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Oumar Ould Hamaha, chef d’état major général du MJUAO: « Si la CEDEAO ne prend pas garde, nous frapperons partout »

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Dans cet entretien inédit après plus de dix jours de silence et d’absence de Gao, l’enfant d’Araouane et chef d’état major général du MUJAO explique les raisons et s’en prend vertement aux services secrets français, nigériens, mauritaniens et maliens d’avoir distillé ce genre d’information.


 

Avec le verbe qu’on lui connaît, M. Oumar Ould Hamaha de son vrai nom alias « Hakka », met une fois de plus en garde contre toute tentative d’invasion des trois régions qu’ils occupent (MUJAO, Ançardine et AQMI) qui sont tous pareils sans leur consentement. Il égrène l’armada militaire qu’ils ont acquise et insiste sur le fait que MUJAO, Ançardine et AQMi, c’est la même entité. Entretien.

Mali Demain: Comment expliquez-vous les folles rumeurs qui vous donnait « mort au cours de combat avec l’armée nigérienne » ? Qu’est ce qui s’est réellement passé ?


Oumar Ould Hamaha : Ce n’est pas vrai, j’étais parti en famille pour cause de fête. C’est de la manipulation pure et simple. Nous sommes habitués à ce genre de stratégie. Pour preuve j’échange avec vous. Nous avons compris le message. C’est le travail des services secrets français, algériens, nigériens, mauritaniens et maliens. Si non, nous n’avons rien à voir avec le Niger. Comme vous le savez chacun de nous a une famille. Les émirs rendent visite à leurs parents. Donc, j’étais sorti du réseau pour voir des parents et amis. Sinon, il ne s’est rien passé entre nos troupes et l’armée nigérienne. Nous ne partons pas là-bas. J’ai aussi entendu comme vous que j’étais mort au cours de combat. C’est faux !

Comment se porte votre mouvement ?


Il se porte bien. Nous continuons la pratique du Jihad. Cela en permanence autant que la situation nous l’exige. De nos jours, tout va bien. Et rien ne manque ici : la vie est moins chère. Les prix des produits sont abordables. La vie s’améliore dans l’équité, le respect et la solidarité. Il n y a pas de ségrégation. Nous sommes vigilants par rapport à tout cela pour éviter des abus.

Nos sources font état de dissidence entre vous ténors du mouvement. Quand est-il ?

Il n y a aucune dissidence en notre sein. Au contraire nous sommes soudés et sommes en mouvement permanemment à travers le grand désert. Je veux dire à travers les 2/3 du Mali nous les contrôlons. Nos Moudjahidines sont présents à travers les 2/3 du territoire du Mali. Notre combat, c’est l’au-delà pour vivre en paix.

Quand est-il de la traque contre le MNLA ?

Elle se poursuit. Et si après la leçon qu’on leur a infligée à Gao, ils veulent revenir encore, nous leur donnerons une autre plus retentissante que la première. Aussi, le même message s’adresse à la CEDEAO qui veut envoyer ses troupes que nous ne sommes pas prêts à recevoir. Elles ne sont pas la bienvenue.

Quel commentaire faites-vous du gouvernement du Dr Cheick Diarra 2 ?


Comme je l’ai toujours dit que notre présence au Mali, c’est pour la prospérité, la sécurité de nos frères maliens et de l’humanité toute entière. Pour ce qui est du gouvernement de Diarra, il rappelle que chaque roi qui vient fait plus de mal que de bien. Mon point de vue n’est pas positif car c’est un gouvernement fragile qui n’a aucun but. Il ne fera pas mieux que ses prédécesseurs. C’est un gouvernement ségrégationniste. Nous ne le recevrons pas à bras ouverts puisque d’entrée il a été formé sur la ségrégation parce qu’il n y a pas représentants dignes des populations des trois régions : Touareg, Peulh, Sonrhaï ; Arabe. Il n y a aucun représentant au sens vrai du terme. En clair, c’est un gouvernement qui représente les intérêts des occidentaux. Donc, il est composé de mécréants à l’image de la France. Mieux, le discours du PM a été plus explicite car il dénonce l’application de la «charia » qui existe dans les trois régions mais que nous ferons dans tout le reste du Mali. Cette prise de position du PM ne cadre pas avec la nôtre. Nous sommes et nous nous battrons pour l’islam avec l’application de la « charia ».

