lundi , 22 avril 2024

Affaire Simandou : BSGR porte plainte , la Guinée réplique

La compagnie Benny Steinmetz Group Resources Ltd – BSGR – a porté plainte contre la Guinée auprès du Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements dont le siège est à Washington. Du coup la partie nord de Simandou au centre du litige se retrouve gelée pour des mois, sinon, des années.

Selon un document de la compagnie dont Kaloumpresse.com détient copie, la plainte vise à protéger les droits miniers de BSGR  »légalement acquis » en Guinée.

BSGR qui est visiblement prête à tout pour obtenir une condamnation de la Guinée après le retrait de ses titres miniers sur Simandou et à Zogota explique dans sa demande d’arbitrage international comment la Guinée a confisqué « illégalement » ses titres miniers à travers une procédure  »illégale » et « basée sur des preuves incertaines ».

En estimant avoir été expropriée, BSGR indique également que les investissements effectués sur fonds propres sur les blocs 1 et 2 se chiffrent à 189 millions de dollars.

 

Plus loin, elle fait état d’un investissement supplémentaire de 700 millions de dollars à Zogota où elle détenait  une joint-venture avec la brésilienne Vale.

Trucage électoral

Entre la revendication des mines de fer et le scrutin présidentiel de 2010 qui a consacré l’élection d’Alpha Condé, il y a un pas que BSGR a vite fait de franchir.

La plainte explique aussi au CIRDRI qu’en 2010, le président Alpha Condé, alors candidat du RPG au scrutin présidentiel, avait promis d’offrir les droits miniers de BSGR à des investisseurs sud-africains en échange de son élection à la magistrature suprême de la Guinée.

La réplique de Conakry

La Guinée a dit qu’elle s’en remettait à la procédure d’arbitrage. Le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, a indiqué dans un communiqué que les prétentions de BSGR étaient dénuées de fondement.

« La Guinée a étudié les pièces produites par BSGR et note qu’aucun de ces éléments ne soutient d’aucune manière les prétentions de BSGR concernant l’existence de motifs dissimulés qui auraient conduit aux décisions de retrait et de résiliation de ses titres miniers et conventions sur les gisements de Zogota et des blocs I & II de Simandou », a-t-il noté dans le communiqué.

Le gouvernement guinéen affiche son incompréhension dans la mesure où la société le détendeur des miniers à Zogota, à savoir VBG-VALE BSGR GUINEA, n’a pas contesté les décisions de retrait et de résiliation.

 

« L’actionnaire principale de cette société, la société VALE, a engagé des poursuites à l’encontre de BSGR qui estiment que les décisions des autorités guinéennes étaient correctes », a souligné Camara.

Les conséquences

La Guinée prévoyait de lancer un appel d’offre international pour les blocs 1 et 2 de Simandou. Cette procédure pourrait connâitre du retard.

Selon plusieurs analystes basé à Conakry, aussi longtemps que cette partie du gisement de fer fera  l’objet d’un différend, aucune procédure de reprise ne pourra être lancée.

Ces mêmes analystes croient savoir que même si la Guinée s’entêtait, aucun repreneur sérieux ne saurait s’aventurer sur cette montagne alors qu’elle est au centre d’un litige. Et de surcroit devant une institution d’arbitrage internationale.

En attendant, la Guinée a simplement invité BSGR à s’abstenir de toutes atteintes calomnieuses à l’encontre de l’Etat et de ses représentants.

Elie Ougna
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