dimanche , 26 septembre 2021

Alhassane Souaré, DG de Horoya:  » La capacité de gérer les ressources obtenues a souffert de beaucoup d’insuffisances »

Récemment nommé à la tête du quotidien national d’informations générales Horoya, M. Alhassane Souaré, journaliste de son état et ancien de la maison, nous a accordé une Interview en ce début de semaine dans son bureau sis à Kaloum. L’homme, dans cet entretien, nous relate entre autres, la gestion d’alors de cet organe de presse qu’il juge catastrophique et  l’expérience qu’il compte y mettre pour donner à Horoya une crédibilité à l’image de plusieurs quotidiens de la sous-région. Exclusivité !

Aminata.com: Je rappelle que vous êtes Alhassane Souaré, journaliste et Directeur Général du quotidien national Horoya. Depuis quand êtes-vous à la tête de cet organe de presse publique?

Alhassane Souaré: Je vous remercie. Je suis à ce poste depuis le 3 mars 2011.

Aminata.com: Parlez-nous de Horoya et dites nous dans quel état avez vous trouvé cet organe à votre prise de fonction?

Alhassane Souaré: Avant de répondre, je vais remercier particulièrement le Président de la République, le Pr Alpha Condé pour m’avoir mis là. Je remercie également le ministre de l’information M. Dirius Dialé Doré qui a aussi eu confiance en moi. Horoya est un vieux journal de la nation. Il a une cinquantaine d’années d’existence.
Mais, depuis que Horoya est crée, il n’y a pas eu en fait une dynamique réelle qui l’amène à être comme les autres journaux ou quotidiens de la sous-région. Des efforts ont été consentis certes. De nombreux ministres qui sont vraiment investis pour que Horoya connaisse un élan nouveau. Nombreux ont été les directeurs qui se sont succédés à la tête de ce quotidien. Nombreux sont aussi ceux là qui ont voulu aussi que Horoya soit vraiment un bréviaire de l’information. Ces dernières années, Horoya est tombé dans une situation catastrophique; catastrophique parce que le mode de gestion n’a pas étévraiment opérationnel.

Cela était dû à l’incapacité de certains dans la structure de Horoya de gérer les ressources à la fois humaines et matérielles. Surtout les ressources humaines. Le problème de formation est toujours de mise. Il n’y a pas eu assez de programmes devant renforcer les capacités des journalistes en la matière. La capacité de mobiliser des ressources fait défaut. La capacité de gérer les ressources obtenues a souffert également de beaucoup d’insuffisances. Quand on  m’a nommé à la tête de Horoya, j’ai trouvé zéro franc dans la caisse.

Pourtant, Horoya est un quotidien. A chacune des éditions de Horoya vous trouvez au moins deux à trois pages de publi-reportages ou des avis divers, des annonces d’entreprises et même de l’Etat. Horoya a souffert aussi du manque de messagerie. Le système de messagerie qu’on a n’est pas du tout opérationnel, parce qu’il faut que Horoya soit lu partout et en même temps, comme le disait M. le ministre la fois dernière. Il faudrait donc qu’on mette en place un véritable mécanisme de gestion d’Horoya et que ce mécanisme là produise des effets positifs.

Aminata.com: Quelles sont à cet effet vos priorités?

Alhassane Souaré: C’est d’abord renforcer la capacité des journalistes, leur mobilité et renforcer le mode de gestion des ressources qu’on obtient. Voila mes deux priorités. Pour ce faire, nous avons mis en place un dispositif qui a produit un projet. Qu’est ce que c’est? Depuis toujours, Horoya n’a jamais connu un mode d’administration managériale comme si c’était une entreprise privée.
Or, le mode de management d’une entreprise privée peut être administré à un mode de gestion d’un établissement public et vous verrez que ça va marcher.

Nous avons mis en place ce mécanisme qui a produit un projet. Le projet va coûter plusieurs dizaines de milliards de nos francs. Nous allons le soumettre sous l’approbation de notre ministre, à des partenaires. A sa sortie de là, nous pensons qu’avec les partenaires, nous pouvons avoir Horoya à l’image de Frat Mat, à l’image de Soleil, à l’image de l’Essor, comme à l’image d’autres quotidiens que nous avons connus et qui, aujourd’hui, sont dans une position stratégique en matière d’information en Afrique.

