vendredi , 2 décembre 2022

La Guinée hausse le ton sur Simandou, ordonne à Rio et WCS l’arrêt immédiat des opérations

Le gouvernement guinéen a ordonné lundi 4 juillet à Rio Tinto et Winning Consortium Simandou l’arrêt « immédiat » de toutes les opérations  sur le projet d’exploitation du riche gisement de fer de Simandou.

La décision est prise après que le pays a donné 14 jours de délai supplémentaire aux deux compagnies pour créer une joint-venture avec le gouvernement qui aura en charge la mise en oeuvre du projet.

Le ministre des Mines et de la Géologie Moussa Magassouba (Photo) conclut son analyse par un « manque de volonté manifeste » des compagnies à privilégier un partenariat gagnant-gagnant.

« L’Inertie que vous entretenez autour de la formulation des modalités de la participation de l’État dans le capital social de la coentreprise compromet dangereusement la mise en œuvre effective du projet dans l’intérêt supérieur des parties prenantes », a déploré le ministre Magassouba dans une correspondance adressée aux dirigeants des deux sociétés.

« En conséquence et tenant compte du fait que le délai supplémentaire de 14 jours octroyé n’a pas été mis à profit pour créer la co-entreprise, je vous ordonne l’arrêt immédiat de toutes les activités relatives au projet Simandou sur toute l’étendue du territoire”, a-t-il ajouté.

Simandou est le plus important gisement de fer inexploité au monde. Ses réserves sont estimées à 4 milliards de tonnes de fer de haute teneur. Alors que le blocs 1 et 2 sont détenus par Winning Consortium Simandou composé du groupe chinois Hongqiao Group Ltd, du conglomérat singapourien Winning International Group, de UMS et du gouvernement guinéen, les blocs 3 et 4 appartiennent à Rio Tinto, Chinalco avec une participatin de l’Etat guinéen. 

Le projet qui nécessite un investissement global de 15 milliards de dollars US inclut la construction d’un port en eau profonde à Matakang dans la préfecture Forécariah et un chemin de fer de 650 km devant relier la mine à la côte atlantique. 

En ordonnant l’arrêt des activités, le gouvernement de la junte militaire au pouvoir en Guinée espère accentuer la pression des deux géants miniers à l’effet d’obtenir la création rapide de la joint-venture. Un pari osé et risqué. 

Mamady Fofana