dimanche , 17 octobre 2021

Mort d’Hamed Bakayoko : ce qu’il savoir sur l’ex Premier ministre ivoirien

Hamed Bakayoko, qui avait 56 ans, avait succédé en juillet 2020 au poste de premier ministre à Amadou Gon Coulibaly. Il avait gravi les échelons pour devenir un pilier du régime du président Alassane Ouattara.


Le premier ministre de Côte d’Ivoire, Hamed Bakayoko, est mort mercredi à l’âge de 56 ans. Il est décédé dans un hôpital en Allemagne «des suites d’un cancer», a annoncé le président de la République Alassane Ouattara dans un communiqué.


D’abord militant politique, puis homme de médias dans les années 1990, Hamed Bakayoko était devenu ministre au début des années 2000. Il avait été ensuite de tous les gouvernements pendant près de 20 ans.

«Je rends hommage au premier ministre Hamed Bakayoko, mon fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection», a déclaré le président Ouattara dans ce communiqué lu à la télévision publique RTI. «C’est triste, on vient d’apprendre le décès de ‘Hambak’», surnom donné à Hamed Bakayoko, avait auparavant déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un membre de l’entourage du premier ministre décédé.


Hamed Bakayoko, qui était également ministre de la Défense, avait été évacué en France par avion spécial pour «raisons de santé», avant d’être transféré dans un hôpital en Allemagne le week-end dernier. Lundi, le secrétaire général de la présidence ivoirienne, Patrick Achi, a été nommé par décret premier ministre par intérim pour le suppléer. Téné Birahima Ouattara, ministre des Affaires présidentielles et frère cadet du président Alassane Ouattara, a quant à lui été nommé ministre de la Défense par intérim.

Un homme des médias

Né le 8 mars 1965 à Abidjan, dans une famille de la classe moyenne, ce musulman originaire du Nord de la Côte d’Ivoire, au physique athlétique, s’était intéressé dès sa jeunesse au journalisme et à la politique. A 25 ans, il avait créé le journal Le Patriote, qui deviendra le quasi-organe du Rassemblement des Républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara, auquel il avait adhéré dès sa fondation en 1994.

Il avait ensuite, en 1993, pris les commandes de Radio Nostalgie Côte d’Ivoire, la première radio commerciale du pays, en plein printemps de la presse ivoirienne. Ce qui l’avait rapproché du milieu de la musique et du showbiz, dans lequel il aimait s’afficher.

Après la mort en 2019 de la star du coupé-décalé DJ Arafat, dont il était proche, il s’était montré aux premières loges des funérailles.

Des échelons gravis

Son ascension politique avait vraiment commencé dans les années 2000. En 2003, à 38 ans, il était devenu ministre des Télécommunications et des nouvelles technologies, un poste qu’il gardera dans tous les gouvernements d’union nationale, sous le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo. Selon son ancien collaborateur au Patriote, Meïté Sindou, c’était «un homme de défi», qui allait «jusqu’au bout» de ses idées.

Avec l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011, Hamed Bakayoko avait hérité du stratégique ministère de l’Intérieur, qu’il avait conservé sous trois gouvernements jusqu’en 2017, réussissant à maintenir l’ordre dans un pays revenant à la paix, notamment grâce à ses nombreuses relations dans tous les milieux, aussi bien parmi les anciens chefs de la rébellion que dans l’opposition.

En juillet 2017, il avait été nommé ministre d’Etat, ministre de la Défense, et numéro deux du gouvernement, où il avait eu la lourde tâche de gérer plusieurs mutineries dans l’armée. En 2018, il avait été élu maire d’Abobo, l’une des deux grandes communes populaire d’Abidjan, au terme d’un scrutin cependant terni par des violences. En 2020 son nom avait circulé comme présidentiable, avant la désignation du premier ministre Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti au pouvoir pour la présidentielle d’octobre. Après la mort inattendue de ce dernier d’un infarctus, qui a conduit Alassane Ouattara à revenir sur son engagement et à se faire réélire, Hamed Bakayoko avait d’abord été désigné pour assurer l’intérim, puis nommé premier ministre le 30 juillet 2020. Poste qu’il n’aura occupé que neuf mois.

Après l’élection présidentielle du 31 octobre marquée par le boycott de l’opposition et des violences ayant fait une centaine de morts, «HamBak» avait ramené l’opposition à la table des négociations, ce qui a permis des élections législatives apaisées, avec la participation de toutes les forces politiques. Beaucoup voyaient «HamBak» , populaire y compris au-delà de son camp, comme un possible successeur au président Ouattara dans l’avenir.

Avec letemps.ch