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Zimbabwe: du limogeage du vice-président à la détention du Mugabe

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Rappel des principaux développements au Zimbabwe de la destitution du vice-président Emmerson Mnangagwa, il y a dix jours, à l'annonce de la détention de Robert Mugabe par l'armée, qui a pris le contrôle de la capitale Harare.



Le limogeage de M. Mnangagwa, longtemps présenté comme le dauphin de Robert Mugabe, a provoqué une crise ouverte entre le président et le chef de l'armée. Il a été interprété par l'opposition comme une manoeuvre destinée à ouvrir la voie à la Première dame pour succéder, le moment venu, à son époux, âgé de 93 ans.

- Le vice-président limogé -


Le 6 novembre, Robert Mugabe limoge "avec effet immédiat" Emmerson Mnangagwa, après des semaines de tensions au sommet de l'Etat entre le vice-président et Grace Mugabe.

"Il est devenu évident que son comportement dans l'exercice de ses fonctions est devenu incohérent avec ses responsabilités officielles", affirme le ministre de l'Information Simon Khaya Moyo.

La veille, Grace Mugabe avait annoncé qu'elle était prête le moment venu à succéder à son mari, et que le parti au pouvoir allait bientôt changer ses statuts pour qu'une femme soit vice-présidente.

Le 7 novembre, le Chronicle, un quotidien d'Etat, accuse M. Mnangagwa de comploter en vue de "s'emparer du pouvoir".

- Défi au couple Mugabe -


Le 8 novembre, Emmerson Mnangagwa annonce avoir quitté son pays en raison des "menaces incessantes", mais promet de défier Robert Mugabe et son épouse. "Le temps est venu de dire non aux demi-dieux et personnes qui sont autocentrées et ne pensent qu'à elles-mêmes et leur famille".

La Zanu-PF (au pouvoir) "n'est pas votre propriété personnelle ni celle de votre épouse", lance M. Mnangagwa, promettant de "revenir au Zimbabwe pour diriger" le parti.

Selon ses proches, Emmerson Mnangagwa a fui le Zimbabwe pour l'Afrique du Sud.

Dans la soirée, la Zanu-PF annonce son expulsion, sur décision "unanime" du politburo, l'organe suprême de décision du parti.

- Mise en garde du chef de l'armée -
Le 13 novembre, le chef de l'armée, le général Constantino Chiwenga, adresse une mise en garde sans précédent au parti de Mugabe, dénonçant l'éviction du vice-président. "La purge actuelle qui vise clairement les membres du parti (...) doit cesser immédiatement". "Nous devons rappeler à ceux qui sont derrière ces dangereuses manigances que lorsqu'il s'agit de protéger notre révolution, l'armée n'hésitera pas à intervenir", menace-t-il.

M. Mnangagwa, qui a reçu le soutien des anciens combattants de la guerre d'indépendance au Zimbabwe, entretient des liens étroits avec les militaires, étant à la fois un ancien ministre de la Défense et un ex-patron des services secrets du Zimbabwe.

- L'armée contrôle Harare -


Le 14 novembre, la Zanu-PF affirme que les critiques du chef de l'armée étaient "clairement destinées à perturber la paix nationale (...) et démontrent une conduite relevant de la trahison".

Quelques heures plus tard, un convoi de blindés est observé en mouvement près de la capitale. Des échanges de tirs nourris sont entendus près de la résidence privée de Mugabe à Harare.

Dans la nuit, des officiers annoncent être intervenus pour éliminer des "criminels" dans l'entourage du chef de l'Etat et démentent toute tentative de coup d'Etat.

Le 15 novembre, l'armée prend le contrôle des rues de la capitale.

Un communiqué de la présidence sud-africaine indique que Robert Mugabe a affirmé au téléphone à son homologue sud-africain Jacob Zuma qu'il était "détenu à son domicile" par l'armée mais "allait bien". L'Afrique du Sud dépêche deux envoyés spéciaux au Zimbabwe.