lundi , 26 octobre 2020

Dialogue bancal autour du processus électoral

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) déroule son chronogramme relatif à l’organisation du premier tour de l’élection présidentielle le 18 octobre prochain. Dans cette perspective, l’institution a tenu son premier Comité Inter-Parties (CIP) le vendredi 3 juillet, à Conakry.

En convoquant ce CIP,  espace de concertations des acteurs politiques, le but recherché par la Commission électoral était de parvenir à « un débat fructueux entre acteurs, sans faux-fuyant, et dans le respect mutuel ». 

Les débats devaient porter principalement sur le chronogramme du scrutin. Il s’agit en outre de prendre des dispositions relatives à la reconduction des membres des démembrements, mais aussi de poser des discussions sur l’épineuse question de révision des listes électorales. 

Mais cette première réunion du Comité Inter-Parties s’est déroulé dans une atmosphère moins rassurante. Et qui laisse présager des lendemains incertains pour le processus électoral guinéen.

En effet, si l’on trouvait dans la salle la Commission électorale et des représentants du  National Démocratic Institut (NDI) et  de l’USAID, de même que ceux des partis présents à l’Assemblée nationale et quelques diplomates, il convient de relever l’absence très remarquée de l’aile dure de l’opposition. Celle-là même que la voix compte si l’on veut processus électoral apaisé et crédible. 

Ni l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le principal parti de l’opposition, ni l’Union des forces républicaines (UFR) et ou encore le Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) n’a répondu favorablement à l’appel de la CENI et des partenaires américains du NDI et de l’USAID. Accrochés à leurs exigence que sont l’annulation des résultats des législatives controversées de mars dernier et la renonciation du président Condé à un troisième mandat, ces formations politiques ont tout simplement brillé par leur absence au coup d’envoi des réunions du CIP. 

Donnant ainsi un goût d’inachevé à ce processus pourtant indispensable pour un scrutin apaisé et qui constituait un premier test grandeur nature pour le nouveau président de la CENI Kabiné Cissé (Photo). 

En attendant le retour éventuel de l’opposition autour de la table de discussions, le statu quo démeure. D’autant que les opposants à Alpha Condé durcissent le ton et appellent de plus en plus à une reprise des manifestations pour faire plier le locataire du Palais Sèkhoutoureyah. 

Mamady Fofana

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