samedi , 22 janvier 2022
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La logique du refus aura prévalu…

Le Standard  // Il s’agit officiellement d’œuvrer positivement à la consolidation de l’Etat de droit en Guinée à travers l’organisation d’élections législatives transparentes et crédibles. Il n’y a cependant que ceux qui sont dupes pour le croire. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Cellou Dalein Diallo, le candidat malheureux de la dernière élection présidentielle, ne s’est véritablement jamais remis de ses émotions. Il nourrit conséquemment une stratégie toute simple : Empêcher le nouveau régime de gouverner raison avec deux anciens premiers ministres.

 

L’opposition radicale guinéenne aura décidément fait voir toutes les couleurs  ces derniers mois aux démocrates guinéens. A court de stratégies et d’arguments, elle a encore choisi la stratégie de la terreur, celle consistant à en  découdre dans la rue. Convaincue ainsi de pouvoir obtenir  par la force ce que les textes de la loi et les règles du jeu démocratique lui refusent obstinément. C’est ainsi le jeudi 10 mai dernier, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo et ses deux principaux alliés du moment, qui comme lui, sont tous des anciens Premiers ministres de la République qui se sont illustrés sous le régime Conté  par leurs  insuffisances notoires, ont pris la lourde décision  de déclencher  une marche dans les différentes communes  de la capitale. Officiellement, cela s’entend, c’est pour exiger  des élections législatives crédibles et transparentes, surtout obtenir la recomposition de la CENI, il ne s’agissait pas de tenir  tête du Président de l’instance électorale. Afin de ne pas lui donner des prétextes, le gouverneur de la ville de Conakry est apparu la veille sur le petit écran  afin d’apporter  une réponse  à la demande  de manifestation du Collectif des partis politiques pour a finalisation  de la transition  et de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP). Quoique cette demande comporte selon Sékou Resco Camara des insuffisances, il a demandé à l’opposition radicale d’emprunter un itinéraire précis en vue de pouvoir contenir d’éventuels dérapages.

La démarche  n’est pas nouvelle. Tous les meetings de l’opposition radicale ont été  agrées ces derrières temps.  Evidemment qu’une telle concession ne pouvait nullement arranger ses affaires puisqu’au-delà  de la simple expression  verbale, il s’agissait visiblement  de se laisser aller à la provocation. Fort heureusement que le chef de l’Etat major général des armées, le général Souleymane Kéléfa  Diallo, a décidé de contenir les forces de défense et de sécurité  dans les casernes, à l‘exception des éléments de la  police  et de la gendarmerie chargés du maintien d’ordre. Comme ça, le président de l’UFDG n’aura pas l’occasion de provoquer un autre scénario du genre du 28 septembre. On a beau prendre des dispositions pratiques en la matière, décidé au plus haut sommet de l’Etat de privilégier le dialogue et concertation, il reste que Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté se montrent plus vindicatifs que jamais. Au point que pas mal de monde se demande aujourd’hui jusqu’où  le président  de la République devrait les laisser  agir. Etant donné que dans le fond, rien  ne justifie vraiment les récriminations de l’opposition radicale. Sinon cette folle envie, ce désir teigneux de prendre vaille que vaille des revanches personnelles sur  une histoire plus ou moins récente réinventant quasiment un nouveau mode gouvernance, la cogestion du pouvoir politique.

Le premier, Celloy Dalein Diallo, cela a été dit et écrit, pour avoir passé plus d’une dizaine d’années aux cotés du régime dictatorial du Général Lansana Conté, est bien sûr mal fondé pour donner les leçons de démocratie à quiconque. Le second, Sidya Touré, s’est illustré lui-aussi par une sorte de complicité active avec le même  régime. Qui ne se  souvient de la fameuse phrase : « Lansana Conté, ton pied mon pied » ? Lansana Kouyaté ou encore ’’Monsieur 25%’’, on s’en souvient, a fait campagne et voté en faveur du candidat de l’alliance arc-en-ciel. Principal motif de son repli tactique d’aujourd’hui, faire payer au Pr Alpha Condé ce qu’il assimile à la violation d’un accord secret visant à faire la part belle au PEDN, son parti politique. A cela, il faudrait certainement ajouter le rôle ambigu que M. Kouyaté a joué lors de la transition concédée  par le général Lansana Conté pratiquement  mourant qu’il réussit toutefois à remettre sur orbite en 2007.

Bref, les principaux leaders du Collectif et de l’APD présentent à tous points de vue des défauts de qualité d’opposants crédibles. C’est bien pourquoi, il ne faut s’étonner  des incohérences qui rythment des revendications loin d’être légitimes, voire légales. En demandant au chef de l’Etat de s’immiscer dans les affaires intérieures de la CENI, l’opposition radicale n’a que faire du respect de la loi et de l’institution républicaine. Autrement dit, lorsqu’on se sent lésé dans un Etat de droit, les voies de recours légales encore une fois ne font nullement défaut. Mais au lieu d’emprunter le chemin de la justice, le trio d’anciens Premiers ministres du général Lansana Condé préfère celui de la facilité et de la compromission.

Dommage que les deux derniers, Lansana Kouyaté et Sidya Touré, ne perçoivent pas réellement le sens de la lutte du premier. Pourtant Cellou Dalein Diallo et ses aboyeurs de service (il s’agit de petits leaders bien insolents qui l’entourent) n’ont jamais fait grand mystère sur leurs véritables intentions. Evidement quand lui a affirmé sur les  ondes d’une radio privée de la place que si le Pr Alpha Condé veut la paix dans ce pays, il doit accepter de perdre les élections législatives, il ne pensait pas moins prendre une revanche personnelle sur l’histoire en se hissant à la tête du futur parlement.

A quoi bon dans ces conditions continuer de se perdre dans de nombreuses conjectures liées aux législatives ? Comme dit un peu plus haut, il se trouve aussi que Sidya   Touré  et Kouyaté ont eux-aussi une certaine revanche à prendre sur eux-mêmes en lorgnant du même coté. A l’allure où vont les choses, en attendant le temps de la décantation, il va falloir tôt ou tard sonner la fin de la récréation.

Le Standard