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Trafic de lance-pierres importés : Un septuagénaire épinglé au marché Madina

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C’est le résultat d’une longue enquête. Elhadj Boubacar Sow est un commerçant opérant dans la vente de lance-pierres depuis 2010, dit-il aux enquêteurs des Services spéciaux de la présidence de la République chargés de la lutte contre la drogue et le crime organisé.

 

Les potentiels clients d’Elhadj Sow «sont les agronomes pour la chasse d’oiseaux dans leurs champs respectifs». Le septuagénaire mis en cause dit s’en remettre à la volonté des autorités. Il en appelle à ses collègues vendeurs de s’éloigner du trafic des lance-pierres. Et pour cause? Lors d’une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations opposant la Guinée au Ghana, suite à un délestage du courant électri-que, des jeunes surexcités ont investi les rues.


Dans la foulée, un colonel en charge des pensions militaires a été atteint à la tête au niveau de Bonfi, à bord de son véhi-cule alors qu’il ralliait son domi-cile. L’officier
a succombé à ses blessures peu après. Son présumé assassin n’a pas été identifié, encore moins l’arme qui a tiré.


Le commandant Lancinet Kourouma était témoin de la malheureuse scène qui a coûté la vie à son ami. C’est pourquoi il s’est réjoui de ce coup de filet réussi par les agents des Services spéciaux.


Pendant les manifestations politiques ces dernières années, les lance-pierres ont fait beaucoup de victimes dans les rangs des agents des forces de l’ordre. Ils restent une arme très redoutable en ce sens qu’elle est silencieuse, donc, peut être utilisée dans la plus grande discrétion sans que l’utilisateur ne soit identifié. Et récemment à Boké, un policier a perdu un oeil sans que son agresseur ne soit identifié.


L’homme porte une infirmité permanente désor-mais. Une importante quantité de lancepierres importés a été présentée à la presse ce mercredi 10 janvier
à Conakry. La saisie de ces armes blan-ches et silencieuses s’est faite au grand marché de Madina.


Une opération des agents des Services spéciaux, de la lutte contre la drogue, les crimes organisés et de l’Office de répression des délits économi-ques et financiers.


Sur les circonstances de cette saisie, le commissaire de police Kaba Kourouma, chargé des enquêtes auxdits Services, il a été instruit à un agent habillé en civil d’aller faire une com-mande de 60 lance-pierres. Sans chercher à connaitre le profil de son ‘‘client’’, Elhadj Boubacar Sow a sorti les marchandises. C’est lors donc de la livraison qu’il lui a été signifié qu’il est mis aux arrêts.


Par Mady Bangoura