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Au Mali, le président sortant est candidat à sa réélection

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Élu en 2013, Ibrahim Boubacar Keïta ambitionne d’intensifier son combat pour la moralisation de la gouvernance, ainsi que de sécuriser le pays. Il affrontera une quinzaine d’adversaires pour le premier tour prévu fin juillet.


Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé lundi officiellement sa candidature à un second mandat lors de l’élection du 29 juillet, où il affrontera au moins une quinzaine d’adversaires. «Aucune ambition personnelle ne m’habite, aucune volonté de durer ne m’anime», a assuré Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, élu en 2013 pour cinq ans, invoquant son désir de «servir au mieux le Mali en ces heures où les incertitudes ne sont pas encore totalement levées».

«Voilà la raison pour laquelle je me porte candidat à la présidentielle», a-t-il ajouté, après avoir défendu son bilan, dans une allocution diffusée à la télévision publique ORTM, quelques minutes après l’annonce de sa candidature par le compte Twitter officiel de la présidence.


Les efforts «pour mettre fin aux dérives nées de la corruption, de l’arbitraire et de l’impunité» n’ont pas été totalement couronnés de succès, a reconnu lundi soir Ibrahim Boubacar Keïta. «Je prends donc l’engagement d’intensifier mon combat pour la moralisation de la gouvernance malienne.»

Depuis plus de deux mois, des coalitions de dizaines d’associations et de partis de la majorité ont proclamé leur soutien à la candidature d’Ibrahim Boubacar Keïta, mais lui-même ne l’avait pas encore officiellement annoncée.


Sécurité et réconciliation

«En tête des priorités, je placerai la sécurisation de notre territoire national», a déclaré le président sortant, en reconnaissant que «les conséquences de la crise de 2012 ont été certainement plus profondes et la lutte contre le terrorisme beaucoup plus complexe que nous ne l’avions estimé».

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida. Ces groupes ont été en grande partie chassés et dispersés par une opération militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes.


Le président sortant s’est également engagé à relever le triple défi «de la restauration de la paix, de la reconquête de l’unité et de la réussite de la réconciliation nationale». Sur ce dernier point, il s’est référé à la «Charte issue des travaux de la Conférence d’entente nationale», qui lui a été remise le 20 juin 2017, deux ans jour pour jour après la signature de l’accord de paix par l’ex-rébellion à dominante touareg.

Cette charte «préconise des actions vigoureuses et précises que j’entreprendrai dans les plus brefs délais», a assuré Ibrahim Boubacar Keïta, promettant «des décisions courageuses et novatrices». Il avait déjà évoqué dans son message de fin d’année une future loi «d’entente nationale» exemptant de poursuites «tous ceux impliqués dans une rébellion armée», à condition qu’ils n’aient «pas de sang sur les mains».
Une quinzaine d’adversaires

Sur sa route, il retrouvera le chef de l’Union pour la République et la démocratie (URD), Soumaïla Cissé, battu au second tour en 2013, qui a reçu la semaine dernière le soutien d’une autre formation d’opposition, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) de l’ex-ministre Tiébilé Dramé. L’ancien premier ministre Modibo Sidibé (2007-2011), arrivé quatrième en 2013, retentera également sa chance.

Ibrahim Boubacar Keïta devra également affronter son ex-premier ministre Moussa Mara, ses anciens ministres Mohamed Ali Bathily et Housseini Amion Guindo, qui s’est déclaré dimanche après avoir démissionné en mai de l’Education nationale, ainsi que Dramane Dembélé, «investi» samedi par une frange de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), deuxième parti de la majorité.


Ces candidatures s’ajoutent à celles du maire de Sikasso (sud), Kalifa Sanogo, du richissime homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo, de l’ancien ministre et militaire Moussa Sinko Coulibaly, de deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné et Hamadoun Touré, ou encore d’Oumar Mariko, du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), au nom de la «bonne gouvernance».