mardi , 27 février 2024

Se réjouir des roses des épines, que se plaindre des épines des roses… (Par B. Kamano)

 

Les traces d’une révolution n’ont point besoin de lumière pour être vues. Que d’avoir la langue-de-plomb, il faut avoir celle bien pendue pour en faire le guide. Car, ne pas desserrer les dents en pareilles circonstances est un manquement au devoir collectif. Au pire des cas, cette révolution serait un cautère sur une jambe de bois.

Heureusement que, les réalités antérieures constituent le meilleur échantillon pour évaluer les acquis du présent de la politique. Nul doute que, s’il y’a un secteur durant cette transition, dont la métamorphose mérite largement le terme « Révolution », c’est la diplomatie guinéenne.

Faisant fi de toutes les hypothèses, l’initiative du ministre en charge des affaires étrangères, Dr.Morissanda Kouyaté de délocaliser le siège dudit ministère, a permis la modernisation des services, la mise en place d’un nouvel organigramme pour rationaliser l’effectif.

Elle a aussi favorisé l’opérationnalisation de son centre de formation et perfectionnement en diplomatie et la mise en place d’une cellule chargée de répertorier et d’assurer la promotion des compétences guinéennes à l’international.

Ces préalables résultent de la définition de la nouvelle ligne diplomatique imprimée à la politique étrangère, selon son concepteur. Ce qui a fait asseoir une base indispensable au déploiement d’une politique étrangère reposant sur le respect de la souveraineté nationale. Cette base au multiple recettes a atténué, pour ne pas dire, annihilé considérablement la teneur des sanctions précoces contre la junte guinéenne.

Par conséquent, plusieurs pays au rang des puissances ont, sans hésiter, fait accrédité leur mission diplomatique auprès du pouvoir de Conakry. En peu de temps, le ballet diplomatique a été sans commune mesure, avec plus d’une trentaine de nouveaux ambassadeurs pour alimenter les relations bilatérales.

Pour le prix Nelson Mandela, le respect de la souveraineté nationale passe par la qualité et quantité du personnel de ses missions diplomatiques. D’où un toilettage à grand balai des ambassades guinéennes. Le diplomate nationaliste, Dr.Morissanda Kouyaté a aussi ouvert un front contre une gangrène qui mine la réputation de son pays; ce sont les arriérés de frais de location des ambassades.

Et par des nominations méthodiques,l’ancien diplomate onusien a procédé en application de la carrière diplomatique, au rajeunissement et la féminisation du personnel des missions diplomatiques. Cela a permis de combler le manque et de lutter contre la sénilité qui frappent le personnel des ambassades guinéennes.

Au même moment, la diplomatie guinéenne a pris un visage humain, que les guinéens méconnaissaient encore. Surtout, la diaspora guinéenne qui en est l’heureuse bénéficiaire. L’Etat guinéen de devenu dorénavant, leur principal rempart ; le sentiment d’être seul face aux difficultés de l’exil choisi a cédé place à l’espoir et à l’assurance. C’est ainsi que, des centaines de guinéens en souffrance dans des pays en proie à l’instabilité, ont été ramenés chez eux aux frais de l’Etat.

Au plan économique et financier, la politique étrangère telle que concoctée par Dr. Morissanda, a drainé plusieurs investissements multiformes vers la Guinée. Elle a, à l’avenant réussi à maintenir la Guinée dans la case à sous des institutions de Bretton Woods, ainsi que celles de la BAD, la banque Islamique, l’union Européenne etc. Des millions de dollars et d’Euros ont été brassés par le biais des conventions, des accords et traités.

L’organisation également, des grandes commissions mixtes de coopération a été une innovation diplomatique, qui a permis la signature de plusieurs accords bilatéraux.

Malgré un contexte de transition, le prix Nelson Mandela ne s’est pas plaint parce que les rosiers ont des épines, il a plutôt donné à se réjouir aux guinéens parce que les épines ont des roses.

 

B. Kamano