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Ouganda : emprisonnée pour une "paire de fesses"

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Stella Nyanzi a été arrêtée dans la nuit du vendredi 7 avril par la police en Ouganda. L’universitaire et militante des droits civiques est poursuivie pour outrage public à la personne du Président et son épouse.


Les charges contre la militante ougandaise sont tombées lundi 10 avril en début d’après midi. Il est notamment reproché à l’activiste d’avoir qualifié le président Musevini "de paire de fesses".

L’accusation porte à sourire, mais elle est bien réelle. Jugeant ces propos "obscènes et indécents", la Cour a même ordonné un examen des facultés mentales de l’enseignante-chercheure qui serait "à l’origine de la décadence morale du pays".


En Ouganda, comme dans beaucoup d’autres pays du continent, de nombreuses jeunes filles sont déscolarisées car victimes des moqueries de leurs camarades aux moments de leurs menstruations à l’école. Trop chères, les protections hygiéniques sont souvent inaccessibles pour les foyers modestes. Pour endiguer ces discriminations, le président Musevini s’était engagé pendant la campagne pour l’élection présidentielle de février 2016 à distribuer des protections gratuites dans les écoles du pays. Un an plus tard, la Première dame revient pour la première fois sur le sujet en tant que ministre de l’Education . Le 15 février 2017 devant l’assemblée ougandaise, Janet Museveni juge le projet de distribution de serviettes hygiéniques irréalisable pour des raisons financières.

La réaction de Stella Nyanzi ne se fait pas attendre. La militante lance dès le 30 mars une collecte de fonds pour réaliser la promesse non tenue et distribuer elle-même les protections hygiéniques pour jeunes filles.