se propose de transférer au TPIR le dossier Hissène Habré. Ne pensez-vous pas qu’il y a du dilatoire ou une intention affichée de dribler les victimes de ce potentat ?

Ce qui est d’abord regrettable, c’est de laisser tant de temps entre les préjudices et la justice. Le temps qui s’est écoulé depuis que Hissène Habré a fait ces exactions est considérable. Et certains pays qui aidaient Hissène Habré dans le temps sont aujourd’hui en train de le clouer au pilori. C’est ce qui est d’abord regrettable. Je veux dire qu’au moment où l’acte se passe les pays doivent avoir le courage, qu’elle que soit leur relation, de dénoncer, en ce moment, pour ne pas que les victimes s’accumulent et qu’un jour on soit dans la difficulté de traduire en justice celui qui est présumé coupable. Il est temps pour les pays africains, dès lors qu’une décision est prise qu’elle soit appliquée. Le problème ce n’est pas les bonnes décisions, puisqu’on en prend souvent, mais leur application manque. Rappelez-vous que c’est le Sénégal d’abord qui avait été choisi, ensuite la justice belge s’y est mêlée et aujourd’hui, on parle de TPIR. Je m’étonne qu’un tribunal sur le Rwanda soit ipso facto habilité à juger une affaire sur le Tchad. Peut-être, comme pour la Sierra Leone, faudrait-il une décision spéciale à cet effet.

L’affaire DSK- Nafissatou était-elle un traquenard tramé par des mains obscures pour briser les ambitions politiques de DSK ? Et pour Nafissatou qui est votre compatriote, a-t-elle réellement été brimée dans son intégrité ?

J’ai suivi cette situation comme vous, et je peux le résumer ainsi.
1) L’arrestation de DSK a été si spectaculaire qu’elle a enclenché de vives émotions liées peut-être à sa fonction et surtout à son avenir qu’on savait prometteur.
2) La justice américaine accorde peu d’importance à la présomption d’innocence. Arrêter et passer les menottes y sont d’une facilité déconcertante. Mais, c’est le droit américain qui le veut ainsi.
3) Nafissatou, ma compatriote s’est trouvée propulsée à la une de l’actualité avec des qualificatifs qui ne feront plaisir, ni honneur à aucun guinéen.
4) La justice pénale américaine a estimé qu’elle a menti. Ce qui aurait conduit à l’abandon pur et simple de la procédure pénale.
5) Au total, Nafissatou, sa famille, ses amis ont souffert de cette affaire ; DSK dont la fonction s’est arrêtée pile et le destin politique compromis, ne serait-ce que temporairement, en a souffert, tout comme sa famille et ses amis.
Pour répondre à votre question, y a-t-il eu traquenard ? S’il en a eu, je pense que Dominique Strauss Khan ne devrait pas, alors pas du tout y tomber à ce moment précis de sa vie. C’est dommage ! Quels gâchis. Il a de toute façon reconnu qu’il eu relation consentie. Ce qui est honteux, mais pas délictuel.
En France, le Président Sarkozy est au plus bas de sa côte de popularité.

Manque de chance pour lui, le Sénat est aujourd’hui la chasse-gardée des Socialistes. Est-ce que vous vendez cher la peau de Sarkozy à la présidentielle 2012 ?

C’est un bien grand mot, vendre sa peau (rires). Je crois qu’il faut bien attendre sagement l’élection de 2012 et en connaitre les résultats. Nous sommes à 7 mois de la présidentielle, beaucoup de choses peuvent arriver. Les situations sont évolutives. Les sondages ont souvent raison ; mais les sondages ont souvent eu tort. Ce qui s’est passé peut ébranler la Droite. C’est vrai que c’est arrivé à un moment où on peut penser que c’est un signal de mauvais augure pour la Droite. Mais j’estime qu’il faut être prudent parce que ces sondages-là, si vous les analysez, vous vous apercevez qu’il y a encore beaucoup d’indécis. Ce n’est pas à 7 mois avant l’échéance que tout le monde va dire ce qu’il va faire. Le résultat final dépend du taux de participation. Et si ce taux de participation est beaucoup plus fort que les sondages ne le reflètent aujourd’hui, les données pourraient changer. Les sondages faits aujourd’hui sont une photographie à un moment donné.

Avec autant d’experts en finances, notre monde est régulièrement balloté par une crise financière d’une extrême acuité. Comment vous vous expliquez qu’on ne puisse pas prévenir ces phénomènes ?

