mardi , 7 février 2023

Développement communautaire : un bilan encourageant pour l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales cette année

 L’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales a présenté jeudi 29 décembre, le résultat annuel de ses activités de développement à destination des communautés. Un bilan nettement positif au regard des projets exécutés au sein des collectivités en dix mois.

Directeur général de l’ANAFIC – Sékou Mawa Touré 

C’est à la faveur d’un déjeuner de presse que les dirigeants de l’ANAFIC ont présenté les activités réalisées durant l’année 2022 qui s’achève.

Des réformes  majeures

A l’ANAFIC, l’année est marquée par des réformes courageuses.

En premier lieu, la mutualisation des Fonds de financement des collectivités locales par un décret du président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya, le 30 décembre 2021. Il s’agit du Fonds national de développement local (FNDL) qui couvre toutes les 356 communes rurales du pays et financé par un Budget d’affectation spéciale, le Fonds de développement des communes de Conakry (FODECCON) destiné aux six communes de la capitale et alimenté par les revenus douaniers, portuaires et aéroportuaires et le Fonds de développement local (FODEL) constitué par 15% des revenus miniers et destiné aux zones impactées par les activités minières.

« La mutualisation des trois fonds constitue une avancée significative. Ils intervenaient sur les mêmes cibles et les objectifs », s’est réjoui le Directeur général de l’ANAFIC Sékou Mawa Touré. « Pour une question de rationalisation des ressources humaines et financières, il était utile de créer un seul EPA. Nous n’avons pas pu intégrer le FODEL dans le mécanisme de l’ANAFIC, mais la gestion efficace de ces fonds va amener le développement dans les communautés », a-t-il dit.

En dix mois, les réformes ont aussi porté sur l’élaboration du Programme de Travail et du Budget Annuel (PTBA 2022).

La vocation de l’agence étant de promouvoir la bonne gouvernance à la base, les projets d’appui PAGL et PANAFIC ont été activés.  A cette liste, s’ajoute le paiement des arriérés de salaires du personnel de l’AFFICCON, l’appui à l’organisation de l’Assemblée générale de l’Association des communes de Guinée, le déploiement du Système d’alerte précoce et de réponse (SAPR) dans 169 communes, la formation de 995 moniteurs et 2446 groupes d’action sur le Manuel de procédures SAPR.

L’agence a aussi réalisé « la prévention de 1365 conflits sur 2080 alertes, le dégèle de comptes de 313 sur 362 collectivités qui étaient dans des situations irrégulière et gelés par les autorités », a renchéri le Directeur général adjoint Mohamed Siké Camara. Non sans préciser que 356 agents de développement local ont été évalués et sont à mesure d’être opérationnels dans les collectivités en janvier.

Directeur général adjoint de l’ANAFIC – Mohamed Sikhé Camara

Environ 400 PME ont bénéficié de l’intervention de l’ANAFIC. Avec à la clé, la création de 4000 emplois directs et 674 contractuels communaux dont 337 ingénieurs conseils et 337 agents de développement local, boostant au passage 703 microprojets.

Faible taux de décaissement

Les résultats engrangés auraient été plus importants si la mobilisation des ressources avait suivi la volonté politique. Sur environ 1 000 milliards GNF de budget total approuvé par le CNT dans la LFI 2022, seulement 153 milliards ont pu être décaissés au titre du FNDL et 125 milliards GNF pour les activités du FODECCON.

« Le taux de mobilisation est très faible. Ce qui nous a permis de faire les actions que nous avons fait », a expliqué le Directeur général adjoint.

Par ailleurs, l’agence s’est vue en difficultés suite au gel des comptes des collectivités locales imposé par le CNRD après la prise du pouvoir. Si la mesure a été salutaire dans la lutte contre la prévarication des fonds publics, de l’autre côté, elle a eu pour conséquence l’arrêt des financements des collectivités par le guichet de l’ANAFIC. « En tant qu’instrument de financement, l’ANAFIC ne s’immisce pas en maître d’ouvrage. Ça veut dire que les ressources que l’ANAFIC dispose sont en transit. Les comptes étant gelés, l’ANAFIC n’a pas pu transférer les fonds », a indiqué Mohamed Siké Camara.

Perspectives prometteuses

Pour l’année 2023, les perspectives sont bonnes. L’ANAFIC s’attend à l’inauguration de nombreuses infrastructures communautaires.

Dans le même temps, ses dirigeants entendent poursuivre les démarches pour finaliser le processus d’accréditation au Fonds Vert pour le climat. Ce qui devrait permettre au pays d’obtenir des financements importants pour soutenir les projets et lutter efficacement contre la déforestation et le réchauffement climatique.

« Le processus d’accréditation du Fonds Vert pour le Climat permettra à notre agence de bénéficier chaque année de 250 millions USD, dans le cadre de la lutte contre les gaz à effet de serre, mais aussi sur les questions environnementales », a annoncé le Directeur général adjoint.

Il s’agira de rendre effectif le transfert des ressources issues des compétences transférées aux collectivités et de finaliser l’exécution de 703 microprojets en cours de réalisation et dont les taux d’exécution physiques est de 52%.

« Nous allons continuer la mission d’appui aux communes et appuyer la finalisation de la deuxième génération du Projet d’appui à la gouvernance locale », a ajouté le Directeur général Sékou Mawa Touré.

Aussi, l’ANAFIC entend lancer les travaux de construction de son siège social et d’accompagner le ministère de l’Administration du territoire dans les réformes de décentralisation.  La dynamisation du Système informatique de Gestion des activités (SIGAA) et son déploiement dans les communes vont se poursuivre.

Rappelons que l’ANAFIC a été créé par décret en novembre 2017. Elle vise l’amélioration des conditions de vie des populations. Cela passe par des initiatives axées sur l’amélioration de l’économie locale et l’augmentation du niveau d’accès aux services publics de qualité. Plusieurs partenaires accompagnent l’institution. Parmi ceux-ci, la Banque mondiale à hauteur de 40 millions de dollars dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance locale (PAGL) et l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 10 millions d’euros pour l’opérationnalisation de l’ANAFIC. D’autres acteurs comme le Fonds Vert pour le Climat et le ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation sont également aux côtés de l’agence.

Elie Camara