lundi , 27 mai 2024

Guinée: la société civile cherche à penser ses plaies

Les acteurs de la société civile guinéenne se sont réunis ce jeudi 18 décembre  à Conakry. Le but : partager les informations recueillies par la Plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD) en prélude aux préparatifs des états généraux de la société civile.

 

Il était question au cours de cet atelier d’analyser le projet de relance de la société civile guinéenne initié en mai dernier à Kindia en présentant le projet de méthodologie de travail.

La PCUD est partie d’un constat selon lequel depuis quelques années, la société civile a perdu sa crédibilité et traverse des moments difficiles. Même si reconnaît Abdourahmane Sanoh, qu’elle a connu, à travers le conseil national des organisations de la société civile (Cnosc) des moments de gloire sous le leadership des acteurs ayant consenti des énormes sacrifices. Pour cela, le président de la PCUD, M. Sanoh rassure ses détracteurs : « ce n’est pas un projet pour la Guinée. C’est un projet pour l’ensemble des organisations  et la famille des acteurs de la société civile ».

Après avoir fait la peinture sombre de la société civile guinéenne, Abdourahmane Sanoh dira que les défis devraient amener la famille de la société civile « à un sursaut national et oublier ce qui nous divisent. Nous devons éviter d’être les porteurs des tares de notre société. Les uns n’ont pas confiance aux autres. Je vous supplie afin que cet atelier soit un nouveau départ» pour la renaissance de la société civile guinéenne.

Le président de la PCUD prône, pour une société civile responsable, l’entente, l’unité et la confiance mutuelle sans lesquelles aucune initiative transparente n’est possible. Bref, il appelle ceux qui refusent de se joindre à eux à faire un dépassement de soi. « Nous devons nous comprendre, aucune exclusion n’est possible dans notre démarche. Je vous (Cnosc, ndlr)  tends une main fraternelle », a lancé M. Sanoh. Pour lui, s’il y a échec du projet, ce que l’ensemble des acteurs de la société civile est « démissionnaire ».

Mouctar Diallo du Projeg reconnaît également la nécessité de l’unité des acteurs de la société civile. Car, soutient-il, aucune œuvre humaine n’est parfaite. La présidente du Réseau des femmes anciennes ministres et parlementaires de Guinée pense également que la société civile a une grande responsabilité. Makalé Traoré qui adhère déjà l’idée de la PCUD d’organiser les états généraux, demande à tout le monde d’accepter de partager  dans la paix, la quiétude. Car partager, ironise-t-elle, est le plus beau mot de la langue française.

C’est ainsi, après l’exposé du groupe de facilitateurs sur la méthodologie à adopter pour l’organisation desdits états généraux, Dansa Diawara, au nom du Cnosc, du Conasoc et de la CDIG, a demandé « la suspension du processus jusqu’à l’obtention d’un consensus entre les acteurs sur [le] mode de conduite (du projet, ndlr) et l’élargissement de la consultation à la base ». Il faut rappeler qu’au passage, il a énuméré quelques griefs à l’encontre de la PCUD dont le manque d’informations sur plusieurs aspects de l’organisation des états généraux en perspectives.

Aliou BM Diallo
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