mardi , 4 octobre 2022

« Si les dirigeants de ce pays se mettent à mentir c’est grave », dixit Aboubacar Soumah ex-maire de Dixinn

L’ancien patron de la mairie de Dixinn, a lors d’une conférence de presse ce Samedi 28 avril, dénonce le manque « d’indépendance de la justice guinéenne dans sa plainte pour excès de pouvoir déposée, il y a un an, à la cour Suprême contre un décret du chef de l’Etat. Aboubacar Soumah qui se réclame toujours maire de Dixinn, a donné sa  part de vérité sur les circonstances de son éviction de la mairie et la dissolution illégale du conseil communal.

Selon lui, c’est en février 2006 que l’exécutif communal de Dixinn ( dirigé à l’époque par Yamoussa  Yans Sylla et lui-même Aboubacar Soumah maire adjoint), fut installé. Après le décès de M. Sylla en décembre 2010, M.Soumah l’a remplacé suite à une session extraordinaire du conseil communal. Le ministre de l’Administration du territoire a, dans une lettre de mission « N 26 du 15 février 2011 », demandé à l’inspecteur général de la décentralisation, Mohamed Deen Camara  de procéder à l’installation du nouveau maire. Une semaine plus tard, l’inspecteur général Deen Camara et ses collègues sont suspendus puis révoqués de leurs fonctions pour avoir installer le maire.  « Nous avons compris que la Guinée qui a voulu renouer avec Etat de droit difficilement acquis, retombe malheureusement dans un Etat encore dictatorial, proteste M. Soumah. 

D’après lui, la motivation de ce décret est matériellement et juridiquement inexacte. « La commune de Dixinn que je dirige n’a pas vu un seul auditeur, n’a pas vu un seul inspecteur », se défend M. Soumah qui se dit victime de sa conviction politique. «Le PUP, lors des élections présidentielle 2010, a décidé de soutenir l’Alliance Cellou Dalein président. En tant qu’élu de ce parti, responsable de ce parti, discipline, je ne peux qu’appliquer  la décision de mon parti.  Je ne crois pas que cela  soit un crime, un choix politique ! Il faut que toute la Guinée soit dans le RPG ? », Interroge-t-il.

Alors, enchaine le maire destitué, « si c’est le cas, nous revenons encore dans le parti-Etat que nous avons connu pendant la première République. » l’ancien maire regrette la lenteur de la machine judiciaire. «  Malheureusement nous avons déposé la plainte ( NDLR à la Cour suprême), ça fait près d’un an. Demain dimanche 29 avril, ça ferait un an.  Au niveau de la Cour Suprême, après un an de démarches, ils l’ont finalement programmé ».

Répondant au Ministre de l’intérieur qui l’oriente vers le tribunal de travail » pour le jugement de l’affaire, Aboubacar Soumah émet des doutes  et met en garde : «  Je regrette ! Celui qui fut le premier le ministre de décentralisation en Guinée, ignore les textes que lui-même avait élaboré à cet effet, parce qu’il était le ministre du président de Lansana Conté. (…)Si ceux qui veulent gérer ce pays se mettent à mentir, à diviser les fils de ce pays, c’est grave ! Et s’il continue (NDLR : le ministre  Alhassana Condé), je porterai plainte contre sa personne ».

Aboubacar Soumah déclare par ailleurs n’éprouve aucune peur face aux menaces de mort e aux intimidations  dont il se dit victime, pour avoir attaqué en justice un décret présidentiel. Même pas après cette conférence de presse à laquelle n’ont pas prit part ses avocats. Toutefois, M.Soumah se dit confiant quant à l’avenir. « J’ai pris des avocats parce que la loi guinéenne l’exige, sinon je n’en ai pas besoin ».

Le Populaire