lundi , 15 juillet 2024

Pèlerinage 2024 : plus de 1 000 morts à La Mecque parmi lesquelles des Guinéens

Plus de 1 000 pèlerins sont morts à La Mecque pendant le hadj, alors que les températures dépassent les 50 °C
L’Indonésie, l’Iran, le Sénégal, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie ont signalé des morts parmi leurs ressortissants. Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins vont en Arabie saoudite sans autorisation.
Les fortes chaleurs ont fait plus de 1 000 morts parmi les fidèles réunis à La Mecque, selon un bilan de l’Agence France-Presse (AFP), alors que se déroule actuellement le hadj, le grand pèlerinage musulman annuel. Au total, 1 081 décès ont été signalés par une dizaine de pays, officiellement ou via des diplomates impliqués dans les recherches des victimes.

Ce pèlerinage musulman, de vendredi à dimanche, s’est déroulé cette année à quelques jours du début de l’été, dans l’une des régions les plus chaudes de la planète. Les températures ont atteint 51,8 °C à La Mecque, la ville la plus sainte de l’islam.

L’Indonésie, l’Iran, le Sénégal, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie ont signalé des morts parmi leurs ressortissants, sans en préciser la cause pour la plupart. Certains pèlerins ont dit avoir vu des corps gisant sur le bord de la route et des ambulances semblant débordées. Sur les réseaux sociaux circulent des photos de personnes disparues et des demandes d’informations.

Un diplomate d’un pays arabe a affirmé à l’AFP que 58 morts supplémentaires avaient été recensés parmi les pèlerins égyptiens, portant à 658 le nombre d’Egyptiens décédés durant le Hadj qui s’est déroulé de vendredi à lundi.

Selon lui, 630 d’entre eux étaient dépourvus d’autorisation officielle pour le pèlerinage, auquel ont participé cette année environ 1,8 million de personnes. Un grand nombre de décès est dû à la chaleur, ont rapporté des diplomates.

Des responsables égyptiens se sont rendus dans des hôpitaux pour tenter d’obtenir des renseignements sur les Egyptiens disparus et aider les blessés hospitalisés, selon un communiqué des affaires étrangères. Mais « un grand nombre » de ces ressortissants « ne sont pas enregistrés dans les bases de données du hadj », ce qui rend leur travail difficile.

Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a ordonné la formation d’une « cellule de crise » dirigée par le premier ministre, Mostafa Madbouli, pour assurer la « coordination avec les autorités saoudiennes et rapatrier les corps » des pèlerins morts.

Le pèlerinage subit de plus en plus les effets du changement climatique, selon une étude saoudienne publiée en mai 2024, qui conclut que les températures sur les sites où se déroulent les rituels augmentent de 0,4 °C tous les dix ans.

Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins tentent de participer au hadj sans autorisation officielle, ce qui leur interdit l’accès aux installations climatisées. Selon un des diplomates interrogés par l’AFP, le bilan des morts égyptiens a été considérablement alourdi par la présence de pèlerins qui n’étaient pas munis de ces autorisations.

Ces pèlerins « ont été sans nourriture, sans eau ni air conditionné pendant longtemps », a précisé un responsable égyptien supervisant le pèlerinage pour son pays. Ils sont morts « en raison de la chaleur parce que la plupart d’entre eux n’avaient nulle part » où s’abriter, selon lui.

L’année dernière, plus de deux cents pèlerins avaient péri, la plupart d’Indonésie. Selon le porte-parole du ministère de la santé saoudien, Mohammed Al-Abdulali, plus de 10 000 cas de maladies liées à la chaleur ont été recensés l’année dernière.

Environ 1,8 million de fidèles ont pris part au hadj cette année, dont 1,6 million venus de l’étranger, selon les autorités saoudiennes.

Le hadj, qui consiste en une série de rites codifiés qui se déroulent durant plusieurs jours au cœur de La Mecque et dans ses environs, est l’un des cinq piliers de l’islam. Tous les musulmans sont censés accomplir le hadj au moins une fois dans leur vie s’ils en ont les moyens. Certains attendent parfois des années avant de pouvoir faire le voyage, les permis étant attribués chaque année par le royaume sur la base de quotas par pays.

 

Le Monde avec AFP

 

Selon nos informations, cinq pèlerins Guinéens ont également trouvé la mort.