dimanche , 9 mai 2021

Editorial- Quand un ministre saborde la République! (La Vérité)

Très chers lecteurs, il est de notoriété que votre journal ‘’la vérité’’ ne rédige pas souvent des éditoriaux. Mais quand les valeurs et vertus cardinales de la République sont menacées, quand la grande entreprise du nouveau régime est en train d’être sapée dans sa fondamentalité, quand l’honneur et la dignité sont foulés au pied par ceux-là même qui doivent en faire l’apologie et montrer l’exemple, ‘’la vérité’’ trouve alors impérieux d’user d’un éditorial pour alerter et aviser l’opinion publique nationale et la haute autorité étatique.

Dans le cas présent, il s’agit – et, croyez-m’en, les mots ne sont pas utilisés à la légère – d’un ministre de la République, investi des plus grands pouvoirs liés à la souveraineté de l’Etat, qui s’écarte de sa mission régalienne, dévalorise sa fonction et compromet toute l’action gouvernementale placée sous le sceau du changement, essentiel dans l’application de la politique du président de la République et de son vaste programme pour un développement harmonieux. Ce ministre, ministre d’Etat en plus, qui est à la tête du département très névralgique et stratégique de la Sécurité et de la Protection civile, se révèle être aujourd’hui un homme dangereux, s’il n’est le plus dangereux, pour la IIIème République.

L’on se demandait pourquoi le général de corps d’armée Mamadouba Camara – qui s’est octroyé le surnom très populaire de Toto (le môme le plus ignare de la classe) – répétait à l’envi qu’il se fiche pas mal qu’on le débarque du gouvernement car il a fini d’assurer l’avenir de ses enfants et qu’il a suffisamment épargné pour être avec le reste de sa famille à l’abri du besoin pour le restant de sa vie. On le comprend aujourd’hui que lui et les scandales font la paire comme mari et femme. Il en traîne autant que les affaires se déroulent dont celle qui nous préoccupe ici. Et qui concerne la production de documents d’identification et de voyage biométriques et électroniques (passeports, cartes d’identité).

Nous ne reviendrons pas sur l’historique qui a conduit à la mise en place depuis 2003 d’un système mondial d’identification auquel la Guinée a adhéré, nous expliquerons simplement que le contrat avait été octroyé en 2009 à OBERTHUR Technologies, la grande société mondialement reconnue dans la production de documents d’identification et de matériels fiduciaires. Cette société avait déjà installé des équipements High Tech d’édition des passeports à Coléah que le véreux Toto visitera d’ailleurs et trouvera satisfaisantes et en conformité avec les normes internationales admises en la matière. OBERTHUR livrera tous les documents en 2010. Surgissent alors deux sociétés méconnues dans le domaine et qui s’intéressent à ce marché.

Les documents d’OBERTHUR sont stockés et le fameux Toto, qui s’y connaît en la matière, s’investit dans un périlleux exercice de profit ping-pong entre les deux nouveaux postulants : Africard Guinée et Multimedia Glory SDN.BHID. Le ministre d’Etat, dans un premier temps, donne son aval à Multimedia puis aussitôt après résilie le contrat au profit d’Africard avant de le redonner dernièrement à Multimedia. C’est d’ailleurs avec escorte et sirène que le signor Toto et sa signora iront accueillir les fameux Malaisiens à l’aéroport. Non seulement, il engage l’Etat dans ses correspondances où pue l’arnaque mais cette fois-ci il est allé fort, trop fort même en procédant au nom du Premier ministre pour déclarer que le marché a été officiellement adjugé à Multimedia et lui emménager une audience chez le PRG. Pendant ce temps, OBERTHUR subit des préjudices inestimables.

Ceux qui ne connaissent pas bien Toto (nous parlons du généralissime) vont se dire qu’il a été induit en erreur ou qu’il est manipulé. Faux ! C’est plutôt lui qui manipule son petit monde assisté de sa douce moitié et entouré de son staff constitué entre autres de Fodé « Chapô », Mohamed Gharé et Diarra de la salle informatique connu sous le pseudo de ‘’Chinois’’. De ce qui précède et de ce que l’on sait du Général Mamadou Toto Camara, il apparaît clairement que ce monsieur n’a d’officier supérieur que le grade mais pas la dignité qui sied au rang. Nous n’irons pas jusqu’à le déclarer humainement indigne mais toute la Guinée a assisté à son humiliation en direct sur le petit écran au cours d’un des fameux Dadis Shows.

Humilié par des qui auraient pu être ses enfants : Konaté et Dadis, Toto n’a pas réagi et a plutôt augmenté de zèle. Nous n’aurions pas parlé de cet aspect de sa personnalité s’il n’était pas officier supérieur et ministre d’Etat, la dignité et la réserve devant déterminer toute son attitude, en tout temps et en tous lieux.

Mais c’est tout comme si Toto, devenu trop riche, s’était fixé pour objectif de saborder la République pour se rapprocher de ceux qui rêvent et souhaitent un échec de Alpha Condé ou être démis de ses fonctions, même au motif de ‘’fautes lourdes’’. Cette décision revient au premier magistrat de la République. Tout porte à croire que cette affaire n’a révélé que certains pans, si fait que nous y reviendrons.


Bébel ( Le Journal La Vérité)

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