vendredi , 30 octobre 2020

Coronavirus: Alpha Condé surfe sur le faible taux de décès……..et pourtant

Dans son adresse à la Nation du vendredi 15 mai dernier, le Chef de l’Etat le Pr Alpha Condé s’est félicité du faible taux de décès dû au Covid-19 dans son pays depuis la découverte du premier cas le 12 mars dernier.

Celui-ci est estimé à 0,59% soit 14 décès sur un total combiné de 2500 cas. L’un des plus bas au monde selon le président de la république République.

Saisissant l’occasion, Alpha Condé a adressé des mots d’encouragement au personnel médical qui occupe la ligne de front face à l’ennemi commun qu’est le coronavirus.

S’il est indéniable qu’il faille se réjouir du faible taux de morts dans notre pays, on ne pourrait cependant pas en être fiers quant à la montée inquiétante et injustifiée du nombre d’infections.

A ce jour, notre pays enregistre 2658 cas, pour 1133 personnes guéries et 16 décès.

De l’analyse de nombre de ses concitoyens, le Président de la République en mettant en lumière le taux de décès – certes très bas- voudrait d’un tour de mains détourner d’attention de ses concitoyens sur le chiffre effrayant de plus de près 2700 cas.

Quoique très encourageant, ce faible taux de décès ne pourrait en rien mettre fin à la paralysie que connait le pays.

Bien au contraire, ce sont les contaminations tous azimuts qui aujourd’hui plombent notre économie à l’instar de tous les pays du monde, et modifient nos rapports entre humains.

La réalité est que le président cherche à étouffer cette gestion catastrophique du Covid-19 dont lui-même et son gouvernement se sont rendus coupables.

De nombreux témoignages rapportent que les premiers cas de Covid-19 avaient été découverts quelques jours avant la tenue des élections du 22 mars.

Alpha Condé, dans son souci de privilégier la tenue des élections couplées (référendum et législatives) a pris le risque de laisser la pandémie s’installer.

L’ANSS (Agence nationale de sécurité sanitaire) a elle aussi gravement pêché par la mauvaise gestion de cette crise dès le départ.

Ne comptant selon ses propres termes que sur la  »bonne foi » de plusieurs certaines de contacts, qui par la suite ont refusé de répondre à l’appel, elle a permis à nombre des personnes de continuer à répandre dans la cité le virus.

Il serait donc anormal et voire même indécent de surfer sur la généralisation de la maladie dans le monde pour justifier que la Guinée à l’instar des autres pays connaît cette situation sanitaire sans précédent.

Ce que certains feignent d’occulter, cest de reconnaître que fort de ce que nous avions vécu il y a juste quelques années avec Ebola, nous ne devrions pas être â ce niveau de contamination qui tend inexorablement vers 3000 cas. En si peu de temps.

Le Liberia et la Sierra Leone qui étaient avec nous les victimes malheureuses d’Ebola ne nous diront pas le contraire.

La question que l’on est maintenant en droit de se poser est de savoir comment arrêter cette avancée effrénée du cas de contamination, avant que le pire ne se produise. Bien malin qui pourra le dire.

Oumou Camara

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