mercredi , 5 octobre 2022

Guinée-Sierra Léone : le différend frontalier demeure toujours

Au cours de la 4ème réunion  de la grande commission  mixte guinéo-sierra léonaise qui s’est tenue les 27 et 28 mars dernier à Freetown, la question frontalière relative au village de Yenga s’est posée. Suscitant un débat houleux entre les deux parties.

 

La partie léonaise voulant coûte que coûte que cette question soit  résolue entre le ministre guinéen de la Coopération Internationale, Dr Koutoub Moustapha Sano et le ministre léonais  des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, M. Joseph Bandabla Dauda. Toute chose  que la partie guinéenne a jugée impossible,  selon elle, cela ne relèverait pas de sa compétence.

 

«  N’eut été le fait de la colonisation on aurait appartenu au même  ensemble. Mais puisqu’il y a eu colonisation, il y a eu partage  de territoire, des Guinéens ou des Sierra Léonais se sont retrouvés  dans l’un ou dans l’autre ville. C’est ça la réalité d’aujourd’hui », a rappelé Abdoulaye Fofana, directeur de cabinet du ministre guinéen de la Coopération Internationale. Mais, ajoute-t-il, « je voudrais, en tenant compte de cette réalité, vous dire que la partie guinéenne a proposé la tenue d’une réunion le 15 avril prochain à Conakry dans ce cadre ». Devant l’insistance de la partie léonaise pour la résolution immédiate de cette question, le directeur de cabinet a précisé qu’au cours  d’une réunion, généralement, les deux parties se concertent.  Mais, dit-il, « ce n’est pas une partie qui propose et l’autre dit, j’accepte d’emblée ». Pour marquer notre bonne fois, a poursuivi M. Fafona, par  rapport à cette question, « sans se référer à Conakry, le ministre (Coopération Internationale, Ndlr), s’est engagé  au nom du gouvernement, à ce que la réunion que vous demandez se tienne ».

Toutefois, il ajoute : «  Et quand on dit réunion, je crois aussi qu’il y a un ordre de jour. Mais, a réunion que vous demandez à Conakry va servir à quoi ? Parce que si on a dit qu’il y a des revendications, on a proposé qu’il y ait  un mémorandum fait par la partie Sierra Léonaise qui évoque tous les points de propositions pour le règlement ces deux questions. Ce mémorandum va être soumis aux plus hautes autorités après quoi une décision finale sera prise pas les deux parties.»

Pour, encore une fois, rafraichir les mémoires, l’orateur rappelle que lors de la récente visite du Président léonais Dr Ernest Bai Koroma,  à Conakry, la question Yenga a été posée. Et de rapporter les propos du président guinéen Alpha Condé à ce sujet en ces termes : « Je suis prêt à signer toute proposition que mon frère Ernest Bai  va faire dans ce sens avec les yeux fermés».

Pour chaque prise de décision, selon M.Fofana, il y a des instances. « Acceptez et admettez que cette instance de la Commission  mixte n’est pas celle désignée et qualifiée pour discuter de ces questions-là », a-t-il insisté. Précisant, encore une fois, que dans un document de procès verbal pour une Commission mixte, « on ne peut imposer des  échéances pour des  discussions  qui ne sont pas finalisées». « J’ai été un peu surpris qu’on parle encore de Yenga aujourd’hui. Parce qu’un communiqué conjoint avait été signé en 2005 entre les ministres de l’intérieur Sierra léonais, M. Thomas et Guinéen, M. Kiridi Bangoura», s’étonne, pour sa part, un membre de la délégation  guinéenne. Rappelant que ce communiqué conjoint avait consacré la souveraineté totale de la Sierra Léone  sur Yenga. Je voudrais, dit-il  souligner que la Guinée n’a jamais occupé une partie quelconque de Yenga. Mais là où il y a le problème, c’est la colline où se trouve le PA militaire de quatre à cinq éléments. Une présence purement symbolique, estime cet intervenant.

Expliquant que c’est ce qui est mal perçu. Or, explique-t-il, « il se trouve qu’entre le fleuve Makona (Guinée) et le  village de Yenga (Sierra Léone), il y a une distance de 1800 m. Et la colline sur laquelle se trouve le PA militaire est à 350m du fleuve ». De son point de vue, les questions de frontières se traitent avec les ministres en charge des frontières. «  En Guinée tout comme en Sierra Léone, les questions des frontières sont confiées aux ministres  en charges de l’intérieur. C’est pourquoi juge-t-il, il serait mieux d’attendre la réunion de Conakry pour que ces questions soient débattues par les autorités compétentes ».   

La République