Bannière
Bannière
Bannière

Hollande déroule le tapis rouge à Condé puis lui rappelle les règles du jeu

  • PDF

Le président français François Hollande a rappelé ce mardi à son homologue guinéen Alpha Condé, les raisons de la présence de la France en Afrique. Une précision qui sonne comme un recadrage pour le président Condé qui, le 29 mars dernier, à Abidjan, à l’occasion de la Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique, appelait ses homologues du continent à prendre de la distance vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale.

 

"Nous sommes encore trop attachés à la puissance coloniale. Il faut couper le cordon ombilical".

 

Ces propos du chef d'état guinéen, président en exercice de l'Union africaine, au bord de la lagune Ebrié fin mars dernier, ont trouvé une réplique au bord de la Seine à Paris en ce mois d'Avril.

 

En effet, François Hollande qui accueille son ami de longue date Alpha Condé n'est pas allé du dos de la cuillère pour rappeler que la France et l'Afrique doivent faire chemin ensemble.

 

Le président français qui s'est félicité de la visite symbolique du président de l'UA, a souligné de vive voix que son pays et le continent noir doivent s’atteler à la résolution des conflits et à l'éradication du terrorisme.


"Donner un sens à la relations entre la France et la Guinée"

 

François Hollande a dit vouloir imprimer une exemplarité aux relations existant entre les deux pays, la France et la Guinée. Surtout dans le domaine d'énergie renouvelable où la Guinée, selon lui, va être une référence.

 

Il a également fait mention des secteurs comme l'eau, les infrastructures, le développement durable, la santé et la recherche dans lesquels les deux nations devront développer des partenariats.

 

''Nous avons voulu avec la présence de Monsieur Alpha Condé, renforcer la présence de nos instituts de recherche (Institut Pasteur et l'IRD). Nous avons aussi voulu avec l'OMS, développer notre partenariat de manière à ce que les recherches vaccinales puissent progresser", a-t-il indiqué.

 

Pas de cordon ombilical

 

Ce 11 avril, à Paris comme partout d'ailleurs, l'arbre n'a pas caché la forêt. La réception organisée en toute pompe pour la délégation guinéenne n'a pas caché le sentiment de malaise qui règne à l'Elysée depuis que Condé a appelé dans la capitale ivoirienne à couper le cordon ombilical avec l'ancienne puissance coloniale.

 

Et le président Hollande n'a pas manqué de recadrer son "camarade" socialiste.

 

De ce fait, il a d'abord réitéré sa confiance au président Alpha Condé, en tant que chef de l'Union africaine, pour la résolution de la crise en République Démocratique du Congo.

 

S'il a clairement affirmé cette volonté, il l'a fait toutefois en insistant sur le désengagement de la France de la politique intérieure de l'Afrique comme il l'avait promis lors de la campagne présidentielle en 2012.

 

"La France vis-à-vis de l'Afrique, elle n'intervient pas comme une puissance tutélaire.Ce temps-là est terminé. La France n'intervient pas pour gérer ses propres intérêts. Elle a à faire valoir la qualité de ses entreprises", a-t-il rappelé.

 

Comme pour manifester sa désapprobation quant à la réprimande faite par Alpha Condé à Abidjan lorsque ce dernier reprochait à ses pairs africains d'être "trop attachés à la puissance coloniale", Hollande est revenu sur ce point.

 

"Elle (la France, ndlr) n'intervient pas pour faire infléchir ou faire changer des règles politiques ou des régimes électoraux. La France est en soutien d'Afrique parce qu'elle pense que ce continent a un grand potentiel, mais aussi des difficultés qu'il faut régler. Et que ce qui se passe en Afrique a des conséquences en Europe, ne serait-ce l'immigration, le terrorisme, l'instabilité".

 

Pour finir, François Hollande qui a préféré accorder la dernière visite d'Etat de son seul et unique mandat au président guinéen a souligné l'intérêt "commun" pour la France, l'Europe et l'Afrique d'agir pour le développement, la paix et la sécurité.

 

Par Mamady Fofana