vendredi , 30 septembre 2022

Santé publique: La gratuité de la Césarienne est-elle effective?

Dès le lendemain de l’investiture du professeur Alpha Condé, le 21 décembre 2010, l’une des premières mesures prises, c’est la gratuité de la césarienne dans tous les hôpitaux publics.

Nous avons rencontré des patientes. L’une d’entre elles, Mariam Sylla, patiente à l’hôpital Ignace Deen nous confie: « Tout est gratuit. On m’a opérée sans que je ne paye aucun franc. Néanmoins j’ai acheté les produits prescrits selon l’ordonnance qui m’a été délivrée. Je dois souligner que parfois l’intervention se fait tardivement, alors que la patiente est presque épuisée. »

Mais pour ce médecin obstétricien à l’hôpital CHU Ignace Deen, qui garde l’anonymat: « Le retard dans l’intervention est dû au fait qu’il y a des étapes à observer. Ce n’est pas pour faire traîner des patientes. Le problème d’accouchement est tout un processus qui est un peu délicat donc l’on prend parfois tout le temps nécessaire pour voir d’abord si la femme peut expulser d’elle-même, avant toute autre intervention chirurgicale ».

Puis, il dira en substance  » ce n’est pas du tout facile, parfois il y a manque de matériels médicaux, les kits, les médicaments bref, toutes les conditions ne sont pas réunies comme dans les pays voisins.

Donc, si le gouvernement veut vraiment que ça se fasse de façon continue, il faudra nous apporter une mesure d’accompagnement, sinon il se peut que cette gratuité de la Césarienne s’arrête un beau matin indépendamment de notre volonté ».

A l’hôpital CHU Donka, comme à Ignace Deen, « Ici la Césarienne est gratuite, mais l’on fait payer 20.000 francs et deux morceaux de savons. Comme ils le disent, c’est pour laver les mains. Ensuite ils m’ont soutiré 30 000 francs guinéens pour « la visite du nouveau né », c’est-à-dire voir si le bébé n’a rien comme maladie. Le lit est gratuit, ce sont les médicaments qu’on achète » affirme cette patiente, Fatoumata Diallo.

Cependant, pour que la gratuité de la Césarienne soit effective au sein de nos  hôpitaux publics, les autorités doivent se pencher sur les mesures d’accompagnement, c’est-à-dire fournir des matériels, des médicaments qu’il faut pour ce genre de situation. En plus, le côté qu’il ne faut surtout pas négliger, c’est bien sûr le suivi, parce que beaucoup de projets et d’initiatives ont échoué dans notre pays.

L’on se rappelle fraîchement encore après la grève de janvier et février 2007, l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté avait autorisé la même chose, mais ça n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau.

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