dimanche , 1 août 2021

Lansana Kouyaté: « On m’a refusé le salon d’honneur de l’aéroport. Ça m’a rehaussé »

Le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) se sont réunis, ce jeudi 12 juillet, au siège du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) de Lansana Kouyaté à Lambanyi dans la commune de Ratoma pour faire le point de la situation socio-économique de la Guinée.

C’est aux environs de 15 heures que la conclave a débuté entre les leaders du collectif et de l’ADP. Après une heure d’entretiens, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo s’est retiré pour aller accomplir d’autres obligations à l’en croire. A sa sortie de la réunion, le président de l’UFDG est revenu sur la quintessence de la rencontre : « Nous avons discuté de la situation politique du pays. Ensuite, nous avons échangé sur les différentes rencontres qu’on a eues avec le Conseil National de la Transition (CNT), les ambassadeurs européens accrédités dans notre pays pour leur signifier davantage nos revendications quant à la recomposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).Nous avons évoqué aussi le manque de fiabilité du matériel de la sud- africaine Waymark. On a parlé du contrat qui lie le gouvernement à Waymark. Il vous souviendra que ce contrat a été signé dans une opacité totale sans appel d’offres ni cahier de charge ».

Poursuivant, le leader de l’UFDG fustige la gestion des finances publiques par le régime de Conakry. « Lors de mon dernier voyage qui m’a conduit en Afrique du Sud, j’ai eu un entretien avec le président Jacob Zuma. Et au cours de notre tête-à-tête, il m’a dit qu’il n’a jamais offert des kits à la Guinée. Aujourd’hui, le Professeur Alpha Condé entretient une gabegie financière. Pour preuve, les 24 milliards de la CENI, les 150 millions de dollars empruntés à l’Angola, les 25 millions de dollars de Palladino sans occulter les 13 milliards détournés à l’éducation ».

S’agissant de la marche pacifique qu’envisage d’organiser l’opposition dans les prochains jours, Cellou Dalein Diallo de marteler : « Nous allons vous informer très prochainement de la date. Et puis personne ne peut nous interdire de manifester. Notre Constitution et nos lois nous le confèrent. Ce n’est pas un individu qui peut nous le confisquer ».

Parlant du retrait de leurs hommes à la CENI, au CNT et au gouvernement, Dalein confie : « Nous avons mis une commission en place. Cette commission est entrain de travailler sur la question et au moment opportun vous serez informés de notre décision ».

A la fin de la réunion, le président du PEDN Lansana Kouyaté dira qu’une myriade de sujets ont été débattus mais certains sont restés en suspens eu égard à l’absence de Sidya Touré de l’UFR et Cellou Dalein qui a quitté avant la fin de la rencontre. « Ça fait longtemps que j’étais absent du pays. Et ma venue a coïncidé avec cette réunion qui du reste est très importante. Nous nous sommes retrouvés pour resserrer davantage les rangs. Ensuite, nous avons parlé de la CENI, du fichier électoral et de la visite des experts de l’Organisation Internationale de la Francophonie ainsi que d’autres questions d’organisations et de mobilisations ».

Refusé d’accès au salon d’honneur de l’aéroport de Gbessia-Conakry à son arrivée, le leader du PEDN déclare: « Tout ce qui est exagéré est gênant. Seulement, je dis qu’on m’a rehaussé car ils m’ont permis de passer où passe le peuple ».

Abordant la question du Mali, Lansana Kouyaté dira : « La crise Malienne a commencé dans les années 1962. Le MNLA est chassé par une force plus forte. Je suis pour le déploiement ou l’envoie des forces. Mais c’est plus délicat. Parce qu’aujourd’hui, avant de rentrer, il faut savoir comment sortir ». De ce point de vue, il renchérit : « Le concept au Mali est clair. Il est certain qu’on a affaire à des fondamentalistes qui ne sont pas pour le dialogue. Donc, il ne faut jamais s’hasarder à aller dans un affrontement si on n’est pas rassurés du soutien des populations de ces lieux. Je suis pour l’action militaire… », ajoute l’ancien Premier ministre.

Pour l’opposant Faya Millimouno, sa participation à une réunion du collectif et de l’ADP n’est qu’une simple observation. Parlant de sa situation de politicien, il affirme : « Pour ma situation, vous serez situés sous peu ». Et de poursuivre : « Des choses scandaleuses sont entrain de se passer dans notre pays. Je veux parler des 25 millions de dollars, des 150 millions…des gabegies financières que le président Alpha Condé disait combattre. Actuellement, c’est lui qui cautionne tout ça ».

Parlant des arrestations, l’opposant Faya Millimono enfonce le clou : « Il y a un an que le domicile privé du président a été attaqué. Mais depuis, tout a changé à ce niveau. Le bâtiment qui devait être sous scellé a fait l’objet de rénovation. Pire, aucune maison du voisinage n’avait été touchée donc pas d’impact de balles sur les murs. Cependant, on garde de façon injuste des hommes en prison. Il faut que les journalistes posent les vraies questions sur ce dossier ».

Selon lui: « l’émission des nouveaux billets de 10 000fg n’est pas mauvaise en soi. Mais, il faut que la substitution se fasse sans pression sur les paysans. Sinon ces derniers risquent de perdre beaucoup… ».

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