lundi , 14 octobre 2019

La révision de la Constitution est indéfendable, selon Gassama Diaby

La révision de la Constitution pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième ou un premier mandat d’une troisième République n’est pas un projet juridiquement et légalement défendable, selon l’ancien ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté Khalifa Gassama Diaby. 

Dans l’émission radio « Les GG » de Espace Fm ce jeudi, l’ancien ministre a dit nourrir toujours un grand respect, une affection et une amitié pour le président Condé. 

« Malgré mon départ, je suis loyal en amitié. J’ai eu l’occasion de lui dire qu’il représente quelque chose dans ce pays, dans notre espérance démocratique. Si on lui permet ou si lui-même décide de vouloir cela (Révision de la Constitution, ndlr) il aurait détruit l’espérance démocratique de ce pays. On ne peux pas le permettre », a affirmé M. Diaby. 

Ministre en charge des questions de droits de l’homme en Guinée sous Alpha Condé pendant six ans, Khalifa Gassama Diaby a démissionné en novembre 2018 en signe d’indignation contre les violations répétées des principes de l’Etat droit. 

Près d’un an après sa démission, il a dit s’exprimer aujourd’hui non pas en qualité d’opposant.

« C’est son ami qui lui(Alpha Condé, ndlr) parle. Ce n’est pas admissible », a-t-il dit, invitant toutefois le président de la République à s’exprimer publiquement sur son intention de quitter le pouvoir au terme de la révision constitutionnelle, si le référendum vise à doter le pays d’institutions fortes avec une transformation radicale de la structure des institutions et de l’Etat.

« Si c’est le cas, qu’il s’adresse au peuple, à l’opinion nationale et internationale ». 

Selon l’ancien ministre de l’Unité nationale, le Chef de l’Etat doit se réserver de bafouer deux principes fondamentaux de la République à savoir se représenter pour un autre mandat et utiliser la constitution pour éliminer de potentiels concurrents. 

« Je le dis avec le cœur qui saigne. Parce qu’il a été mon chef. Il a été mon président. J’ai eu l’honneur d’être dans le gouvernement sous son autorité. C’est son ami qui lui parle. Ce n’est pas possible. On ne peut pas l’admettre pour ce pays. Pour une fois dans ce pays, il faut qu’on en finisse avec les vieilles pratiques qui ont amené ce pays à toujours reculer. Je suis donc très triste de cette situation. Et je le supplie, je le supplie de résister à cette tentation. C’est un fils qui lui parle, c’est un ami qui lui parle de résister à cette tentation ». 

Ce crie de cœur tombera-t-il dans de bonnes oreilles au Palais Sèkhoutoureyah ? 

Par Mamady Fofana

 

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