Comment jugez-vous la position de l’Algérie dans la crise malienne ?


L’Algérie adopte jusqu’à preuve du contraire, une position de sagesse tenant compte de son expérience contrairement aux autres pays. Nous ne l’a mettons pas en garde. Vous savez que l’Algérie est le seul pays qui n’est pas corrompu et une meilleure politique. Au MJUAO, nous sommes pour la « charia ». Il est vrai que l’Algérie se méfie de nous. Mais si elle nous attaque, nous riposterons. Nous sommes prêts à frapper là où elle s’attend le moins.

Est-ce à dire que le gouvernement ne s’entend pas avec vous, les Moudjahidines marcheront sur Bamako ?


Dieu merci, nous pouvons marcher sur Bamako pour montrer aux autres pays le bon exemple en matière de gouvernance, de sécurité, d’équité, de pardon et d’humanisme. En tout cas, c’est ce qui existe présentement dans les trois régions que nous contrôlons. En tout cas, le Sud ne pourra pas nous donner de leçon sur ce plan. Il faudrait d’ailleurs que le Sud prenne l’exemple sur nous au nord. Vous savez, nous n’avons pas besoin de conquérir le Sud par les armes car avec nos Notables, nos Dogon, Peulh, arabe, et autres ethnies, sommes des frères, des musulmans, nous nous entendrons.

Et si la médiation échouait et que l’armée devrait venir vous chasser de vos positions, avez-vous les moyens de la contrer ?

L’armée peut venir. Elle nous trouvera ici fin prêts à en découdre. Si tel sera le cas, rien ne nous empêchera de prendre Bamako en vingt et quatre heures (24heures). Comme vous le savez, le pouvoir ne nous intéresse pas. Pour quoi la France ne vient pas récupérer ses otages que nous détenions ?
Nous sommes prêts avec nos batteries, missiles (américaines, Russe, Chinoises, Libyennes, Françaises…) qui sont placés à toutes nos frontières. Nous avons plus de 20 000 missiles, des B30- 106- 14-106. Nous ne blaguons pas !
Aussi, sachez que la population ne reconnait plus l’armée malienne et sommes prêts à frapper à Koulouba. Nous pratiquons une guerre sainte. Nous ne sommes pas des rebelles. Nous sommes des hommes de Dieu. Renseignez-vous au près des otages que nous venons de libérer. Ils en savent quelque chose. Sachez que nous sommes des autochtones.

Etes-vous prêts pour le dialogue avec le gouvernement ?


Il faut savoir une chose que le Nord n’est pas colonisé. Notre mission s’étendra à toute l’Afrique et dans le monde entier. Aucun gouvernement n’échappera pas. Sachez que nous sommes des autochtones. Ce qui se passe est une guerre d’abord nationale. Souvenez-vous des attentats du 11 septembre aux USA. Et si la CEDEAO ne prend pas garde, nous frapperons partout.
En ce qui me concerne, je ne suis qu’un élément du MUJAO qui se soumet à Dieu. Pour moi, le chien aboie, la caravane passe. En tout cas, nous sommes prêts à recevoir la CEDEAO, le Niger et autres pays même Occidentaux.

Comment voyez-vous l’avenir du Mali ?

Il dépendra de ce que Dieu nous prédestinera. Ce qui devra être clair : il n’est pas possible qu’un croyant s’unisse à un mécréant. Nous ne nous unissons pas aux mécréants. Ce qui compte c’est d’être des musulmans.

Quel appel avez-vous à lancer ?


D’abord je tiens à dire que je fiers et digne d’être malien. C’est un appel de fraternité que je lance à tous mes frères afin que nous nous unissons à même puisque c’est l’au-delà qui nous intéresse. Surtout, ne pas se laisser submerger par les occidentaux. Il faut être digne. A la CEDEAO je leur dirai que nous avons plus de 15 000 hommes équipés bien formés comme des lions pour les accueillir. A l’armée malienne je dirai qu’elle a failli en ne payant pas les droits des familles orphelines de soldats morts au combat. Pour nous, le Jihad est une obligation divine que nous mènerons avec la grâce de Dieu. Aussi, nous apprenons ça et là que le MNLA prétend revenir, cela ne nous ébranle pas. Ils peuvent rêver. Ils nous trouverons là bien en place.

