jeudi , 22 octobre 2020

Le cafouillage inter-parlementaire qui fait rougir Damaro !

Le Président du Parlement guinéen, Amadou Damaro Camara, est très furieux. La raison, une invitation à la prochaine conférence mondiale des présidents de Parlements, prévue à Vienne, en Autriche, du 19 au 21 août, dont l’authenticité est déjà mise en cause. 

C’est un véritable imbroglio dans lequel le Président de la toute nouvelle Assemblée nationale est actuellement impliqué. Une cacophonie qui commence fin mai lorsque, recevant l’ambassadeur d’Egypte en Guinée, Amadou Damaro Camara, apprend qu’il est invité à la 5è Conférence mondiale des Présidents de Parlements. Une très bonne nouvelle pour les autorités guinéennes et pour Damaro qui conclut à une reconnaissance internationale affirmée vis-à-vis de son institution sortie des élections législatives controversées de mars dernier, dépourvue de tous les partis d’opposition crédibles. 

Outré par une telle démarche, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), adresse une correspondance à Gabriela Cuevas Barron, la Présidente de l’Union inter-parlementaire. Il explique le caractère « illégal » du Parlement guinéen actuel et les contours du vote qui lui a donné naissance.

La suite de ce courrier du FNDC est quelque peu surprenante. Le 3 juin, la patronne de l’Union inter-parlementaire répond au Coordinateur du FNDC, Abdourahaman Sano. Elle affiche son étonnement et nie avoir adressé une quelconque invitation à Amadou Damaro Camara et promet de faire ses vérifications auprès de son Secrétariat général.

Séance tenante, madame Gabriela Cuevas Barron interpelle son Secrétaire général Martin Chungong sur la question dans un autre courrier. « Je suis profondément préoccupée dans la mesure où je n’ai  adressé aucune invitation à Mr Amadou Damaro Camara de prendre part à la 5è Conférence mondiale des Speakers de Parlements », signifie-t-elle, tout en demandant à son collaborateur une copie de l’invitation si les faits sont exacts. 

Ces deux correspondances de Gabriela, adressées respectivement au FNDC et à son Secrétariat général basé à Genève, en Suisse, sont brandies par l’opposition guinéenne comme preuve réfutable du rejet par la Communauté internationale de l’actuelle Assemblée nationale. 

Un coup dur pour le pouvoir qui, par l’entremise de Damaro lui-même, prend son stylo et demande à l’UIP des explications. « Je vous saurais gré des dispositions pratiques et diligentes que vous pourriez faire prendre par vos services compétents pour faire toute la lumière sur cet imbroglio », conclut-il sa lettre. 

L’affaire suscite un réel malaise dans les rouages du parti présidentiel. A juste titre. Car la prétendue invitation était exhibée comme un véritable trophée de guerre. Une preuve que la Communauté internationale reconnaît le pouvoir législatif guinéen.

Nul doute qu’une partie de son avenir tient désormais à la réponse très attendue de la Présidente de l’Union inter-parlementaire. En attendant, le FNDC peut jubiler et crier victoire. 

Elie Camara

 

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