mardi , 27 février 2024

Guinée : la société civile plaide pour le renforcement de la promotion des droits de la santé sexuelle et reproductive

 

La promotion du droit sexuel et de la santé reproductive (DSSR) reste de nos jours un des sujets tabous dans nos communautés. En dépit des efforts consentis dans le cadre de la promotion du DSSR par SOLTHIS (solidarité thérapeutique et initiative pour la santé ) à travers le projet « pouvoir d’agir des associations et des jeunes engagés dans la santé sexuelle » (PAJES), des difficultés se dressent devant les acteurs qui œuvrent dans ce domaine en Guinée.

Les stéréotypes sexistes, les déséquilibres des pouvoirs entre sexes, la perception de la sexualité des filles et des femmes ainsi que d’autres inégalités constituent d’énormes obstacles. Un fait qui freine significativement l’accès aux informations pour des enfants, des adolescents et des jeunes au droit à la santé sexuelle et reproductive (DSSR).

Dans un entretien accordé à notre reporter sur le sujet, la vice-présidente du réseau des jeunes ambassadeurs pour la santé de la reproduction et la planification familiale est revenu sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées sur le terrain.

« Parlant de DSSR, il y a toujours des obstacles sur le terrain. Comme vous le savez, c’est une thématique qui est un peu tabou chez nous. On n’en parle pas beaucoup et dès qu’on veut en parler, on pense que l’on veut faire l’apologie du sexe et autres. Quand on parle du droit à la santé reproductive et sexuelle, on pense qu’on apprend aux gens à faire des rapports sexuels alors que ce n’est pas le cas. Nous avons beaucoup de problème à ce niveau, parce que c’est pas évident que les gens acceptent de parler de la sexualité ou que les parents acceptent que leurs enfants assistent à vos causeries éducatives », a expliqué Foulematou Camara.

Malgré tout, la vice-présidente du réseau des jeunes ambassadeurs pour la santé de la reproduction et la planification familiale salut la fusion des éfforts de certaines entités dans le cadre de la promotion des droits sexuels et santé reproductifs. « Des groupes religieux, des ONG nous appuient dans ce sens afin de pouvoir mieux parler de la sexualité, de la santé de la reproduction sans qu’on ne fasse allusion directement au sexe. Quand on parle de l’implication du gouvernement, je pense dans le cadre du projet (PAJES), le ministère de la santé a beaucoup collaboré avec nous. Parce que tout ce que nous faisons comme activités de renforcement de capacités auprès des jeunes leaders,le ministère de la santé est là, ils sont avec nous. Ils sont toujours présents à travers la direction de la santé familiale. Quand on parle de ce que le gouvernement fait en matière de DSSR, surtout l’obtention des produits de planification familiale, les méthodes de contraception, je pense que c’est beaucoup, parce que l’État même donne un pourcentage aux partenaires pour pouvoir avoir de produits de contraception. Mais je pense qu’il faut encore redoubler d’efforts, Il faut que l’État nous aide à avoir les produits de contraception de façon gratuite ne ce reste que pour des jeunes ayant 25 ans. Pas dans les discours mais dans les faits. On dit que c’est gratuit mais en réalité quand nous nous rendons dans les structures sanitaires, on constate qu’il faut payer entre 150 000 ou 250 000 francs guinéens. Ce qui fait que beaucoup de jeunes n’utilisent pas ces produits.Au delà de ça encore, il y a des préjugés autour. Comme toujours, on ne va pas cesser ce plaidoyer », a promis Foulematou Camara, jeune dame activiste de la société civile.

Selon Foulematou Camara, la lutte contre le mariage précoce, l’excision et d’autres fléaux ainsi que la promotion de la planification familiale, doivent être une affaire de tous.

 

Christine Haba