lundi , 15 juillet 2024

Affaire rapport d’enquête d’Afro baromètre : Dr Aliou Barry répond Alhousseine Makanera Kaké

Le Directeur Général de Stat View International, partenaire du réseau Afro baromètre en Guinée, Dr Aliou Barry a décidé de répondre Alhousseine Makanera Kaké. En effet, dans une sortie médiatique au lendemain de la publication du rapport d’enquête du réseau Afro baromètre sur les partis politiques, l’ancien Ministre de l’Information et de la Communication a sévèrement critiqué ledit rapport jusqu’à le qualifier de « Faux» et « d’études bidons »

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à notre rédaction le lundi 6 mars, ce représentant du réseau Afro baromètre en Guinée a tenu à faire quelques précisions à l’attention de la population guinéenne en général et de Mr Alhousseine Makanera Kaké en particulier. « J’insiste, ce n’est pas un travail qui est simplement guinéen. L’enquête s’est déroulée dans 39 pays africains dont la Guinée. Nous travaillons aussi avec des chercheurs d’autres pays. Il y a des gens qui nous supervisent, qui supervisent notre travail et qui le valident. On ne peut pas publier des données au nom du réseau Afro baromètre et que ce soit des fausses données.

Je voudrais le (Makanera Kaké ndlr) mettre à l’aise de ce côté-là. Je suis statisticien, démographe, expert en gouvernance nous sommes assermentés. C’est-à-dire on jure de faire notre travail en toute honnêteté. Donc, on ne peut pas blaguer avec les chiffres. On n’est pas là pour faire plaisir à quelqu’un, mais plutôt à dire ce qu’il y a. Mais nous avons toujours dit la vérité même si cela fait mal.

D’ailleurs, c’est nous qui avons montré au président Alpha Condé que 77% des Guinéens étaient contre son troisième mandat. Nous avons montré également au Président de la Transition actuel que sa côte de popularité a chuté de moitié (46%). Parce qu’il avait 86% au lendemain de la prise de pouvoir. On comprend les réactions que les gens peuvent avoir, mais il faut avoir le sens, le devoir moral de reconnaître la qualité d’un travail qui est fait quand il est apprécié de tout le monde », a-t-il expliqué.

Selon Aliou Barry ce rapport d’enquête du réseau Afro baromètre est un travail scientifique appliqué dans 39 pays africains. Il ne souffre d’aucune zone d’ombre. « Peut-être que ce sont des explications qui ont manqué. Quand on parle de partis politiques d’opposition et partis au pouvoir, il faut savoir que le questionnaire a été appliqué comme ça partout dans les 39 pays africains. On sait que chez nous ici, il n’y a pas de partis politiques du pouvoir ni de l’opposition actuellement même si certains ont une certaine accointance avec les autorités de la Transition, les autorités du moment.

Je pense que là où il y a le problème pour certains, c’est la confiance placée au Président actuel de la Transition par rapport à celle placée aux partis politiques. Les sondages d’opinions politiques (côte de popularité notamment) sont des données périssables, leur valeur est limitée dans le temps. Le premier sondage, quand on l’a réalisé l’actuel Président de la Transition avait 86% mais personne n’a crié à l’époque. Aujourd’hui, il a 46%. Entre 86% et 46%, on voit que la différence est énorme. Mais par rapport aux tendances et ce qu’il fait, il y a quand même 1 guinéen sur 2 qui continue à le soutenir.Pour le Président de la Transition, sa côte de popularité est en train de baisser. On n’est pas en train de faire son éloge mais côte de popularité dépasse celle des partis politiques dans leur ensemble, il y en a plus de 200. Peut-être qui si on les prenait individuellement, ces partis politiques, certains pourraient avoir une côte de popularité plus élevée que celle du Président actuel de la Transition », a précisé Aliou Barry.

Par ailleurs, notre interlocuteur est revenu sur les pourcentages accordés aux partis politiques et au sujet du vote ethnique en Guinée. « J’ai vu la réaction de cet ami politicien (Alhousseine Makanera Kaké ndlr) qui a dit que c’est 17%. Ce n’est pas ça, c’est plutôt 30%. Pourquoi cette variabilité ? C’est parce que beaucoup de partis politiques n’ont pas une position stable. Ce qui a amené certains guinéens à douter. On les comprend parce que la vocation d’un parti politique c’est la conquête du pouvoir mais les populations d’une manière générale ne peuvent pas comprendre cela.

Pour le cas de l’ethnie et de la nation, ce qu’on a demandé c’est le ressenti des Guinéens. Et la majorité des répondants nous ont dit qu’ils se sentent d’abord Guinéens. C’est ça le message. Ça ne veut pas dire que gens-là rejettent ou ne reconnaissent pas leurs ethnies. On sait que le vote est ethnique en Guinée. Et on ne peut pas nous l’apprendre aujourd’hui puisque nous avions réalisé notre premier sondage en 1993 là-dessus. On avait montré au Feu Président Lansana Conté qu’il ne pouvait pas gagner au premier tour parce qu’il n’avait que 36% d’intentions de vote et que la majorité des Guinéens avaient l’intention d’aller vers le vote ethnique », a mentionné le Directeur Général de Stat View International, partenaire du réseau Afro baromètre en Guinée.

Dr Aliou Barry dit connaître bien Alhousseine Makanera Kaké avec qui il a étudié et contre qui d’ailleurs il ne veut pas aller en affront, a-t-il conclu.

 

Djely Mamadou Kouyaté

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