jeudi , 29 juillet 2021

Discours de politique générale : Kassory reste vague sur le dialogue politique

Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana était mercredi devant l’Assemblée nationale pour présenter la politique générale qui va caractériser l’action du gouvernement qu’il dirige. 

Si l’économiste Kassory a fait état de la détermination de son équipe à réaliser une croissance économique forte et inclusive autour de 6% cette année, il a aussi fait mention de la volonté de celle-ci de diversifier la production minière. L’industrie minière devrait attirer dans cette perspective quelques 25 milliards de dollars US d’ici 2026. Des études sont aussi en cours pour la construction de raffineries d’alumine et d’aluminium. 

L’autre axe de la politique du gouvernement consistera à choisir l’option des énergies renouvelables. A ce titre, selon le Chef du gouvernement, les investissements dans les projets de construction des barrages vont se poursuivre pour réduire la production thermique au profit du mix énergétique.

Mais là où le Premier ministre était le plus attendu et où il est resté vague, c’est bien l’impérieuse question du dialogue politique.

Nous le savons, le dialogue entre mouvance présidentielle et opposition, la vraie, est rompue depuis le double scrutin présidentiel et référendaire de mars 2020. Les deux parties ne se parlent plus.  Conforté par sa victoire à la présidentielle d’octobre, le pouvoir nargue les opposants Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Lansana Kouyaté et le FNDC. 

Dans ces conditions, les observateurs les plus optimistes s’attendaient à une lueur d’espoir. Une sorte de main tendue du Chef du gouvernement dans le cadre de sa politique générale.  

Mais au lieu d’un appel clair et précis à la reprise du dialogue, le Premier ministre a préféré s’abriter derrière le cadre permanent de dialogue politique et social institué par le président et dont la direction lui est confiée. Cet espace de dialogue, soulignons-le, est taillé sur mesure et destiné à recevoir des partis politiques alliés qui se réclament avec emphase de l’opposition.

C’est donc sur cette instance qui a souvent servi de cadre pour un semblant de dialogue qu’une réflexion et des consultations sur un canevas sont en cours en vue de son opérationnalisation.

En un mot comme en mille, le pouvoir d’Alpha Condé semble ne pas trouver l’urgence d’ouvrir un processus de concertation avec toutes les forces vives de la nation. Cela est plausible d’autant que sur la question, Kassory a lancé de manière lapidaire que son gouvernement « compte mener le processus de dialogue politique et social avec tous les acteurs de la vie nationale ».

Quand et comment ? Mystère. 

Kaloumpresse