mercredi , 27 octobre 2021

Moscou expose « Tsar Bomba », la bombe nucléaire la plus puissante de l’Histoire

Huit mètres de long, 25 tonnes, une masse imposante: la « Tsar Bomba », la plus puissante des bombes nucléaires de l’histoire, est exposée pour la première fois à Moscou, symbole d’une époque révolue où Soviétiques et Américains mesuraient leur puissance à coups de bombes.

Testée en 1961 par les autorités soviétiques, la bombe à hydrogène « Tsar Bomba », AH602 de son vrai nom, inspirait fierté et crainte à la fois, résume Nikolaï Krylov, 62 ans, en visitant au Manège, au pied des murailles du Kremlin, cette exposition inédite retraçant les moments forts de l’histoire du nucléaire russe. « Quand je m’approche d’elle, je suis très mal à l’aise, car je pense à tous les dégâts qu’elle aurait pu faire », dit à l’AFP cet ancien aviateur, tout en dévorant du regard la bombe, évidemment délestée de sa charge nucléaire.

Puissance de 50 mégatonnes

Inaugurée le jour de la rentrée scolaire, l’exposition a accueilli ses premiers visiteurs mardi: des écoliers russes en uniforme en visite guidée. Le 30 octobre 1961, cette bombe d’une puissance de 50 mégatonnes, développée par une équipe de savants soviétiques avec à leur tête le futur prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov, a été testée avec succès sur le polygone de Novaïa Zemlia, dans l’océan Arctique russe.

Cet essai faisait partie des vastes travaux de recherches ordonnés par Joseph Staline le 20 août 1945, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, visant à développer une bombe atomique soviétique et obtenir un équilibre des forces avec les Etats-Unis qui possédaient déjà d’arme atomique.

La date est considérée depuis comme le jour de la naissance de l’industrie nucléaire russe qui fête ses 70 ans en 2015. Baptisée la « Tsar Bomba », « cette bombe la plus puissante de l’histoire est considérée comme le facteur principal qui a poussé les pays détenteurs des armes nucléaires à emprunter le chemin de la paix », souligne Mikhaïl Baïaskhalanov, l’un des guides de l’exposition.

AFP