mardi , 25 janvier 2022

Rupture de stock pour les T-shirts à l’effigie de « El Chapo »

Moins d’une semaine après son évasion, les ventes de tee-shirts à l’effigie de baron de la drogue Joaquin « El Chapo » Guzman se multiplient sur internet, entraînant parfois des ruptures de stock.

Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant du monde, « El Chapo » avait déjà inspiré au Mexique plusieurs chansons à sa gloire, qui avaient fleuri quelques heures seulement après sa fuite spectaculaire de la prison de haute-sécurité d’Altiplano.

« El Chapo » se décline désormais sur des T-shirts et casquettes mis en vente sur internet. Il y apparaît sur un avis de recherche proposant une récompense pour sa capture, ou s’échappant d’une cage, un sac d’argent à la main et des ailes dans le dos, ou encore avec une légende marquée « Boss » (patron) reprenant le logo rouge et bleu utilisé par Barack Obama durant sa campagne pour l’élection présidentielle.

Vendus à des prix allant de 5 à 32 dollars, ces T-shirts profitent de l’écho médiatique donné à l’évasion du chef du cartel de Sinaloa, à travers un trou creusé dans la douche de sa cellule, débouchant sur un tunnel, long de 1,5 kilomètre.

Sur le site de la boutique en ligne Kartel Kollection, basée à Los Angeles, une mention « épuisé », apparaît désormais au côté d’un T-shirt représentant Guzman, moustachu, posant avec une arme sur fond de triangle doré, symbole du narcotrafiquant. « En temps normal, nous enregistrons déjà beaucoup de ventes, mais bien sûr (cette semaine) nous avons dû augmenter la production », indique à l’AFP Gabriella Zarazoga, une des responsables de cette marque dont le logo est un fusil AK-47. Les acheteurs sont Mexicains ou Américains, mais certains proviennent aussi du Moyen-Orient, précise-t-elle.

Dans le catalogue en ligne de cette boutique se côtoient d’autres narcotrafiquants notoires, imprimés sur T-shirts ou casquettes, tels qu’Amado Carrillo Fuentes, chef du cartel de Juarez, Rafael Caro Quintero du cartel de Sinaloa, ou encore Ismael « El Mayo » Zambada, l’adjoint de Guzman.

« Bandit populaire »

La « narco-culture », qui glorifie la violence et la vie luxueuse des narcotrafiquants, est un phénomène que partagent les Etats frontaliers, aussi bien du côté des Etats-Unis que du Mexique. L’une des grandes figures de cette culture est « El Chapo », 58 ans, qui est parvenu à créer un empire criminel grâce au trafic de la cocaïne et de la marijuana vers les Etats-Unis, l’Europe ou l’Asie. Né dans une famille modeste de l’Etat de Sinaloa (nord-ouest), il s’est enrichi au point d’apparaître sur la liste des dix personnes les plus riches du monde, selon la revue Forbes.