samedi , 13 avril 2024

Guinée : la contribution des universitaires au processus de transition en débat à Conakry

Le jeune doctorant, Saïkou Oumar Sagnane est l’initiateur de cette rencontre de réflexion. Le Laboratoire d’analyse socio-antropologique de Guinée (LASAG) a porté le projet avec le soutien du recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, Conakry (UGLS-SC). Cette rencontre qui a pour thème « contribution des Universités guinéennes à la transition » durera plusieurs jours. Les échanges ont démarré ce jeudi 14 décembre par un atelier à la bibliothèque américaine située dans l’enceinte de l’UGLC-SC. La cérémonie a été présidée par le vice-recteur chargé des études de ladite Université en présence de quelques enseignants chercheurs.

« L’objectif de la rencontre est de réfléchir sur le processus de la transition, pas seulement en Guinée mais en Afrique. Parce que les Universités est le Creuset du développement socioéconomique de toute nation. En principe, toutes les politiques de développement des nations doivent être émises par les Universités. Donc, nous nous donnons des orientations, des sujets de réflexion aux politiques qui peuvent les suivre pour donner de bons résultats », a expliqué Professeur Momoya Sylla, vice-recteur chargé des études à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Au cours de rencontre introductive de plusieurs jours de travaux scientifiques, le Directeur scientifique du centre de Laboratoire d’Analyse socio-anthropologique de Guinée à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia a envoyé un message aux universitaires.

« Que les universitaires osent parler en toute objectivité. Parce qu’on est souvent dans la subjectivité. On se laisse aller dans le paternalisme politique. Ce qui n’est pas bon. Quand on est dans le cadre universitaire, il faut qu’on ose, il faut qu’on soit universitaire. Toutes les sensibilités des questions subjectives, il faut qu’on les abandonne et on s’engage dans l’objectivité pour que notre Université bouge », a déclaré Dr Mohamed Lamine Dioubaté.

Selon Saïkou Oumar qui pour thèse soutenance « la circulation de l’information en milieux académiques et non académiques», l’idée de cette réflexion est partie d’une observation.

« moi, je fais ma thèse sur la circulation de l’information à la fois dans les milieux académiques et non académiques. Et à partir de mes observations, je me suis rendu compte qu’il était, aujourd’hui, nécessaire un peu plus de choix et d’option à nos universitaire de pouvoir contribuer à la réflexion sur les questions de transition. Transition en général, pas que politique. Mais aussi des questions sanitaires, minières, sociales etc. Parce qu’il n’y a pas assez de publication réalisés aujourd’hui par les chercheurs dans ce sens en Guinée » a-t-il mentionné.

Chaque fois qu’il des crises, des transitions, on essaie d’aller toujours chercher d’autres personnes ailleurs qui viennent utiliser nos chercheurs comme des assistants dans leurs travaux alors que nous sommes capables de réfléchir et de produire. Alors pourquoi ne pas se mettre ensemble, réfléchir sur des programmes et projets qui reflètent nos réalités qui sont des enjeux de développement que nous mêmes nous avons identifié et pouvoir aller de l’avant.

Cette réflexion que nous avons initié aujourd’hui, la première thématique est de réfléchir sur les questions de crises politiques en général, la deuxième porte sur les autres formes de crises notamment sanitaires minières et autres, la troisième thématique vise à réfléchir sur la question de la circulation de l’information qui inclut les questions de rumeurs et des théories et complots qui ont pour conséquences des crises et de transition que nous traversons et qui rendent difficile la gestion du flux de savoir et d’information et la dernière partie est beaucoup plus liée à comment capitaliser ce que nous avons, aujourd’hui, déjà à l’Université pour pouvoir aller de l’avant.

Bref, quel est l’état de la production du savoir, quelles sont les questions épistémologiques qui se posent, quelles sont les questions d’éthique qui se posent et comment mieux impliquer les universitaires sur la longue durée pour qu’on sorte du cycle de consultations spontanées qui sont généralement dictées et qui ne sont pas en cohérence de l’ossature de développement du pays », a expliqué Saïkou Oumar Sagnane.

 

Mamadou Kouyaté

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