jeudi , 2 avril 2020

Partisans du «Frexit» et souverainistes ont célébré le Brexit

À l’invitation de François Asselineau, Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Frédéric Poisson ont égrainé ensemble le compte à rebours du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Ils ont voulu se montrer à la hauteur de ce qu’ils perçoivent comme un moment d’histoire. Souverainistes de toute chapelle ont saisi la main tendue de François Asselineau pour célébrer ensemble vendredi 31 janvier l’exécution du Brexit, le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les gestes d’ouverture du tempétueux président de l’UPR sont suffisamment rares pour que celui-ci ait attiré l’attention. Ces dernières semaines, il avait envoyé une invitation personnelle à chaque président de parti. «Lui qui pratique habituellement un splendide isolement, s’est résolu à en sortir», lâche, encore surpris, l’ancien compagnon de route de Bruno Mégret, Dominique Jamet. Rien n’annonçait pourtant que s’alignent, ce vendredi soir, sur la même estrade d’une modeste salle située rue Basfroi, dans le 11e arrondissent de Paris, un telle brochette. Décomptant côte-à-cote, sous l’union jack et les vivats de quelque 500 militants, les secondes avant minuit. Heure du départ effectif du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Ils étaient (presque) tous là : de l’ancien conseiller de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, au représentant du comte de Paris. De Jacques Cheminade à Florian Philippot. Du leader du parti Chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson à celui de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. «C’était totalement impromptu, jure un collaborateur du député de l’Essonne. Les choses n’étaient pas du tout prévues pour s’organiser comme cela. Mais tout a roulé comme si ça l’avait toujours été.» Initialement représenté, Dupont-Aignan aura finalement changé d’avis et décidé de venir en personne après le début de la soirée. Bien qu’ayant organisé de son côté ses propres festivités, le patron des Patriotes, Florian Philippot, s’est finalement décidé, lui aussi, à venir lorsqu’il a eu vent du rassemblement. Oubliant, pour un temps, les nombreux sobriquets échangés avec Asselineau lors de la dernière campagne des européennes. «Nous sommes en train de passer dans un nouvelle ère. Il faut évidement que l’on se parle. Je ne pouvais qu’être là», confie-t-il.

«Pirate»

Malgré un léger agacement à la vue de la cravate, identique à la sienne, de Florian Philippot, François Asselineau savoure : «Dites moi qui d’autre peut réussir ça ? Qui peut réunir autant de personnalités différentes et avec une telle ferveur militante ? Personne.» Beau joueur, Nicolas Dupont-Aignan plaisante : «J’ai reconnu plusieurs de mes militants devant chez toi. Tu me les a piqués, pirate !» Dans la salle, les militants pour la plupart de l’UPR restent pourtant circonspects devant une telle équipée. «Je suis partagée. Il y a des gens ici qui n’ont pas toujours été très clairs et qui n’ont pas fait du bien à la cause du fait de leur duplicité. Ils sont là parce qu’ils sentent le vent tourner», cingle Aurélie, professeur de français de 41 ans. «C’est un message d’unité nationale, s’enthousiasme au contraire Jacques, étudiant en histoire de 22 ans qui regrette cependant l’absence de représentant officiels du Rassemblement national ou de La France insoumise. C’est le triomphe de la démocratie, du peuple qui décide sur les élites. Nous sommes en train de vivre un moment équivalent à la chute du mur de Berlin.»

Le décompte fait, l’hymne britannique observé en silence ou fredonné, des « Frexit ! Frexit ! Frexit ! » ont retenti d’un bond dans la salle, où flottait également un drapeau francais. Un cri de ralliement, accueilli avec un sourire gêné de ceux en refusant l’augure. « Plutôt que de sortir de l’Union européenne, il faut proposer une renégociation des traités, tente de plaider Nicolas Dupont-Aignan à trois adhérents. La démarche est différente, mais ce qui importe est que nous retrouvions nos libertés. Je suis même plus souverainiste que vous, puisque nombre de dispositions actuelles des traités, je m’assois dessus.» Tous s’accordent cependant sur l’opportunité qu’offre le Brexit : celui de faire sauter «un verrou mental» dans la tête des Français, pour qu’il constate que s’affranchir du «carcan européen est possible et n’entraîne pas l’apocalypse comme veulent le faire croire depuis tant d’années la majorité de la classe politique et les médias.» Peu après une heure du matin, quelques-uns ont joué les prolongations dans la rue. Un d’eux lâche : «Ça fait du bien de se retrouver. Même si ça ne dure qu’un temps, une soirée, une semaine. On se rappelle que, même rivaux, on est tous un peu de la même famille». Celle des traumatisés du référendum de 2005 comme des grands brûlés des dernières européennes.

Lefigaro

 

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