lundi , 26 octobre 2020

Koutoub Moustapha Sano éloigné des couloirs de la Présidence pour ses prises de positions ?

Auteur de nombreuses tribunes dans lesquelles il met l’Etat face à ses responsabilités de garantir la paix et la quiétude sociale, Koutoub Moustapha Sano a été remplacé lundi à son poste de Ministre conseiller à la Présidence chargée de la Coopération par l’ancien ministre de l’Energie Cheick Taliby Sylla.

Le décret du président lu tard dans la nuit du lundi ne donne aucune indication sur son éventuel point de chute. 

Koutoub Moustapha Sano était-il devenu très gênant dans les couloirs de Sèkhoutoureyah ? On peut être tenté de répondre à cette question par l’affirmative.

Ce technocrate, polyglotte et très introduit dans le monde arabe, ne tardait plus à prendre son stylo pour attirer l’attention des acteurs politiques sur la nécessité de renforcer la paix et l’unité nationale. 

Sa dernière sortie médiatique qui semble avoir scellé son sort date de mars dernier. A 48h du double scrutin (législatif et référendum) du 22 mars, l’homme  avait signé une tribune très critique à l’égard du pouvoir et de l’opposition. D’autres institutions de la République comme le Conseil économique et sociale, les coordinations de sages, y avaient aussi trouvé leur compte. 

Dans la tribune intitulée « A 48 heures du double scrutin et des manifestations, et si on donnait une dernière chance à la paix », Sano se disait « profondément écœuré » par la crise qui secoue la Guinée depuis le lancement du projet de révision de la Constitution.  « (…) Je suis intensément scandalisé par le refus catégorique de nos formations politiques et sociales opposées à toute forme de dialogue constructif et responsable, afin de régler leurs différends », disait-il. 

Estimant dans son analyse que les deux parties opposées ont lamentablement échoué dans leur tentative de convaincre la majorité silencieuse de la population du bien-fondé de leurs démarches, Koutoub Moustapha Sano, alors collaborateur du Président Alpha Condé, avait fini par inviter le pouvoir à reporter les élections controversées d’alors.  « Le pouvoir public devrait dignement accepter de REPORTER la tenue du double scrutin du 22 mars 2020, en vue de sauvegarder la paix, la tranquillité et l’harmonie d’une part, et d’éviter ainsi à la nation le chaos d’autre part. Oui, ce Report fera échouer piteusement l’ambition inavouée d’un groupe d’individus insensibles, mus par leurs seuls intérêts personnels et égoïstes », croyait-il fermement. 

En signant cette tribune, le Professeur Koutoub Moustapha Sano s’est-il montré un peu trop bavard vis-à-vis du régime du Professeur Alpha Condé ? De l’avis de bon nombre d’observateurs à Conakry, le divorce était déjà consommé. 

Mamady Fofana

 

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