Mali Demain

Cellou Dalein Diallo : «Alpha Condé est un stalinien. Il aime exercer le pouvoir lui seul, dans la plus grande opacité»

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Entre le président Alpha Condé et l’opposant Cellou Dalein Diallo, l’adversité est si tenace que les deux hommes ne tarissent pas de propos acerbes pour se régler les comptes dès que l’occasion se présente.

« Je suis assez satisfait du tour que prennent les choses en Guinée.» dixit Bertrand Cochery, Ambassadeur de France en Guinée

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Depuis l’installation d’un président élu il y a plus de 18 mois, la Guinée s’évertue à réactiver et intensifier ses relations avec l’ensemble de ses partenaires au développement.

Interview - Mamadou Thiam parle de la gestion de nos mines et des 25 millions USD de Palladino

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Après un long silence, l’ancien ministre des Mines, Mammouth Thiam nous a accordé une interview dans laquelle il s’exprime sur des sujets relatifs à nos grises mines, comme c’est la convention de crédit entre l’Etat guinéen et Palladino portant sur le fameux prêt de 25 millions de dollars ricains prétendument pour la SOGUIPAMI.

« Avec la corruption, rien ne sera possible dans notre pays », Diaby Kalifa Gassama, président de l'ONDG

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Dans cette interview, Diaby Gassama Khalifa, juriste et président de l’Observatoire national pour démocratie en Guinée, porte son regard sur la situation sociopolitique. Il se prononce sur la sortie du président de la République le samedi 2 juin dernier et donne son point de vue sur la mission de la Francophonie. Il s’est ensuite exprimé sur la perspective de la marche annoncée par le Collectif et l’ADP et sur sa vision pour la Guinée.



L’Indépendant : En tant qu’observateur de la démocratie dans notre pays, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la situation sociopolitique de la Guinée ?


Diaby Gassama Khalifa : Je pense comme tous les Guinéens que la situation sociale et politique est crispée. Elle est tendue et cela préoccupe tous ceux qui se battent ou ont le souci de l’avenir serein pour notre pays. Sans la dramatiser, la situation nous préoccupe et nous espérons que la conjugaison de différents efforts, qu’ils soient internes ou externes, doit nous permettre de sortir la Guinée de la crispation.


Quel bilan tirez-vous de la mission de la Francophonie en Guinée qui s’inscrivait justement dans le cadre de la décrispation de la situation actuelle ?



Pour le moment, je n’ai pas le rapport de la mission. Ce que je peux dire, pour l’heure donc, c’est que je souhaite la réussite de celle-ci. Puisque c’est quelque chose qui sera bénéfique à la Guinée et aux Guinéens. Il serait souhaitable qu’entre Guinéens, nous soyons responsables à travers la solution à nos problèmes. Cela est difficile actuellement et c’est vraiment déplorable. C’est un constat. S’il y a une mission extérieure, nous ne pouvons que lui souhaiter toute chance et toute réussite dans ses différentes entreprises.


En public et de façon solennelle, le président Alpha Condé a, le samedi dernier, défendu son ministre de l’Economie et des Finances et condamné les présumés auteurs de la tentative de détournement. Le Chef de l’Etat guinéen ne serait-il pas allé trop vite en besogne ?


Je voudrais moi-même éviter d’aller trop vite en besogne. Je n’ai pas l’habitude de me prononcer sur ce genre de dossier. Et surtout, je n’ai pas les tenants et les aboutissants de cette affaire. Ce que je peux dire d’une part, ce qui ne doit pas être accepté dans un système de gestion qui se veut responsable, donc démocratique, un système qui doit agir selon les lois dans le respect de l’intérêt général, c’est que la corruption soit une pratique admissible. Sur ce principe-là, il me semble que la lutte contre la corruption doit être au cœur de notre processus de démocratisation. Puisque avec la corruption, rien ne sera possible dans notre pays. Donc qu’il y ait l’expression d’une volonté politique de sanctionner, évidemment par la loi où des auteurs ont été juridiquement condamnés. On ne peut pas accepter dans un Etat qui se démocratise, l’irresponsabilité et que le manque de sanction soit un mode de gouvernance. Je voudrais aussi rappeler qu’il y a deux niveaux de sanction. Il y a des accusés qui bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’ils soient définitivement condamnés par une institution judiciaire ; il y a aussi la sanction politique. En démocratie, il faut savoir dissocier les deux niveaux de sanction. Lorsque quelqu’un a une responsabilité publique, il a de facto la responsabilité morale du bon fonctionnement de son service. En cas de dysfonctionnement, il est attendu, évidement, après que les faits ont été établis, qu’un certain nombre de sanctions politiques soient exercées, posées. Sans sanction, on ne peut pas espérer en Guinée une gouvernance qui soit transparente, responsable et qui soit bénéfique au peuple de Guinée. Il faut donc sanctionner, soit sur le plan politique, soit sur le plan juridique, puisqu’en démocratie, toute responsabilité correspond à une sanction. A partir du moment où les faits de tentative de détournement de milliards de francs guinéens sont établis, il faut des sanctions.


