samedi , 22 janvier 2022
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Dissolution du RDR : Dirus Doré s’en prend à Alhassane Condé

Le 7 février 2012, l’arrêté N°2012 mettait fin à l’existence légale du RDR (Rassemblement pour la Défense de la République) suite à la demande de dissolution dudit parti par son président Dirus Dialé Doré pour cause de fusion avec le RPG. Curieusement, le 6 avril 2012, juste à la veille de la convention  du RPG-arc-en-ciel, un autre arrêté du même ministre Alhassane Condé sur le N° 2636 venait rapporter celui du  06 avril suscitant du coup des interrogations quant au motif réel d’un acte.

En effet, c’est par une lettre d’information du ministre Alhassane Condé à son homologue Dirus Dialé Doré que ce  dernier sera mis au courant non seulement de l’acte administratif rapportant l’arrêté N°2012, mais aussi de son exclusion du RDR. «  J’ai l’honneur de vous transmettre une copie de l’acte administratif  rapportant  l’arrêté A/2012/770/MATD/DNLP/ portant dissolution, du Rassemblement pour la Défense de la République « RDR ». C’est en ces termes que le ministre de l’Administration du territoire s’est adressé à M. Doré. Et de souligner : «  conformément aux dispositions de l’article 17 de la charte  des partis politiques et à la résolution de la réunion de son Bureau politique national (ndlr, BPN du RDR) en date du 15 octobre 2011, Monsieur Dirus Dialé Doré exclu du parti le 17 juillet 2010 par l’assemblée générale extraordinaire, n’est plus le président de ce parti et je confirme la désignation de Dr Mahmoud Sylla comme président intérimaire du RDR ».

Cette lettre du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation paraît d’autant plus incompréhensible qu’en 2010, un arrêté de son prédécesseur Nawa Damey avait tranché ce différent en reconnaissant Dirus Dialé Doré comme président du RDR.  Un différent qui opposait Dirus Dialé Doré à Papa Koly Kourouma  autour de la paternité du RDR dont ce dernier était le candidat à la présidentielle. C ‘était au lendemain de la proclamation  des résultats de cette élection. 

Pour Dirus Dialé Doré, son  exclusion du RDR et la nomination d’un autre à  sa place signifie qu’Alhassane Condé, par l’arrêté mettant fin à l’existence légale du RDR, fait renaître ce parti alors qu’il avait fusionné avec d’autres partis dont le RPG. « Votre nouvel arrêté datant du 6 avril 2012, juste à la veille de la convention du RPG/ARC visait objectivement à invalider le processus de finalisation de la disparition du RDR », estime M. Doré. Il se dit s’être pourtant  rendu au bureau de son homologue  Condé pour obtenir des mesures administratives urgentes pour dissoudre le RDR en attirant son attention sur les manœuvres  possibles de ceux qui caressaient l’espoir d’agenouiller les cadres dudit parti. «  Que vous preniez par la suite un acte contraire sans même vous donner la peine de m’en parler, ne fut-ce qu’au téléphone, témoigne à mes yeux, d’un manque de solidarité gouvernementale doublé d’un mépris étonnant à l’endroit d’un ministre de la République auquel on adresse une correspondance en le mettant à la place d’un commissaire… », a déclaré M. Doré dans sa lettre réponse à Alhassane Condé.

Plus dur pour Dirus Doré, les délégués du RDR venus prendre part à la convention du RPG/ARC, sur l’invitation du Directoire national dudit parti dont Dirus Doré était le premier responsable, ont été refoulés à la porte parce que relevant du président exclu. A propos, l’ex-président du RDR affirme que le statut et le  règlement intérieur du RDR ne prévoient aucune instance dénommée « bureau politique national », comme l’a  mentionné le ministre Alhassane Condé dans sa lettre du 6 avril 2012. Pour Dirus Doré, il n’y pas de doute, l’effet recherché par son exclusion à la veille de la convention du RPG/ARC, était de ternir son image et de présenter à ses invités qu’il ne représentait rien. Heureusement pour lui, témoigne-t-on, les hauts cadres du RPG on publiquement annoncé, lors de la convention, que l’ex RDR a pour président  Dirus, bien que l’acte du ministre de l’Administration du Territoire leur soit parvenu à la veille.

« Le dessein d’ébranler le RPG/ARC  a pour l’instant échoué, du moins au niveau des élites politiques », estime Dirus Dialé Doré. Certains militants de l’ex RDR ne manquent pas de pointer un doigt accusateur sur Papa Koly Kourouma, pourtant leader d’un nouveau parti, qu’ils considèrent, à tort où  à raison, comme l’un des instigateurs des manœuvres dont Dirus est victime.

Cette affaire, comme on le constate prouve à suffisance que la solidarité gouvernementale est sérieusement  entamée avec cette possible crise de confiance entre le ministre de la Communication et ceux de l’Administration du Territoire et de l’Energie.

Le Démocrate