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Riposte à Ebola: ‘’notre philosophie est d’amener la médecine là où elle n’est pas, en tout lieu, à tout moment’’ (Dominique PARZY)

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Dominique PARZY, Fondateur K-Plan
Echantillon d'un labo mobile K-Plan
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La France, par le biais de K-Plan, société spécialisée dans le développement de solutions de biologie médicale, vient de doter à la Guinée deux laboratoires mobiles pour la riposte à Ebola. Ces labos ont été déployés dans les Centres de Traitement Ebola de Beyla et Kérouané qui sont respectivement gérés par l’ONG WAHA, et la Croix Rouge Française. Pour en parler du fonctionnement et des enjeux des laboratoires mobiles, M. Dominique PARZY, Président Directeur Général de K-PLAN, répond aux questions de kaloumpresse.com.

KALOUMPRESSE.COM
: Quelle est la particularité des Laboratoires mobiles de K-Plan ?
Dominique PARZY: Les laboratoires K-Plan, ce sont des laboratoires ultra-mobiles. C’est-à-dire, ils sont capables d’être déployés et opérationnels en moins d’une heure arrivée sur le site. Ils sont transportables de tous moyens de transports : avion hélicoptère, camionnette, bateau. Ça leur permet d’aller en tout lieu à tout moment.

C’est qui est important, quand on a développé ces matériels, c’était de pouvoir les manipuler en toute sécurité aussi bien pour les manipulateurs auprès des échantillons, sachant que les prélèvements sont effectués à l’extérieur. Il y a tout le matériel qui permet de faire l’analyse, de l’incubateur tri gaz, qui est une PCR (analyse moléculaire). Il est totalement autonome, parce qu’il est intégré sur un groupe électrogène qui est lui aussi assimilé au laboratoire. Ce Laboratoire n’a pas besoin d’infrastructure autour de lui lorsqu’il va sur un site à court terme. C’est-à-dire qu’il intègre tous les couvercles, des sous-ensembles en forme de tables, des sièges pour pouvoir travailler, le tout, transportable par quatre personnes.

Quelle est la vocation majeure de ces laboratoires mobiles ?

La vocation de ces laboratoires c’est de pouvoir se déplacer de zone en zone, tout en pouvant s’y être statique. Le but que nous avons, c’est de pouvoir travailler en accord avec les grands laboratoires qui se trouvent dans les grandes zones urbaines en synergie. Il ne faut pas supprimer les grands laboratoires, parce que c’est l’ensemble des structures qui répondront réellement aux problèmes de santé de l’ensemble des pays. C’est-à-dire, des structures fixes, importantes dans les grandes zones urbaines où les populations sont concentrées, et les structures mobiles et qui peuvent être aussi statique sur une zone, de manière à ce que, si on a un foyer sur une zone, qu’on arrive à le traiter tout de suite.

Depuis quand ces Laboratoires sont arrivés en Guinée ?

A ce jour, deux laboratoires sont déployés sur le territoire national guinéen. Le premier qui est déployé au centre de traitement Ebola de Beyla (CTE) est fonctionnel depuis le 21 février dernier ; le second qui est déployé au CTE de Kérouané est entré en fonction cette semaine.

Quel est le coût de ces matériels ?

Ils sont financés par le ministère des affaires étrangères français. Je ne suis pas habilité à répondre cette question…. L’accord qu’on a aujourd’hui avec le ministère des affaires étrangères français, c’est que nos experts suivent ce personnel et les laboratoires pendant une mission d’un an. Ce qu’on aime, par vocation, c’est d’accompagner les utilisateurs de nos matériels, et accompagner les autorités et les institutions dans le cadre de l’utilisation de ces laboratoires.  Bref, notre philosophie est d’amener la médecine là où elle n’est pas, en tout lieu, à tout moment.

Quel est le nombre du personnel qui s’occupe de ces Laboratoires mobiles ?

Les équipes de biologistes de ces Laboratoires sont constituées de biologistes guinéens, africains et français. Les guinéens qui sont sélectionnées ici, sont formées à l’utilisation du laboratoire dans nos locaux à Marseille, par nos experts en biologie, soit en virologie, en parasitologie ou en bactériologie, et qui ont une vision large et qui travaillent depuis plus d’une vingtaine d’années en Afrique, en Europe et en Asie.

Actuellement, il y a deux biologistes de la République démocratique du Congo à Beyla, et aussi des biologistes français dont une était avec le biologiste guinéen sur le site de Kérouané.

Combien de temps prendra entre l’examen et les résultats du test ?
Le temps de l’examen, entre le prélèvement qui arrive jusqu’au résultat, ça prend trois (3) heures. Ce qui, par rapport à ce qu’on a pu entendre, aujourd’hui, les temps d’attentes sont largement réduits. Puisque par le passé, on pouvait attendre entre 24 à 48 heures pour avoir les résultats. Je pense que c’est une avancée, et c’est très bien.

Est-ce que d’après vous, l’arrivée de ces labos n’est pas tard sachant que plus de 2000 guinéens en sont morts d’Ebola ?
Je laisserai les autorités locales répondre à cette question, mais je dirai, mieux on arrive tôt, mieux c’est. S’aurait était bien qu’on arrive en novembre 2013. Je pense par contre qu’il n’est jamais trop tard.

Alors, quels sont, d’après-vous  les enjeux principaux de ces labos ?
Il y a deux enjeux principaux qui sont d’égale importance : le premier, c’est de mettre fin à l’épidémie d’Ebola et le second est de mettre en place des structures afin d’éviter que cette épidémie puisse reprendre.

Mettre fin à l’épidémie d’Ébola, veut-dire, faire du diagnostic au plus près du patient sans être obligé de déplacer, de manière à faire le diagnostic le plus près possible, pouvoir les traiter, les isoler, et mieux, de pouvoir trouver même le dernier porteur du virus afin d’éviter que l’épidémie reparte.

Mettre fin à l'épidémie : identifier, en tout lieu, y compris très retiré, les individus infectés par le virus. Ces individus doivent être isolés et pris en charge dans les meilleures conditions possibles ; ils doivent recevoir les soins justifiés par leur état et les proches qu'ils laissent éventuellement en difficultés doivent être aidés.

Une relation de confiance avec les personnels de santé où les agents prennent en charge les patients et leurs familles doit s’établir. Pour cela, il faut démystifier les centres de traitement Ebola. Que ces centres deviennent maintenant des centres d’espoir.

Il faut que la population se les approprie.  Pour cela il est important de communiquer avec les communautés et les enfants  qui sont un vecteur important de cette appropriation, et c’est la raison pour laquelle des cahiers et des stylos K-Plan seront distribués aux enfants situés près des Centre de Traitement Ebola équipés de laboratoires K-Plan. Ces Centres doivent devenir des Centres d’espoir, ce qui sera d’autant plus réel si l’on y traite l’ensemble des pathologies.

Propos transcris par Aliou Diallo