jeudi , 23 septembre 2021

RDC: Matata Ponyo, nouveau Premier ministre de rigueur pour relever le pays

Le nouveau Premier ministre de la République Démocratique du Congo (RDC) Augustin Matata Ponyo, ex-ministre des Finances réputé gestionnaire rigoureux, va devoir répondre à une forte demande sociale dans un pays doté de richesses naturelles mais où deux tiers des habitants vivent dans la pauvreté.

Annoncée mercredi soir à la télévision nationale à la mi-temps d’un match de football européen, la nomination de M. Matata Ponyo met un terme à une longue incertitude, près de six mois après les élections chaotiques de fin 2011 remportées par le président Joseph Kabila et sa majorité.

Le chef de l’Etat a choisi un technocrate de 47 ans, spécialiste de politique monétaire et financière, ancien cadre de la Banque centrale du Congo. Il a dirigé de 2003 à 2010 le Bureau central de Coordination (BCeCO), organisme crée avec l’appui de la Banque mondiale pour gérer les financements extérieurs consentis au gouvernement.

Miraculeux survivant d’un accident d’avion à Bukavu (est) en février dans lequel un très proche conseiller du président Kabila a été tué avec notamment les deux pilotes, M. Matata Ponyo a désormais devant lui la lourde tâche de mettre en oeuvre le programme du chef de l’Etat pour son second mandat de cinq ans.

Nommé ministre des Finances en février 2010, Augustin Matata Ponyo est parvenu à stabiliser le cadre macro-énonomique de la RDC, et a contribué à l’obtention en juillet 2010 de la réduction de la dette du pays de 12,3 milliards de dollars, dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

La rare note discordante à son actif aura été lors de la mise en place en début d’année de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui a connu quelques ratés avec une courte poussée de l’inflation. « Très discret, introverti », il aura été comme ministre « un homme de dossier très pointu, très rigoureux, extrêmement sévère autant avec lui-même qu’avec ses services, très exigeant sur les recettes publiques. Il était très à cheval sur les décaissements, ce qui provoquait souvent la colère » de ses collègues, a commenté le député Lambert Mende, ancien porte-parole du gouvernement.

Dans son discours d’investiture, Joseph Kabila avait dit avoir « reçu 5 sur 5 » le message des électeurs qui réclamaient une « action urgente » sur « le chômage, les revenus des ménages, la satisfaction des besoins sociaux de base, la salubrité de nos villes, les conditions de vie dans nos villages et la distribution de la justice ».

Pays grand comme près de quatre fois la France, le plus peuplé d’Afrique centrale avec près de 68 millions d’habitants, la RDC dispose de nombreuses richesses naturelles (minerais, bois, cours d’eau…) mais ses infrasructures sont délabrées, son indice de développement humain est le plus bas — deux tiers des habitants vivant avec avec 1,25 dollar par jour — et elle cumule les mauvaises notes pour la corruption ou le climat des affaires.

« Si les réformes sont établies vigoureusement, si la stabilité du cadre macroéconomique est maintenue, si le climat des affaires s’améliore, il y a un boom économique qui peut se réaliser, et dans cinq ans on peut réduire tout au moins de 20% le niveau de pauvreté », assurait en début d’année Augustin Matata Ponyo.

Membre du parti présidentiel, moins politique que ses prédecesseurs, le Premier ministre « s’attachera davantage à la réalisation d’objectifs qu’à la gestion de buts politiques: Il dispose de la confiance du président et son agenda sera celui fixé par ce dernier », estime un diplomate pour qui cette nomination est « un signe positif ».

AFP