
La valse d’annulations de permis de recherche et d’autorisation d’exploitation de carrières permanentes qui a frappé plus de 140 sociétés samedi 17 mai n’a pas épargné la Société Guinéenne du Patrimoine Minier. L’entreprise détenue à 100% par l’Etat guinéen se voit retirer deux permis sur le granite.
La main du ministre des Mines et de la Géologie Bouna Sylla n’a pas tremblé. Lui qui assure la présidence du Conseil d’administration de la Soguipami n’a pas hésité à révoquer deux permis d’exploitation de carrières appartenant à cette société étatique chargée de la gestion du portefeuille d’actions, de participations ou d’intérêts financiers et commerciaux de l’Etat dans les sociétés minières.
Le bras armé de l’Etat dans le secteur minier voit ainsi lui échapper le permis d’exploitation de granite N°22969 sur un périmètre de 3,8 hectares accordé le 28 août 2020 par l’Arrêté ministériel A2020 2455/MMG/SGG. Et le permis 22968 qui s’étend sur 16 hectares octroyé le 16 septembre 2020 par l’Arrêté A2020 2637/MMG/SGG.
Ces deux permis qui tombent désormais dans l’escarcelle de l’Etat sont situés à Singuelen dans la préfecture de Forécariah, d’après le CPDM (Centre de Promotion et Développement Minier).
Ils sont arrivés à expiration respectivement le 27 août et le 15 septembre 2022, révèle le ministre Bouna Sylla dans son arrêté rendu public hier samedi.
Il précise dans sa décision avoir décidé du retrait de deux permis ainsi que 139 autres portant sur l’or, le granite et la dolérite entre autres, après avis du Comité technique des titres miniers et de la Commission nationale des mines. « En application des articles 3, 24, 25, 26, 77, 82, 88, 89 et suivant du Code minier, sont retirés et font gratuitement retour à l’Etat, les périmètres couverts par ces permis de recherches et d’autorisation d’exploitation de carrières permanentes », indique l’arrêté ministériel.
Ces retraits de permis de recherches et d’autorisation d’exploitation de carrières permanentes interviennent une semaine après l’annulation par décrets présidentiels, cette fois, d’une quarantaine de conventions minières parmi lesquelles, celle de Bellzone Holding sur une gigantesque mine de fer à Faranah, et une concession de Kebo Energy sur la bauxite. La politique retrait des permis jugés « non-conformes » au Code minier vise à assainir le cadastre minier pour faire de la place à nouveaux investisseurs plus sérieux, dit-on dans les couloirs du Palais présidentiel Mohamed V, à Conakry.
Ougna Elie Camara
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