samedi , 26 septembre 2020

Covid-19 : la France écarte la Guinée d’une subvention en faveur des pays de l’Afrique francophone

Conakry, Guinée : la France, à travers l’AFD et l’INSERM, accorde en cette période d’urgence sanitaire, une subvention de 1, 5 millions d’euros aux pays de l’Afrique francophone. La Guinée est simplement absente de la liste.

« la France est mobilisée pour construire avec ses partenaires une réponse internationale cohérente et multilatérale, centrée sur le rôle de coordination de l’OMS, et contribuant à renforcer les systèmes de santé des pays fragiles » annonce l’Agence Française dé développement dans un communiqué publié le 27 Mars 2020.

« Le projet, poursuit ce communiqué officiel, soutenu et financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères via l’AFD, et opéré par l’Inserm via REACTing et ses partenaires dont PAC-CI, s’inscrit dans cette réponse et vise à renforcer le dispositif de surveillance, d’alerte précoce, de confirmation et de prise en charge des cas de Covid-19 dans cinq pays d’Afrique : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mali et le Sénégal.«

Depuis cette date, Guineetime essaie de savoir le pourquoi de l’absence de la Guinée sur cette short-list de pays bénéficiaires de cet appui d’urgence. Tous les mails envoyés aux adresses des services presse de l’AFD et Inserm sont pour le moment restés sans réponse.

En Guinée, la France a apporté un appui considérable dans la riposte à l’épidémie Ebola-2014-2016- qui a mis à nu la fragilité des systèmes sanitaires des pays de l’Afrique sub-saharienne. Le président français d’alors, François Hollande, est l’unique chef d’Etat européen à séjourner à Conakry au pire moment de cette épidémie qui a endeuillé plus de 11 mille citoyens guinéens, libériens et sierra-léonais en grande partie.

Mieux, l’appui de la France à la relance poste Ebola a représenté près de 150 millions d’euros, en croire une note de l’Ambassade de France à Conakry. Outre la construction d’un centre de l’Institut Pasteur en Guinée, l’Institut Bouisson Bertrand de l’université de Montpellier, en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’INSERM, avait accordé la subvention nécessaire à la construction du Centre de recherche clinique et de formation sur les maladies infectieuses, le CERFIG, situé sur une autre parcelle de l’université Abdel Gamal Nasser de Conakry.
Et en avril 2019, ce centre a été inauguré par le président de la République de Guinée, Pr Alpha Condé.
L’ambassadeur français en Guinée, Jean-Marc Grosgurin, avait noté à cette occasion que ce centre financé par la France, dénote l’engagement de son pays à oeuvrer pour le développement du système sanitaire en Guinée.

Relations tendues

Les relations diplomatiques tendues entre la France et la Guinée autour du double scrutin de mars commencent-elles à produire des effets collatéraux? La question vaut tout son pesant d’or.

La Guinée vient d’organiser le 22 Mars 2020 un double scrutin-législatives et référendum- dont les conditions d’organisation ont été critiquées par les pays de l’Union Européenne dont la France.

» Le caractère non inclusif de ces élections et non consensuel du fichier électoral, ainsi que le rôle joué par des éléments des forces de sécurité et de défense excédant la simple sécurisation du processus, n’ont pas permis la tenue d’élections crédibles et dont le résultat puisse être consensuel. La France relève aussi l’absence d’observation régionale et internationale à l’occasion de ce double vote » lisait-on dans la dite déclaration.

Selon RFI, le ministre guinéen des Affaires étrangères a convoqué l’Ambassadeur français à Conakry après un communiqué de la France mettant en doute la crédibilité du double scrutin législatif et référendaire qui s’est tenu dimanche.

« Les échanges ont été fermes mercredi entre le ministre guinéen des Affaires étrangères Mamadi Touré et l’ambassadeur de France Jean-Marc Grosgurin » rapporte la radio.

Le ministre d’Etat; Secrétaire général de la Présidence de la République, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, porte-parole de la présidence, intervenait sur les ondes de la Radio Espace FM.

« Comment juger un scrutin dont vous n’avez participé ni à l’organisation ni à l’observation », s’interrogeait le ministre d’État, évoquant la déclaration française.

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