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Labé : Une présumée victime de viol accuse la police de corruption

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Un présumé kidnappeur a été mis aux arrêts par des jeunes du quartier Pounthioun, dans la matinée du mardi, 06 mars 2018, aux environs de 10h TU, dans la Commune Urbaine (CU) de Labé, à quelques 50m du Commissariat de Police, rapporte le correspondant de l'AGP dans la préfecture.

 

''Moi, j'étais dans mon conteneur au bord de la route tout prés du Commissariat quand j'ai entendu un bruit. Il s'est trouvé que ce sont les jeunes du secteur qui pourchassaient un présumé kidnappeur d'une fille d'une vingtaine d'années. Je me suis mis dans la danse et le jeune avait été arrêté vers le terrain du Lycée, à quelques mètres de la Mosquée de Pounthioun. Après son arrestation, la police est venue lui récupérer'', a expliqué un jeune sous anonymat.

L’accusé présumé, Mamadou Moustapha aurait violé la fille à plusieurs reprises, l’a séquestré et menacé de bastonnade.

''Il m'avait dit de l'accompagner chez ces parents à Mali Yembéring (préfecture de Mali) la semaine dernière. A ma grande surprise, il m'a retenu contre mon gré cinq jours en me violant sans que même sa mère n'intervienne.

Le premier viol, il est venu vers moi. Et quand j'ai voulu m'opposer à son vœu, il a coupé mon fétiche à l'aide d'un ciseau et est passé à l'acte. Et donc, j'étais obligée de lui laisser faire ce qu'il veut, parce qu'il me menaçait de bastonnade'', a expliqué la fille victime.

''Une fois à la Police, il a reconnu qu'il voulait me vendre. Au téléphone, il m'a dit qu'il m'a acheté par le biais de ma sœur Halimatou et de son copain.

Ce jeune a volé mon téléphone et mes chaussures repose-pieds de couleur bleu. La Police m'a dissuadé de ne pas aller en Justice, sous prétexte que je n'ai pas d'argent pour financer un procès.

Lorsque les jeunes du quartier sont partis, son oncle et les policiers m'ont proposé de prendre cinq cent mille francs guinéens (500.000 GNF). Cette somme, disent-ils, s'est pour acheter des chaussures, un téléphone et louer une chambre comme mes parents ne m'acceptent plus chez eux.

En fin de compte, les policiers m'on donné trois cent cinquante mille (350.000 GNF) et ils ont encaissé les autres cent cinquante mille (150.000 GNF), oubliant le viol et les séquestrations, dont j'ai été victime'', a ajouté la plaignante.

A souligner, que ces informations ne sont qu'une petite partie des échanges que notre reporter a eus avec cette fille qui a requis l’anonymat.

Rencontré autour de ce sujet, le commissaire adjoint de la Police de Labé a affirmé, que son service n’est pas informé de cette situation.

 

AGP