mercredi , 19 juin 2024

L’autre sens de la visite du Président Sénégalais (B. Kamano)

La Guinée et le Sénégal sont deux pays dont la fraternité avait urgemment besoin, d’être mise en exergue.

La visite du Président Bassirou Dimaye Faye est sans contradiction, l’amorce d’un tournant promoteur.

De Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Wade, jamais la Guinée n’a rare eu l’honneur de voir les pieds d’un Président fraîchement élu du Sénégal, fouler son sol.

Même s’il y a eu par le passé, feu Mamadou Dia, ancien président du Conseil sénégalais, qui a aimé la Guinée au point de dénoncer auprès de feu Ahmed Sekou Touré, les bases de la cinquième colonne. Il est d’ailleurs, l’un des rares anciens dirigeants Sénégalais qu’admire Djomaye Faye.

Mais souvent, la volonté politique a fermenté le divorce au grand dam des populations, pourtant unies par des liens d’un horizon illimité.

Quand l’histoire, la géographique, sociologie et la culture frôlent l’identique, le brassage social, lui, reste tangible.

Cette dimension qui devrait orienter toute volonté politique, est une notion déjà prise en compte par l’actuelle diplomatie guinéenne.

L’initiateur de la diplomatie au visage humain, Dr. Morissanda Kouyaté, a réussi à la mettre en pratique sans coup férir.

Depuis qu’il a le curseur de la politique étrangère de la Guinée entre les doigts, le diplomate rompu, révélé à la faveur de la transition version Mamadi Doumbouya, a aussi mis la souveraineté au cœur de ladite.

Visiblement, les relents révolutionnaires de cette ligne diplomatique ont favorablement séduit les nouvelles autorités Sénégalaises qui, elles aussi, décident de la rejoindre. Il suffît de passer en revue le programme qu’elles ont bien su vendre aux Sénégalais, dans son volet diplomatique pour s’en convaincre.

Il était temps donc que, la volonté politique courbe l’échine face a celle des deux peuples frères. Au-delà de la coopération gagnant- gagnant, tant exigé désormais par le couple Djomaye Faye-Sonko, les guinéens et les sénégalais sont unis par le mariage,la naturalisation, l’adoption, les frontières etc.

Doit-on continuer de privilégier les désidératas d’une élite dynamique au détriment de ces liens de sang?

C’est tout l’autre sens de cette visite du président démocratiquement élu, à un pouvoir de transition. En mettant en avant le vivre-ensemble suite aux difficultés qui ont tenté d’assombrir les relations Guinée – Sénégal , le prix Nelson Mandela tire bien son épingle du jeu.

 

B.Kamano