dimanche , 1 août 2021

La révolution Sékoutouréenne en noir et blanc

La quatrième édition des 72h du livre (23,24 et 25 avril) abritée par le Centre culturel franco-guinéen, a été courue par les jeunes. Parmi les nombreux bouquins, celui de Aminata Barry : «  Le tourbillon. La dérive autoritaire ».

L’auteur  est la fille de Barry Dawadou, victime de la révolution Sékoutouréenne. Jusque-là, les rescapés, selon l’auteur, décrivaient  leur propre calvaire. A l’image de « les cailloux de la mémoire » de Nadine Bari, le livre de Aminata Barry  n’est pas une œuvre littéraire, mais la dictée  d’un vécu. Qui pose le problème de la responsabilité  politique du fait d’autrui. L’auteur s’interroge, explique, comment à l’âge de 19 ans elle a été forcée de s’exiler, coupée de la famille, déchue de la nationalité  guinéenne,  pour tout papier, sa carte d’élève puis celle d’étudiante. «  Je cherche à comprendre comment des ma mamans, des enfants ont été embarqués dans une turbulence politique qu’ils ne connaissent pas.  Comment un système a pu se comporter de cette façon-là vis-à-vis des mamans, des enfants dont certains étaient en état de famille ».

Aminata Barry, à son tour brisé le silence, raconte au fil des quatre-vingt-sept  pages de son vie, d’exilée forcé, comme lycéenne au Sénégal pus étudiante en Côte d’Ivoire. «  Les vacances scolaires tiraient à leur fin. Il fallait bien m‘y  résoudre. Mon père m’accompagna dans l’avion je choisis mon fauteuil, coté hublot, il m’aide à   sangler ma ceinture de sécurité comme s’il présentait  qu’il ne me reverrait plus. Il e sera longuement l main e me dit : «  Ma fille, bonne conduite et bon travail ». Il se tint dans l’embrassure de la porte de sa haute stature (il était grand et robuste), puis tourna  les talons pur disparaitre à jamais ». Aminata Barry en 1969, apprendra par la radio la condamnation à la peine capitale de son père, alors qu’elle réparait son baccalauréat au lycée John Fitzgerald Kennedy de Dakar : « La radio captée sur Conakry fit le reste, les nos étaient égrenés en boucle. Moi qui ne savais même pas que mon père était arrêté  et que le pire lui était arrivé. Je m’écroulais sur les  sur les marchés escarpées à mes rompre le cou. J’étais inconsolables »  son père  disparu, sa mère est surveillée dans tous ses mouvements à Conakry. La bonne élève en deuil de son père n’aura le bac qu’à la session suivante. 

Aminata Barry quitte Dakar pour l’université d’Abidjan. Elle y étudie, y trouve du travail, s’ y marie. Et ce jour que la même radio qui a annoncé  la mort de son papa, annonce que le responsable suprême de la révolution guinéenne est mort. «  Ce jour-là ; j’étais malade et alitée chez moi avec une fièvre de cheval. Ma fièvre chute d’un coup, preuve que le psychisme commande le physique, je me mis à pleurer, à hurler, mes nerfs se lâchaient. Je ressentais une délivrance comme pour un accouchement. Je pouvais enfin rentrer  en Guinée, l’espoir était permis désormais », explique l’auteur dans son livre. De retour au pays natal, depuis 1986, Aminata Barry est notaire à Conakry, bardée d’une maîtrise et d’un DEA en Droit privé.

Du témoignage vécu Lamine Kamara, rescapé du Camp Boiro, son livre : « Guinée, sous les verrous de la révolution », n’est pas passé inaperçu. L’auteur explique : « C’est une autobiographie romancée. Comme la plupart des jeunes du pays, je croyais à l’époque à la révolution.  A ma grande surprise, je fus arrêté, mis en prison et  torturé.  On m’arraché des aveux qu’on a publiés dans la presse avec ma photo qui sur la couverture  de mon livre. J’ai fais sept ans en prison. J’ai été  arrêté à Conakry, on m’a transféré à Dabola puis au camp militaire de Kankan et à Kindia où j’ai passé le plus  grand nombre d’années de prison. Je décris dans le livre l’atmosphère qui prévalait  avant mon arrestation, les conditions dans lesquelles j’ai été arrêté, celle dans lesquelles ma famille a été   traitée et mon père pour lui extorquer des confirmation, mon séjour en prison et ma libération au moment où le pays était toujours sous la dictature ».

La Lance