Comment voyez-vous l’avenir de la Guinée ?


Je suis de nature foncièrement optimiste. Sans perdre ma lucidité, sans perdre mon constat selon lequel nous avons dans notre pays des difficultés économiques et sociales que nous ne pouvons ignorer. Ceci dit, conscient de la difficulté de tout processus de démocratisation, je suis toujours mesuré face aux problèmes. En effet, il faut garder le courage et la détermination pour que les problèmes qui se posent puissent trouver des solutions à condition que les différents acteurs y soient disposés et constructifs d’une certaine sérénité, mais aussi de sincérité pour aborder un certain nombre de désaccords ou de difficultés. C’est difficile et complexe, mais il faut qu’on ait le courage de regarder notre réalité en face. Il faut qu’on ait la détermination de ne pas échouer dans ce processus de transition. Il faut aussi qu’on ait la capacité d’analyser, de ne pas limiter nos analyses sur des effets, que nous ayons le courage d’aller chercher les causes qui nous amènent inlassablement dans des crises conjoncturellement. Certes, il y a des problèmes, mais nous devons garder espoir de les surmonter afin de sortir la tête haute. Le président de la République qui est la seule institution démocratique du pays doit être capable de trancher un certain nombre de problèmes. Il doit prendre des décisions dans l’intérêt général des Guinéens et de la nation qui pourront permettre de sortir de l’impasse. Les autres acteurs aussi devront pouvoir renouer le dialogue.


Le Collectif et l’ADP menacent de marcher prochainement à Conakry alors que certains militants de cette opposition sont en procès au Tribunal de Première instance de Dixinn. Qu’en dites-vous ?


Par principe, nous défendons toujours la liberté de manifester. Maintenant, il faut qu’on soit en mesure de conseiller sur un certain nombre de concepts et principes sur notre réalité. En effet, il faudrait que les différents acteurs évitent d’entrer dans un cycle infernal dans le cadre des manifestations, des contre-manifestations ou des manifestations qui débordent. Nous transférons des problèmes politiques vers le terrain juridique. Le droit ne saurait trancher un problème politique. C’est pourquoi nous plaidons pour que ce cycle infernal s’arrête parce que lorsque vous arrêtez des militants politiques, même s’il y a un certain nombre d’infractions avérées, vous les arrêtez dans l’exercice de leurs activités. Il est cependant important aujourd’hui de sortir les débats de la rue vers un espace plus serein, plus lucide où on pourrait échanger, débattre dans le respect des uns et des autres afin de trouver la solution à nos problèmes.

Source : L'Indépendant

Interview - Bertrand COCHERY, ambassadeur de France en Guinée : « L'une de mes priorités, c’est d’aider la Guinée à régler des problèmes hérités du 20ème siècle »

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Il est arrivé en Guinée le 8 février dernier. Le nouvel Ambassadeur de France en Guinée, M. Bertrand COCHERY a été conseiller à Conakry de 1996 à 1999. Ce diplomate aguerri n’est donc pas à son premier séjour dans ce pays. La rédaction du Nimba a eu un entretien avec lui le 25 avril dernier pour échanger sur sa mission et également les changements intervenus en Guinée.

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M. Harry Snoeck fait office à la fois du Directeur-adjoint du Département Afrique du Fonds monétaire international et Chef de la Mission guinéenne du FMI. Le 20 avril dernier, il a bien voulu nous recevoir à son Bureau de Washington, pour justement parler des relations entre son institution et la Guinée. C’était à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque Mondiale. Notre entretien exclusif.

Cellou Dalein Diallo : "Le boycott des élections législatives sera actif"

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Battu au second tour de la présidentielle guinéenne, Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG, est l'un des opposants les plus intransigeants. En particulier pour ce qui a trait à l'organisation des législatives.