Aminata.com: Qu’en est-il de la parution de Horoya? Est-ce vraiment de façon quotidienne comme son nom l’indique ou pas?

Alhassane Souaré: Horoya ne paraissait que de façon sporadique. Mais depuis le 3 mars 2011, Horoya parait tous les jours.

Aminata.com: Parlez-nous de façon approfondie du projet que vous comptez soumettre au gouvernement

Alhassane Souaré: Ce projet est basé sur le partenariat. Le partenariat veut dire quoi? Cela veut dire que chacun apporte quelque chose pour que Horoya prenne de l’envol. Vous verrez par exemple un partenaire qui va fournir par exemple des intrants. Vous verrez un autre qui va s’investir dans la formation des journalistes. Déjà un troisième qui va s’orienter sur l’équipement du parc informatique qui n’existe pas malheureusement, malgré tous les efforts consentis par Horoya. Le parc informatique est nul, il n’existe pas. Donc, on verra quelqu’un qui va dire par exemple, écoutez, il faut que nous mettions en place un dispositif pour rendre le siège de Horoya un siège vraiment digne du nom. Tu verras un autre partenaire qui va dire, nous, nous allons nous occuper de la messagerie ou bien de la mobilité. En tous cas, ce sont là les principaux axes de ce projet.

Aminata.com: En parlant justement du volet équipements, qu’est ce qui vous manque aujourd’hui dans vos locaux?

Alhassane Souaré: Le mobilier et l’immobilier à la fois. Quand vous voyez par exemple la salle de rédaction, c’est une porcherie. Ce n’est pas la salle de rédaction d’un journal. Nous avons trop de problèmes liés à la communication interne. C’est-à-dire on est obligé de prendre une clef USB, la brancher sur une machine, tirer un fichier, brancher la même clef ailleurs etc…. Or, on a pas besoin de ça maintenant. On a besoin de transmettre l’information de façon interne sans pour autant souffrir de montée et descente au quotidien. Nous avons aussi des problèmes liés au déplacement des journalistes, Horoya n’a pas de véhicules, Horoya n’a  pas de motos, pas de vélos. Or, il faut trouver. Et pour trouver, il faut aller là où ça se trouve. Là où la porte s’ouvre, il faut entrer dans cette maison. Et le partenaire a de l’argent, de l’expérience, beaucoup de possibilités qu’il peut offrir.
Tout cela, afin que Horoya puisse trouver le minimum pour être au moins au diapason des autres journaux de la sous-région.

Aminata.com: Quels sont les sentiments qui vous animent après votre nomination au poste de directeur général du quotidien national?

Alhassane Souaré: Je suis très heureux; très heureux parce que c’est une jeune génération qui vient d’être promue par le Président de la République. Je suis très heureux parce que c’est une fierté de diriger le quotidien national. Je suis encore très heureux parce que je suis le fruit de plusieurs écoles à la foi. Je suis le fruit de plusieurs expériences, je suis le fruit de plusieurs formes de rapports, de vie commune, ça me rend fier.

Cette fierté, je voudrais la partager avec tous les amis, ma famille surtout. Mais, je voudrais que cette fierté soit le support du progrès de Horoya, pour que la confiance qu’on a porté en moi soit le reflet de la capacité que je peux faire pour tirer Horoya de l’ornière.

Aminata.com: Et si on vous demandait la touche particulière que vous comptez y mettre?

Alhassane Souaré: Mon expérience et l’expérience des autres. Un seul individu ne peut rien faire, il faut mettre une synergie, savoir que la convergence d’idées fait une éclosion de bonnes choses. C’est cela ma conviction.

Aminata.com: Votre mot de la fin

M.Souaré Alhassane Souaré: Merci à tous. Quand j’ai été nommé j’ai vu combien de fois la presse guinéenne, publique et privée à la foi, a réagi. Cela m’a donné vraiment à réfléchir. Elle m’a rendue un hommage extraordinaire. Je ne savais pas que j’étais aussi adulé par les journalistes. Cela a fait l’unanimité, j’ai vu les titres des journaux, j’ai vu les sites, j’ai écouté la radio, regardé la télévision. C’est une fierté, c’est une lourde responsabilité.
Donc, je veux mériter cette confiance là. Je vous remercie.