jeudi , 6 août 2020

« Fixer le prix du carburant à 5000 francs est un faux débat »

Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a, jeudi, balayé du revers de la main toute possibilité de baisser le prix du carburant à 5000 francs guinéens comme le suggèrent de nombreux opposants. 

Les nouveaux tarifs des produits pétroliers sont entrés en vigueur le 1 avril dernier. L’essence et le gazole sont achetés désormais à 9000 contre 10 000 francs guinéens initialement. La mesure a suscité une vague d’indignations chez nombre de citoyens. 

S’exprimant une semaine après l’entrée en vigueur de la décision, le Chef du gouvernement a clairement mis un terme aux supputations. 

« C’est une appréciation donnée sur une base qui ne repose pas sur grand-chose. On doit savoir que le prix n’est pas simplement fonction du prix du baril. Parce qu’il y a le prix du baril c’est-à-dire le prix du brut et vous avez également le prix du produit raffiné. Et nous, nous commandons le produit raffiné et non le brut. Vous pouvez aller sur Google pour regarder les réalités et vous comprendrez s’il y a un effondrement des prix du brut. Il y a une hausse substantielle des prix des produits raffinés parce que simplement les politiques de confinement aujourd’hui dans les différents pays rend difficile la production industrielle ».

Pour le Premier ministre, la Guinée reste le pays qui vent le carburant moins cher par rapport à ses voisins immédiats, notamment le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

« Comparez le prix qu’on a donné à ceux de nos voisins. Si nous sommes chers, revenez me voir pour dire Monsieur le Premier ministre, vous êtes chers. Qu’est-ce que je veux dire, souvenez-vous quand je venais aux affaires il y a deux ans. Les subventions au carburant coûtaient par mois 150 milliards de francs guinéens à l’Etat. Pourquoi ? Parce que nous avions des prix totalement en deçà de ceux pratiqués par les voisins. Résultat, de Kankan à Kourémalé en passant par Siguiri, c’est les stations d’essence qui ont été construites juste non pas pour les besoins de la Guinée, mais pour les besoins de la contrebande. Qu’est-ce que cela veut dire ? Si nous ne prenons pas ce facteur en compte, ça veut dire que la Guinée devrait commander et importer au-delà de ses besoins propres ». 

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