mardi , 6 décembre 2022

CNT : reprise de la session parlementaire en présence de plusieurs invités de marque

Après un mois de vacances, les conseillers nationaux de la transition nationale guinéenne ont repris la session parlementaire ce mercredi 26 octobre 2022, à l’hémicycle du palais du peuple. Cette cérémonie a connu la présence du président du parlement de la CEDEAO, du président du CNT du Mali, tous accompagnés par quelques membres, les représentants des institutions républicaines guinéennes, la gouverneure de la ville de Conakry et de quelques membres du gouvernement. Et un seul point à savoir la reprise solennelle était à l’ordre du jour.

Ensuite, il a rappelé que la Guinée et le Mali sont des frères. « Permettez-moi d’abord de remercier mon frère l’honorable Dansa Kourouma pour l’honneur qu’il me fais en m’invitant à cette cérémonie de reprise de la session parlementaire du conseil national de la transition de la Guinée (…) A travers le Colonel Doumbouya, je voudrais réitérer mes remerciements à l’ensemble du peuple guinéen pour sa solidarité agissante à l’endroit du Mali. Cela au moment où notre pays faisait l’objet d’un embargo inhumain, Illégitime imposé par la CEDEAO et l’UMOI. Dieu merci le Mali est sorti grandit de cette épreuve (…) Car, le peuple malien  est un peuple  brave et résilient, un peuple de défis. Mesdames et messieurs, chers frères et sœurs de la Guinée, on ne se lâchera jamais de rappeler que la Guinée et le Mali sont les deux poumons d’un même corps. Au Mali c’est avec un intérêt singulier que nous suivons quotidiennement l’évolution de la situation sociopolitique en Guinée. Ici à Conakry, nous sommes en famille. Et quand on est en famille, j’estime qu’on peut se permettre de se parler franchement sans détour avec bien sûr l’autorisation des aînés. Mesdames et messieurs, comme vous le savez, depuis un certain temps, il n’est ainsi (…) pour personne que la Guinée aussi bien que le Mali traverse actuellement des moments assez difficiles de leur existence.  Et de cette tribune j’espère que mes frères et sœurs guinéens m’entendent.  De cette tribune je voudrais sincèrement que mes frères et sœurs guinéens m’écoutent. Nos deux pays sont en période de transition et pour comprendre les dangers de cette transition il est primordial de jeter un regard rétrospectif de ce qu’a été la gouvernance de nos pays au cœur des dernières années. (…) Par conséquent, le Mali et la Guinée ont besoin de l’accompagnement de l’ensemble de leur fils, amis et partenaires (…) »

A son tour, le président du parlement de la CEDEAO, Siddie Mohammed Tunis a profité de l’occasion pour féliciter et remercier les autorités guinéennes et celles de la CEDEAO pour le protocole d’accord qu’elles ont eu à signer par rapport à la durée de la transition guinéenne.

« Les événements du 5 septembre avaient entraînés la perturbation de l’ordre constitutionnel. Etant ainsi au pouvoir un nouvel régime dirigé par les membres de l’armée guinéenne, le parlement de la CEDEAO avait exprimé son opposition à la dissolution de l’assemblée nationale car cela porte atteinte au droit du peuple à se faire entendre à travers ses représentants élus. Le parlement de la CEDEAO s’était également joint aux chefs d’Etat, au gouvernement de la CEDEAO pour exprimer son opposition à tout changement politique qui ne respecterait pas le protocole additionnel de la démocratie et de la bonne gouvernance auxquels nous avons adhéré (…) Cependant, les institutions et la confiance des chefs d’Etat et le gouvernement de la CEDEAO ont fait preuve d’un engagement sincère à travailler avec les autorités guinéennes pour entamer un processus de transition qui conduirait à faire un retour à l’ordre constitutionnel. Nous nous sommes réjouis d’apprendre que le conseil national de la transition se réunirait pour élaborer toutes les modalités nécessaires devant conduire à un calendrier de transition acceptable. La période de transition s’inscrit dans la continuité des engagements qui ont été initié et soutenu par la CEDEAO depuis le bouleversement politique. Et elle offre l’opportunité d’aller au-delà de ce que nous (…) C’est également une occasion pour moi s’exprimer ma profonde gratitude au Colonel Mamadi Doumbouya pour avoir conduit le processus de transition et initier les réformes qui garantiront une république pacifique et prospère. Nous savons tous que la paix est indispensable et constitue un essentiel élément (…) Par conséquent, un leader qui s’engage pour la paix doit être  reconnu et félicité. Je voudrais encourager le gouvernement de transition et la commission de la CEDEAO qui ont convenu d’une période de transition de 24 mois et collaborer à la mise des mesures qui devraient faciliter un véritable retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Je suis ravi que le gouvernement de transition est affirmé la volonté d’œuvrer avec la CEDEAO dans le cadre de la conduite d’une transition pacifique », a-t-il lancé.

Pour sa part, Danssa Kourouma, président du conseil national de la transition guinéenne (CNT) a d’abord remercié tout ce qui ont effectué le déplacement de près ou de loin pour assister à cette cérémonie d’ouverture.

« Nous sommes sensibles à votre prompte réponse à notre invitation pour prendre part à la cérémonie d’aujourd’hui. Votre présence à nos côtés en ce moment solennel, constitue pour nous, membres du CNT de Guinée, une invite à appréhender et à savoir porter les charges si nobles, qui nous incombent. Nous comprenons que cette présence est également un vibrant appel qui nous est adressé, afin que chaque Conseiller national s’engage résolument dans la voie du dépassement de soi et, qu’en toute circonstance, il reste et demeure le représentant de la nation toute entière et au service de l’intérêt général, débarrassé de toute restriction mentale inhérente aux impératifs d’un mandat », dira-t-il, avant de renchérir :

« Chers collègues, s’agissant de cette reprise de notre session permanente, je vous le rappelle a été interrompu par court congé. Je voudrais rappeler que la vocation première de notre ordre du jour, qui sous-tend la mission principale de cette transition, se rapporte à la refondation de l’Etat, s’appuyant sur la rectification institutionnelle, donc la réforme du cadre constitutionnel et légal. La présente reprise solennelle de nos sessions s’annonce prometteuse et féconde, au regard de l’intérêt, de la portée et de l’importance des activités inscrites dans le chronogramme de la transition. Il s’agit pour nous de produire tous les textes devant contribuer à la réforme et au renforcement de l’architecture du droit positif national et du dispositif institutionnel concourant au retour à une vie constitutionnelle normale. Mesdames et Messieurs, dès notre installation le 5 février 2022, quatre initiatives majeures ont préoccupé et occupé. Elles visent toutes à répondre à l’urgence de se doter d’une efficacité propice à la célérité et à la rationalisation de nos séances pour toute la durée de la transition. La première initiative aura été la constitution de 17 équipes de conseillers nationaux et leur déploiement sur l’ensemble du territoire national à l’effet de recueillir les opinions, les préoccupations et les attentes de nos populations par rapport au contenu, au déroulement, à la durée, ainsi qu’aux respectives et conditions de réussite d’une Transition inclusive et apaisée. Un rapport exhaustif a clôturé cet important exercice. II nous permettra certainement de baliser et d’affermir notre marche vers la réalisation des tâches que la Charte de la Transition, en ses articles 56 à 69, nous ont dévolu », a-t-il évoqué.

Cette cérémonie a été clôturée par des prières et bénédictions.

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