Ces phénomènes sont prévisibles, voire prévus. Les crises et les expansions se sont toujours alternées. Les crises sont inhérentes au système capitaliste. Seuls peuvent changer les causes immédiates, l’ampleur, la profondeur et la durée. En remontant leur cours, on peut aller jusqu’au 18éme siècle pour trouver les premières crises comme celle qui fut appelée la crise des tulipes en hollande. Le 24 octobre 1929, une des crises les plus violentes a été enregistrée avec des conséquences longues et catastrophique qui ont abouti peu ou prou à la 2éme Guerre mondiale.

La crise économique-financière d’aujourd’hui est surement la continuation de la crise des sub-primes aux Etats-Unis d’Amérique. Crise du marché hypothécaire immobilier. La spirale des crédits faciles insolvables a fini par engloutir la trésorerie des banques, ce qui a fait contracter des crédits avec pour conséquences la mise à la rue de centaines de citoyens américains endettés jusqu’au cou. Si l’on ajoute à cela la spéculation à outrance au travers des multitudes de fonds, l’on comprendra que le marché ne pouvait qu’être volatile. La spéculation est devenue honteuse. L’on spécule sur tout : Hedge Funds, Fonds de pension, Fonds souverains, Fonds vautour etc. On va jusqu’à spéculer sur la mort par le rachat des assurances vie, enlevant aux ayants droit futurs toute possibilité de subsistance. Les états tombés dans le laxisme du « dépenser plus que produire », ont généré des déficits de niveau abyssal. Les USA avec 14 mille milliards de Dollars US, la Grèce presqu’en faillite, l’Italie, le Portugal, l’Espagne inquiètent. L’on n’a pas fini de voir les conséquences de cette crise.

Et comment l’Europe a-t-elle été atteinte ?

L’Europe ne pouvait pas ne pas être atteinte. Tout d’abord par le phénomène de la mondialisation ; ensuite par le rôle que joue l’économie et le dollar américain dans les affaires du monde. Au-delà de cela, l’Europe sécrète ses propres causes induites. Pour éviter les inquiétudes par pays, l’Europe doit savoir avancer sans se masquer. Elle doit préférer un état composé au lieu d’un composé d’états. Ça, c’est la condition structurelle, politique. Mais, il y a aussi les conditions techniques. Les banques européennes ont, comme aux USA à quelques différences près, accordé à tourne bras des crédits à des états dont l’état de risque n’a pas été correctement évalué. Certaines de ces banques ont beau dire que leurs provisions pour créances douteuses sont suffisamment élevées, cela ne pourrait spontanément rassurer les marchés. Les pays européens sont obligés d’intervenir car il y a une limite à la rigueur en temps de crise. Cette limite franchie, le risque serait d’assister à des convulsions sociales. La rigueur est inévitable, mais sans la relance de la consommation, inutile d’espérer une relance de la production.
Enfin, on est à un moment où le monde a besoin d’hommes de vision, au tempérament hardi, courageux, prêts à s’imposer le sacrifice d’impopularité tout comme la sagesse et la pédagogie d’éviter les crises sociales irrémédiables.

Dernière question. A ce niveau et pour en revenir à votre parti, le PEDN, qu’avez-vous choisi comme doctrine ?

Au PEDN, on a choisi une politique du centre où nous disons oui à l’épanouissement de l’homme à sa liberté d’entreprendre, mais où nous disons oui aussi à la régulation par l’Etat. Je crois que ailleurs on a échoué parce qu’on avait tout étatisé. L’entreprise individuelle était étouffée, mais après sa relative disparition, l’Ouest s’est laissé aller au triomphalisme. Tout était débridé. Et c’est ce qui a amené cette crise à être aiguë. Aujourd’hui quand on nationalise dans les pays de l’Ouest, on est en train de privatiser dans les pays de l’Est. C’est le monde qui marche sur la tête, c’est l’ironie du sort. Et c’est la raison pour laquelle il y a que la décision de sérieux et de rigueur qui peut amener la crise à être endiguée.

Mais comment pouvez-vous prendre une rigueur dans un pays tel que la Grèce où il y a des fuites devant l’impôt, où il y a une injustice criarde ? Comment voulez-vous aboutir à cette économie de rigueur quand, dans de grands pays comme les Etats-Unis, des riches payent moins d’impôts que leurs employés ?

Merci Monsieur le Premier ministre !

C’est moi qui vous remercie

Interview réalisée par Emile Scipion Ilboudo

Source: Ouaga Info