jeudi , 13 août 2020

Le Stade de Nongo abandonné : Et si l’Etat résiliait le contrat d’Antonio Souaré ?

Fruit de la coopération sino – guinéenne, le Grand stade de Nongo est en réelle souffrance. N’étant  pas en mesure d’assurer les travaux de finition des ouvrages, les autorités l’ont cédé au PDG de la société Guinée Business Marketing, Mamadou Antonio Souaré, pour un contrat de bail de trente-et-trois ans. Cette convention de bail porte sur un montant de 54 milliards d’investissement évalués par GBM, le nouveau locataire. Le loyer à verser à l’Etat est fixé à 10% du revenu d’exploitation du stade. Les 90% devaient couvrir les charges d’exploitation du stade.

Si les autorités guinéennes savaient ! Depuis la signature de ce contrat, le Stade de Nongo n’a connu aucune couche de peinture à part les petits bricolages effectués à la veille de son inauguration (sans être homologué par la FIFA). Ce chef d’œuvre architectural tombe aujourd’hui en ruine. Hier flambant neuf, le Stade de Nongo est aujourd’hui envahi d’une broussaille. La clôture,  la piscine olympique, les hôtels, le super marché, les aires de jeux d’équipes, les extensions, les parkings et le canal d’évacuation des eaux n’ont pas encore vu le jour.

 Rappelons que la pose de la première pierre de ce stade avait été effectuée le 18 septembre 2007 par Lansana Kouyaté, Premier ministre du gouvernement de consensus de l’époque. La réception définitive du stade devrait intervenir trois ans plus tard le 26 mars 2010. Dix ans après le lancement des travaux, ce stade n’est pas encore dans les normes FIFA et de la CAF pour recevoir un match international. Laxisme  de l’administration ou manque de patriotisme ? Et quelle mouche a piqué les autorités guinéennes à bailler un tel bijou ?

 

Faut-il le rappeler, cette infrastructure majeure d’une capacité de 50.000 places assises, a coûté la bagatelle de 50 millions de dollars américains. Il représente en termes de coût unitaire, le plus gros projet jamais réalisé dans notre pays par la Chine, depuis l’établissement de nos relations diplomatiques en octobre 1959. Aujourd’hui abandonnées dans les mains de sieur Antonio Souaré, les installations existantes se dégradent faute de maintenance. Le domaine est envahi par les ordures. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide. Le Stade de Nongo gracieusement offert à l’actuel président de la FEGUIFOOT, est devenu le repaire des bandits ou tout simplement squatté par des sans domiciles fixes.

 

Un bijou architectural bradé !

 

Le stade de Nongo est d’une conception architecturale moderne. Innovation majeure, son implantation tient compte de la topographie du terrain, des vents dominants et du mouvement giratoire du soleil. De nombreuses études réalisées ont permis de définir précisément le projet, et en plus, plusieurs architectes chinois et guinéens ont participé à l’élaboration des avant-projets. Les plans architecturaux et les documents techniques du projet ont été signés le 24 décembre 2005, et celui relatif à l’exécution des travaux l’a été avec la compagnie adjudicataire, à savoir la Société Générale de Shanghai, le 12 décembre 2006 à Conakry. De conception avant-gardiste, ce stade se compose de trois parties essentielles : une tribune couverte par une coupole autoportante de 327 m de portée, ayant une structure mixte arquée construite en acier de triangle renversé et culminant à 51,5 m ; une tribune découverte  de trois niveaux dont la côte de sommet atteint 29,8 m ; enfin, deux tribunes latérales découvertes de deux niveaux dont la côte est limitée à 9,8 m. La superficie totale bâtie est de 34011 m2. A côté de ce temple du sport, un stade annexe et des parkings d’une capacité de 600 véhicules, devraient être réalisés pour compléter le dispositif. C’est ce patrimoine d’Etat qui a été bradé. S’il a eu le courage de prendre le stade de Nongo, attendons-nous à ce que cet insatiable homme d’affaire qu’est Mamadou  Antonio Souaré récupère le Palais des Nations. Et qui sait, s’il ne va tenter le diable un jour pour lorgner le Palais Sékhoutoureya ? Un Patrice Talon à la Guinéenne !

 

Avec cet abandon du Stade de Nongo, Antonio souaré a sevré les férus de football. C’est malheureux. L’état actuel de ce stade n’est guère à l’honneur du pays. Il doit être pris à bras- le- corps par le ministère des Sports qui d’ailleurs avait déjà menacé le PDG de GBM, lors d’un point de presse, de résilier son contrat si rien n’est fat d’ici là. Sinon la Guinée ne sort nullement grandi dans cette histoire. De bout en bout, vis-à-vis de nos partenaires chinois, elle n’a pas honoré ses engagements. Et vis-à-vis de l’Etat guinéen, Mamadou Antonio Souaré, PDG de Guinée Business Marketing  n’a pas jusqu’ici honoré ses engagements. Il n’est pas à la hauteur. Vite que le gouvernement résilie son contrat de bail ! Faute de quoi c’est le football guinéen qui tombe et l’espoir de voir la CAN se tenir sur le sol guinéen qui s’évapore.

In Le Journal d’Afrique (Hebdomadaire guinéen)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*