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Lutte contre les malversations financières : Paul Moussa et Sékou Camara passent à la trappe ! (Par Saliou Samb)

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Le décret lu hier à la télévision d'état marque un tournant dans la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics en Guinée. Deux hauts responsables d'offices publics se sont retrouvés le nez dans le gazon suite à cette décision qui, en vérité, a surpris plus d'un.


On était habitués à l'impunité. On était rompus à la phraséologie insipide servie par des responsables qui ne se gênaient pas de rivaliser d'ingéniosité dans l'unique but de se présenter comme des oies blanches. On était surtout lassés de toute cette arrogance étalée au grand jour par des fonctionnaires ou, que dis-je, des individus cooptés à la volée, au détour d'un discours démagogique assaisonné d'une bonne danse du ventre.

Pour avoir trop cru au miracle des mots creux, à la puissance de la désinvolture, à la vertu de l'argent roi, l'ex directeur de l'Office Guinéen de Publicité (OGP), Paul Moussa Diawara, et son compagnon d'infortune, Sékou Camara (ex Directeur de l'Office Guinéen des Chargeurs, OGC), sont revenus à la dure réalité. Vilipendés. Jetés en pâture. Humiliés par un décret présidentiel et par la détermination d'un Premier Ministre, sans doute résolu à marquer son territoire. Qui l'eut cru ?

Sans sombrer dans le cynisme qui colle à notre profession où les amis se comptent du bout des doigts, on ne peut pas dire que ces deux là sont des victimes. Dans le silence glaçant des chiffres, les différents rapports "provisoires" ou définitifs ont fini de ruiner ce qui leur restait d'honneur. Dire que Diawara, dans un ultime élan d'orgueil, a voulu servir aux auditeurs d'une de nos radios locales une version politisée de ses déboires où, selon lui, le principe de double contrôle (commissaire aux comptes et inspecteurs généraux d'état) n'était dirigée que contre sa personne. Et puis quoi encore ? Les quelques minutes où nous avons eu le courage de l'écouter ont été si douloureuses pour ce qui étaient dotés d'un minimum de logique qu'on a préféré tourner le bouton, l'abandonnant à son juridisme affligeant. A côté, Sékou Camara de l'OGC, probablement conscient des trous mis au jour dans sa gestion, a heureusement eu le bon réflexe de ne pas trop s'agiter. Au finish, au pourrait même dire que si ce dernier a échappé au lynchage médiatique dans l'affaire Antaser, les casseroles qu'il traînait antérieurement ont eu raison de sa "résistance".

En définitive, quelle que soit l'opinion qu'on se fait de la lutte contre le pillage des ressources publiques dans ce pays, on ne peut que saluer la portée d'un acte qui, si la cadence est maintenue, pourrait contribuer grandement à changer les mentalités en Guinée. Tout en restant vigilant, bien entendu, en attendant que l'agent judiciaire de l'Etat joue sa partition, sans faiblesse ni faux fuyant.

Saliou Samb