dimanche , 9 mai 2021

« A mon tour de parler » de Ahmed Tidjane Souaré

« A mon tour de parler ». C’est le titre du livre de M.Ahmed Tidjane Souaré, ancien premier ministre.225 pages. Edité par la maison l’Harmattan. Fruit d’un entretien entre M.Souaré et Cheick Yérim Seck, de jeune Afrique.

 

Le dernier premier ministre de Lansana Conté a accepté de sortir de son silence ; un beau matin du 23 décembre 2008, le Général Président s’en allait une junte militaire s’emparait du pouvoir sans effusion de sang. M.Souaré et les membres de son gouvernement ont eu la sagesse de ne pas résister aux bouillants et nerveux pucthistes. Le chef du gouvernement et son équipe seront rudement interpellés sur un prétendu détournement de biens.

M. Souaré s’était fait oublier. Il a choisi un livre pour rompre le silence. ‘’ J’ai entrepris cet exercice après une longue méditation sur le binôme corrélatif de mon droit de parler et du devoir de se taire. Au bout de celle-ci les raisons de briser le silence l’ont emporté amplement et m’ont engagé dans le chantier dont mon tour de parler est le tout premier fruit’’. Il s’agirait là d’un premier jet, à confier à la postérité.

‘’Comme d’autre personnalités qui ont eu les responsabilités sous Conté, j’ai moi-même été arrêté, embastillé sans jugement pendant plusieurs jours sous l’accusation de mauvaise gestion du fonds minier quand j’occupais le poste de ministre des mines, des années auparavant. Libéré, j’ai pris l’option de garder la posture de silence pour laquelle j’avais opté depuis le lendemain de la disparition de Conté’’.

Son enfance, ses activités professionnelles, sa vie de famille, ses projets sont autant de chapitre de l’ouvrage. Son passage à la primature occupe des pages entières du livre.’’ Les finances guinéennes, pas plus que le pays lui-même était caractérisé par l’éternel recommencement du mythe de Sisyphe. Capable des meilleurs commencements, l’administration financière, ces dernières années a été animée par une haute expertise nationale et étrangère et a enregistré des performances, sans jamais remplir la plénitude de sa mission de service public : Promotion de la croissance et de lutte contre la pauvreté’’.

Le sociopolitique aussi ‘’ la Guinée, sur le plan socio logique (ne séparons pas ici, le social du politique) était ne nouveau fortement éprouvée. Le rêve entretenu en 2007 par l’élan du changement s’est brisé. Les effets de l’inflation galopante et l’accentuation de la pauvreté ont provoqué une rupture de confiance entre le gouvernement et les populations’’. M. Souaré évoque les problèmes qui rendent la Guinée difficile à gouverner. La crise économique, la crise sociale, la crise politique, tout le monde sait. Mais, peut-être, y irait-il moins, si on ne le redisait. A notre tour de lire.

Lu par La Lance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*