vendredi , 28 août 2026
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Mali : les partis et organisations à caractère politiques officiellement dissous


Le gouvernement de transition au Mali a franchi une nouvelle étape controversée dans sa restructuration de la vie politique du pays. À l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire tenu ce mardi 13 mai, l’ensemble des partis et organisations politiques ont été dissous
sur tout le territoire national à travers un décret.

L’annonce a été faite par Mamani Nassiré, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des réformes politiques, sur les ondes de la télévision d’État ORTM. Désormais, toutes les activités et réunions politiques sont interdites, et toute infraction à cette interdiction pourra entraîner des sanctions.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un processus de réforme entamé par les autorités de transition. Le gouvernement a justifié sa décision par l’abrogation de la charte des partis politiques et la nécessité de « repenser la vie politique nationale ». Parmi les changements envisagés figurent une réduction du nombre de partis, un durcissement des critères de création de formations politiques, ainsi qu’une possible interdiction de leur financement public.

Une décision qui fait polémique

Depuis plusieurs semaines, cette dissolution était redoutée par la classe politique, qui y voit une dérive autoritaire. Plusieurs partis ont dénoncé une violation de la Constitution, une remise en cause du pluralisme et des acquis démocratiques du pays.

Un mouvement de contestation inédit avait vu le jour début mai. Mais ces dernières heures, plusieurs de ses figures ont été arrêtées par la Sécurité d’État, réduisant au silence une grande partie des voix dissidentes.
« Nous sommes retournés en dictature », dénonce un opposant, évoquant un retour aux pratiques du régime militaire de Moussa Traoré, qui dirigea le pays jusqu’en 1991.

Un ancien ministre évoque une décision « grave et inédite », estimant qu’elle « ouvre le boulevard à un pouvoir autocratique ». D’autres assurent que la lutte continuera, même dans la clandestinité, soulignant l’attachement historique des Maliens à la démocratie, en référence notamment à la charte du Mandé de 1236, souvent présentée comme un texte précurseur des droits de l’homme.

Un avenir politique incertain

Certains acteurs politiques réfléchissent à des actions judiciaires pour contester la légalité du décret. Toutefois, la dissolution des partis rend toute démarche institutionnelle particulièrement difficile.

La population malienne, quant à elle, se retrouve dans une situation où la mobilisation citoyenne devient risquée, les contestataires s’exposant à une répression de plus en plus ferme.

Avec cette décision, le Mali entre dans une nouvelle phase de sa transition politique, dont les contours restent flous, et où le débat démocratique semble de plus en plus muselé.

 

DM