mardi , 6 décembre 2022

Gueckédou : un moratoire de 72 heures donné aux occupants des biens immobiliers de l’État

Les autorités préfectorales et communales de Gueckédou, en synergie avec les services techniques préfectoraux appuyés par les forces de défense et de sécurité, ont procédé cette semaine à l’identification et au marquage des biens immobiliers de l’État tout en donnant un moratoire de 72 heures aux personnes concernées pour céder les lieux. Ces opérations préalablement annoncées par les autorités locales avec les couches sociales, s’inscrivent dans le cadre de la récupération du patrimoine bâti et non bâti de l’État engagée par le Comité national du rassemblement et le développement (CNRD).

« Tout se passe bien ; il n’y a aucun obstacle pour le moment; je salue la maturité des populations de Gueckédou. Elles coopèrent bien dans notre démarche, » a estimé le préfet, le Colonel Moussa Condé, conduisant les opérations. Selon lui, tous les biens concernés par cette opération reviendront désormais à l’État. « Nous allons tout récupérer dans les règles de l’art pour servir les prochaines générations tel qu’ambitionne le président, le Colonel Mamady Doumbouya, » a-t-il fait savoir.

Pour le directeur préfectoral du patrimoine bâti public, Karamoko Danwo c’est une initiative que tout guinéen patriote attendait depuis des décennies. « Nous mettons en application les instructions du CNRD qui visent à reprendre tous les domaines de l’État sur la base du recensement de la transition de 2009; elles ont été confisquées après le premier régime, » a-t-il déclaré tout en déplorant ce que cette privation a causé dans la réalisation d’infrastructures socio-économiques de base.

« C’est un ordre venu du sommet de l’État que chaque citoyen doit respecter, » a souligné Désiré Papa Lèno, maire de la commune urbaine. L’élu local a indiqué que les opérations d’identification et de marquage se poursuivent pour une libération totale des biens immobiliers de l’État.

Les citoyens concernés par ces opérations ont fait preuve de sérénité et sollicité une indulgence des autorités en leur faveur. « Je ne suis pas le seul concerné par cette décision des autorités; je reste serein. L’État est dans ces droits ; il est propriétaire de tout le territoire et est libre d’attribuer ou de récupérer une portion. Je souhaiterais bien qu’on me fixe un coût à payer pour me laisser vivre ici avec ma famille qui n’a pas où aller, » a laissé entendre Moriba Kouyaté, jeune citoyen de Macenta Koura.

« C’est déplorable de perdre une si grande réalisation mais je respecte la décision de l’État. Je sollicite la collaboration des autorités en notre faveur puisqu’il y a eu un énorme investissement familial, » a exprimé Anathin Siafa Kamano, gérant d’un des plus grands complexes hôteliers de la place.

Les occupants ont été sommés de libérer les lieux à partir de ce weekend. Les opérations se poursuivent ce lundi dans la commune urbaine de Gueckédou. Reste à savoir si ces opérations se limiteront au centre-ville !

AGP