samedi , 1 octobre 2022

Boké, la ville-hôte en chantier

La ville de naissance du président Alpha Condé va accueillir les festivités du 2 octobre prochain. Coup d’œil sur une cité en chantier.

Zone d’exploitation de bauxite abritant la première compagnie minière du pays, la CBG (Compagnie des bauxites de Guinée) implantée à Kamsar et ayant un site d’exploitation à Sangarédi, Boké est une zone minière par excellence. Elle est surtout une parfaite harmonie avec les autochtones, des populations venues de toutes régions du pays : Nalous, Mikhiforè, Landoumas, Bagas, Diakankés, Peulh, Soussous, Malinkés, Guerzés, Kissiens etc.

Le centre-ville bénéficie d’un lotissement irréprochable qui date de la période coloniale. C’est là que se trouvent logés l’essentiel des services administratives, les banques et les établissements commerciaux. Le reste est composé d’édifices semblables à ceux d’un gros bourg vieillots. Les chefs d’œuvre d’architecturaux  sur lesquels bâtiments datant de la présence française. Les rues sont séparées des habitations par des trottoirs. Contrairement à Conakry, ici les immondices ne squattent pas les rues. Les rares allées revêtues de goudron sont celles reliant la ville aux sites de la CBG.

En face du bloc administratif où se trouvent les bureaux du gouvernorat et de la préfecture, on perçoit les reste du bâtiment brûlé faisant office d’agence de la BICIGUI (la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de Guinée). A côté de ce spectacle désolant, le marché fait son plein tous les jours. Marchandises importées du marché de Diawbhé (en Guinée Bissau) et les produits locaux (huile de palme, le bora-mâlè ou riz étuvé, le maïs, le fonio, etc.), on en trouve tout ou presque. La nuit tombée, le Tout-Boké dort dans l’obscurité.

Les rares lucioles perceptibles sont celles alimentées par les groupes électrogènes des débits de boissons et des auberges. Dans leur majorité, les ménages vivent dans le dénuement total avec l’espoir que les chantiers de la fête de l’indépendance vont résoudre leurs besoins en eau courante et en électricité. En attendant l’amélioration de l’adduction d’eau ou l’avènement de la saison pluvieuse, la plupart des robinets sont à sec. Les habitants puisent leur ration quotidienne dans les puits. Mais, l’eau n’est pas toujours comestible. Aux alentours de concessions où sont creusés ces puits, la poussière soulevée par les travaux de construction des canaux le long des artères inachevés, rougie l’eau.

Les ouvriers recrutés hors de Boké pour la plupart, tendent la main à leur employeur qui tarde à les satisfaire, faute de déblocage de fonds, apprend-on. La ville de naissance d’Alpha Condé choisie pour abriter la fête de l’indépendance est en chantier. Une commission d’organisation a été constituée. Autorités publiques et membres d’associations de ressortissants de la région s’activent chacun de son côté, pour rendre la fête belle. Au milieu des bâtiments coloniaux et des constructions anarchiques qui peuplent la ville, plusieurs chantiers sont ouverts. Une agence de la Banque Centrale et un hôtel de grand standing sortent de terre. Les insignes du constructeur GUI CO PRES sont visibles à l’entrée  du chantier de l’hôtel en construction sur la rue de Réné Caillé. Il est prévu que ces ouvrages seront achevés pour recevoir les hôtes de marques lors de la célébration de la fête du 2 octobre.

Par contre, le célèbre musée régional et le Centre culturel n’ont  pas encore commencé à faire leur toilette, mais la route principale reliant la capitale Conakry à la ville-hôte, est en plein chantier. Les travaux de construction de la route Boffa-Kollaboui avancent à la grande satisfaction des autorités. Pour parer à toute éventualité, des fils du terroir, bien nantis, ont songé à faire construire des villas cossues et à rénover celles qu’ils en ont déjà dans la ville, afin de les rendre plus accueillantes. Ce décor contribuera à l’améliorer la capacité d’accueil en matière d’hébergement.

Au moins pour le temps des festivités.

 

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