samedi , 20 juillet 2024

L’adhésion de l’Union africaine soutenue par l’Union européenne au menu du G20 de New Dehli

Le Groupe des Vingt (G20), un forum de coopération économique internationale qui rassemble 19 pays et l’Union européenne (UE), se réunit ces 9 et 10 septembre 2023 à New Dehli pour son sommet annuel. En Inde, il sera notamment question de l’adhésion de l’Union africaine à ce club qui rassemble les plus grandes économies mondiales. Une adhésion soutenue par l’UE, notamment.

L’Union africaine (UA) membre à part entière du G20 ? C’est l’un des enjeux du sommet qui démarre ce 9 septembre 2023 à New Delhi. Une candidature qui demande encore à être validée par les 20 membres officiels du club.

Le président des Comores, Azali Assoumani, est ainsi arrivé dans la matinée du 8 septembre en Inde. Il est en effet invité à participer au G20 avec sa casquette de président de l’UA, indique notre envoyée spéciale à New Dehli, Dominique Baillard.

Indonésie et Australie hésiteraient encore à soutenir l’adhésion de l’UA
Jusqu’alors conviée en simple invitée, l’UA, candidate à un statut à part entière, a aujourd’hui le soutien de la majorité des membres du G20. De l’Inde, le pays hôte de ce sommet, des États-Unis, et en particulier de la France et de l’Union européenne, la seule organisation régionale membre du club.

Charles Michel, le président du conseil de l’UE, est confiant : « L’Union africaine, c’est la priorité, veillons à ce qu’elle soit membre du G20. Et, dans les deux jours qui viennent, on aura une réponse définitive sur ce sujet. Pour l’Union européenne, il n’y a pas de doute. Mais tant qu’il n’y a pas une décision prise, il n’y a pas de décision prise. »

De bonne source européenne, l’Indonésie et l’Australie hésitent encore. Ces deux pays membres redoutent l’afflux des candidatures d’autres organisations régionales. Leurs hésitations devraient être levées au cours des dernières discussions menées par les vingt sherpas, car les avantages sont évidents, selon Charles Michel : « L’Union africaine dans le G20, ce n’est pas par hasard que c’est l’Union européenne qui, la première, a réagi favorablement quand cette candidature a été exprimée. Ça va changer quelque chose d’important, c’est que tous ces pays africains qui n’étaient pas autour de la table demain auront une voix et une voix forte dans une enceinte qui compte. »

Pour l’UA, une adhésion au G20 serait « l’aboutissement de huit ans de plaidoyer ». Cette intégration serait, a confié la Commission de l’UA à Claire Fages, « l’aboutissement de huit ans de plaidoyer pour l’inclusion de l’organisation régionale africaine dans les instances » internationales.

Pour l’heure, seule l’Afrique du Sud représente le continent au sein du G20, et ce alors que les Brics, le club des grands économies émergentes mené par la Chine, viennent de s’élargir à l’Égypte et à l’Éthiopie.

L’Afrique est par ailleurs particulièrement concernée par les grands thèmes de ce sommet, que ce soit avec la guerre de la Russie en Ukraine et ses conséquences sur le commerce (en particulier des céréales), la lutte contre le changement climatique ou la réforme des banques multilatérales, dans un contexte d’endettement croissant des États africains.

Le Nigeria, première économie africaine l’an dernier, participera à ce G20 avec le statut d’invité. Son président, Bola Tinubu, fait le déplacement. Sont également invités : l’Égypte et Maurice.

 

AFP